Solidarité avec les grévistes d’Air France ! Un devoir syndical, une nécessité pour les travailleuses et travailleurs

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Le plan social d’Air France s’inscrit dans la longue lignée des coups portés aux travailleuses et aux travailleurs par un patronat arrogant, sûr de sa force, et soutenu par l’Etat. Des milliers de licenciements sont prévus, au nom du « maintien de la compétitivité »...

Les travailleuses et travailleurs connaissent la violence sociale d’une telle politique patronale : à la clé, dépressions, misère, expulsions locatives, dévalorisation sociale, suicides...
Une nouvelle fois, les « efforts supplémentaires » exigés des travailleuses et travailleurs au nom de la « défense de l’emploi » ont conduit à une nouvelle vague de licenciements, démontrant le jeu de dupe du chantage patronale« dégradation des conditions de travail/hausse du temps de travail » contre « emploi », comme à Bosch il y a quelques années.

Les travailleuses et travailleurs d’Air France qui ont envahi le CCE d’Air France, ont choisi avec raison de répondre par la lutte à cette attaque frontale.
Un DRH arrogant et l’un de ses lieutenants ont eu la chemise arrachée par des salariéEs en colère, et voilà que se sont déchaînés médias, politiciens, gouvernants à la solde de la bourgeoisie. Toutes et tous prompts à condamner la « violence » alors qu’ils taisent au quotidien la violence de la bourgeoisie, de l’Etat et du système capitaliste qui détruisent nos vies.
Le gouvernement promet des « sanctions exemplaires » aux « auteurs des violences », démontrant par là qu’il se place résolument dans le camp du patronat contre les salariéEs en lutte.

L’histoire des luttes ouvrières montre que la violence dans l’affrontement de classe est inévitable pour obtenir un recul du patronat. Il ne s’agit en réalité que d’une réponse à la violence patronale, une forme d’autodéfense. Mais l’idéologie dominante, véhiculée par l’appareil médiatique bourgeois et par les politiciens et l’Etat, a toujours cherché à faire disparaître la violence patronale (précarité, misère, exploitation) et étatique (répression, guerre), pour dénoncer l’autodéfense des travailleuses et travailleurs présentée comme de la « violence gratuite ».
A l’attitude du gouvernement, de l’Etat, des politiciens y compris « de gauche » et des médias se rajoute celle de certains bureaucrates syndicaux qui « condamnent toutes les violences » et se solidarisent du patronat en participant à jeter l’opprobre sur les salariéEs en lutte. Par leur propos ils facilitent la tâche de répression de l’Etat.
L’éthique syndicale historique, ancrée dans la longue histoire du mouvement ouvrier, fait un devoir de solidarité avec les travailleuses et travailleurs en lutte. Cette éthique solidaire impose non seulement de refuser toute condamnation de ce genre, mais de soutenir au contraire la combativité ouvrière. Ces propos sont l’aboutissement d’un processus d’institutionnalisation du syndicalisme qui a eu pour objectif de créer à terme une forme de « connivence » entre « partenaires sociaux » dans lesquels certains militantes et militants syndicaux, trop habitués à croiser les patrons et leurs représentants dans des salons feutrés, en viennent à se considérer comme du même monde.
Quand des dizaines de milliers de syndicalistes subissent la répression patronale, les vexations, les licenciements ou un harcèlement destinés à briser celles et ceux qui refusent d’être achetés, les actrices et acteurs (au premier sens du terme) d’un syndicalisme institutionnalisés bien éloigné de ses origines, contribuent à saper les bases de l’organisation ouvrière.

Pour rompre avec ce genre de dérive, il faut faire revivre les fonctionnements fédéralistes dans les organisations syndicales, fondées sur la logique collective et le contrôle des mandats. Il nous faut rompre avec des pratiques syndicales consistant à passer plus de temps dans les réunions convoquées par les patrons que dans l’organisation concrète de la résistance syndicales dans les entreprises et les services. Il faut surtout organiser la solidarité avec les victimes de la répression du patronat et de l’Etat. En premier lieu avec les salariéEs d’Air France en lutte, en diffusant les informations de leur lutte, en soutenant financièrement les personnes victimes de la répression. C’est une nécessité pour l’ensemble des travailleuses et travailleurs, car le but du patronat et de l’Etat, en réprimant la lutte des travailleuses et travailleurs en lutte, à Air France comme ailleurs, est d’étouffer dans l’oeuf toute résistance de notre classe, et toute perspective de mobilisation d’ampleur permettant de renverser la vapeur.

Nos vies valent plus que leurs chemises !

Publié sur Tribune syndicaliste libertaire.

La suite à lire sur : http://tribune-syndicaliste-libertaire.over-blog.com/2015/10/analyse-solidarite-avec-les-grevistes-d-air-france-un-devoir-syndical-une-necessite-pour-les-travailleuses-et-travailleurs.html

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  • Le 15 octobre 2015 à 16:40, par nguyen

    « Le patronat n’a pas besoin, lui, pour exercer une action violente, de gestes désordonnés et de paroles tumultueuses ! Quelques hommes se rassemblent, à huis clos, dans la sécurité, dans l’intimité d’un conseil d’administration, et à quelques-uns, sans violence, sans gestes désordonnés, sans éclats de voix, comme des diplomates causant autour du tapis vert, ils décident que le salaire raisonnable sera refusé aux ouvriers ; ils décident que les ouvriers qui continuent la lutte seront exclus, seront chassés, seront désignés par des marques imperceptibles, mais connues des autres patrons, à l’universelle vindicte patronale. [...] Ainsi, tandis que l’acte de violence de l’ouvrier apparaît toujours, est toujours défini, toujours aisément frappé, la responsabilité profonde et meurtrière des grands atrons, des grands capitalistes, elle se dérobe, elle s’évanouit dans une sorte d’obscurité.
    Jean Jaurès, discours devant la Chambre des députés, séance du 19 juin 1906

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