Nulle part c’est près de chez nous

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Dimanche 25 avril 2004.

Par une belle matinée ensoleillée nous sortons du centre de rétention de Satolas où nous avons rendu visite à une camarade sénégalaise embastillée avec ses deux enfants de 4 et 6 ans, d’ailleurs nés sur le sol français (la présence d’enfants au centre de rétention est de plus en plus fréquente).

Nous rencontrons alors monsieur XYZ, assis avec sa valise sur la pelouse coincée entre les barbelés du centre de rétention et l’autoroute. Image irréelle... Monsieur XYZ attend ses amis qui doivent le ramener à Chamonix, son lieu de résidence. Monsieur XYZ est comorien, de l’île de Mayotte, il est donc de nationalité française et en possession d’une carte nationale d’identité estampillée république française. Bien sûr il a l’outrecuidance d’avoir la peau noire et de ne pas maitriser parfaitement le français...

Fin mars, lors d’un contrôle d’identité à Chamonix, les policiers jugent donc qu’il est en possession de faux papiers et l’embarquent. Il passera 32 jours au centre de rétention (soit le maximum autorisé) et devra prouver sa nationalité française (son père envoie tous les justificatifs depuis Mayotte). Trente deux jours de privation de liberté pour une accusation portée à tord par la police ?... Il n’avait qu’à être blanc ! Il a perdu son emploi ?... Il n’avait qu’à mieux parler français ! S’agit il d’un avertissement à tous nos amis à la peau mal javélisée ? Dorénavant ils ne seront plus seulement victimes de discriminations en tous genres et autres violences policières, mais devront égalemet être aptes à prouver leur droit à vivre dans leur beau pays...

Axelle

Madame Aissatou Keita, épouse Bakary Keita, de nationalité sénégalaise, et ses deux enfants de 7 et 4 ans et demi nés et scolarisés en France ( Ecole Saint-Exupéry de Bourg ), ont été arrêtés à leur domicile de Bourg-en-Bresse le mardi 20 avril à l’heure de leur départ pour l’école. Ils se trouvent actuellement et depuis tous les trois au Centre de Rétention de Satolas où leur rétention a été prolongée pour 15 jours à partir du jeudi 22 avril.

Madame Keita est sous le coup d’un arrêté de reconduite à la frontière datant du 1er juillet 2003, mais elle vivait en France depuis 1996, avec un mari séjournant en France et en situation régulière depuis 20 ans. Un dossier de regroupement familial avait été constitué mais son dépôt non accepté. Comment est-il possible que 2 enfants nés et scolarisés en France se trouvent aujourd’hui enfermés dans un centre de rétention ( le 1er mai, cela fera 10 jours...) alors que le droit n’autorise ni une telle rétention ni leur reconduite à la frontière, et avec les traumatismes prévisibles que cela implique ? Cette situation est totalement contraire aux droits des enfants et à celui de la vie en famille, comme le serait l’expulsion de Madame Keita sans ses enfants. Elle est intolérable. La chasse aux « irrégulier(e)s », avec ses conséquences de destruction y compris de la vie des enfants et des familles, a des objectifs honteux mais clairs : augmenter la terreur dans laquelle vivent déjà les sans-papier(e)s pour en faire de vrais clandestin(e)s à la merci de toutes les pires formes d’exploitation, augmenter les divisions dans notre camp en désignant encore plus l’étranger(e) comme bouc-émissaire.

copier/coller réalisé à partir de documents fournis par le Collectif Sans papier 69.

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