Pas de fouille devant les universités !

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Action contre les contrôles et fouilles de sacs et contre la présence de vigiles devant l’université Lumière Lyon 2 lors de la Nuit de l’Université du mercredi 8 avril 2009.

En cette Nuit de l’Université, événement co-organisé par des enseignant.e.s, des étudiant.e.s et l’administration de l’université Lyon 2, nombreuses sont les personnes surprises de se voir contrôlées à l’entrée par des vigiles d’une compagnie privée. En effet, des vigiles ouvrent les sacs pour, officiellement, vérifier qu’il n’y ait pas d’alcool introduit dans les locaux. Evidemment, ces fouilles se pratiquent au faciès, certaines personnes n’étant pas inquiétées par les hommes en noir, d’autres personnes subissant une fouille forcée, sans questions ni avertissement préalable. Ces pratiques étaient d’autant plus absurdes qu’il était facile pour n’importe-qui de faire passer des bouteilles à travers les grilles, quelques mètres plus loin… Il s’agit quand même de prévenir tout « débordement » pour cette nuit cérémonieuse, sous les feux médiatiques et dans l’Amphitéâtre Présidentiel.

Nous sommes une vingtaine d’étudiant.e.s de l’IEP à discuter au préalable de notre position face à ces fouilles. Rapidement le refus fait consensus, et nous décidons collectivement de nous opposer à ces pratiques. Vers 21h nous nous présentons en groupe devant les grilles, et lorsque les premières personnes refusent de se faire fouiller, ce sont 20 voix derrière qui annoncent tout de suite leur solidarité. Les vigiles refusent alors de faire entrer ou sortir quiconque et rapidement un attroupement se fait autour des grilles. De nombreux.ses étudiant.e.s présent.e.s à l’intérieur viennent aux grilles en criant « pas de fouille à l’université », puis « pas de vigile dans l’université ».

En quelques minutes nous sommes 60, puis 150. En face, de nombreux vigiles se regroupent, ainsi que le chef sécurité du campus et le responsable communication de l’université. De nombreux.ses enseignant.e.s et étudiant.e.s organisateur.ice.s de la Nuit sont ici, profondément divisé.e.s sur l’attitude à adopter : certain.e.s nous menaçaient et nous insultaient pendant que d’autres se solidarisaient avec l’action.

Les personnes massées devant les grilles refusent de passer en force. A la place, quelques-un.e.s démontrent l’absurdité de cette fouille en vidant leur sac, en enlevant tee-shirt, chaussures, pantalons… Alors, en sous-vêtements, nous pouvions nous proclamer « étudiant.e.s modèles » et proposer un toucher rectal pour montrer que nous n’avions ni arme ni drogue. Cette initiative fait tâche d’huile : dans la rue aussi on fait tomber la chemise. Face à cela, les responsables de la Nuit prennent peur : quelle image médiatique de l’événement si une centaine de personnes se retrouvent en sous-vêtements devant l’établissement pour démontrer leur innocence ? En engageant nos corps dans ce refus, nous arrivons à mettre mal à l’aise la partie adverse. Il s’agit aussi de pousser au bout la logique sécuritaire, démontrer sa nocivité et son absurdité.
Finalement, un accord est trouvé sur l’arrêt des fouilles à l’entrée et la présence de membres de l’organisation de la Nuit aux côtés des vigiles. Cet accord n’a pas été respecté dans la suite de la Nuit : rapidement les vigiles se sont retrouvés seuls pour ouvrir la grille, et vers 2h du matin les fouilles sont rétablies.
Malgré cela, une action collective montée en 5 minutes a réussi à dénoncer efficacement le flicage quotidien et le tout-sécuritaire.

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  • Le 16 avril 2009 à 09:54

    Un vigile doit-il jouer le rôle d’un pompier, d’un médecin ou d’un infirmier ? Vigile=Sécurité, mais quelle sécurité veut t-on ?

  • Le 15 avril 2009 à 23:34

    « Celui qui accepte de sacrifier une partie de sa liberté pour plus de sécurité ne mérite ni l’une, ni l’autre »...

  • Le 15 avril 2009 à 19:13

    Je suis d’accord avec Isabelle : les vigiles sont un mal nécessaire. Non pas qu’il faille céder à la paranoïa, ni au tout sécuritaire.

    Je me souviens que courant mars, ce sont les étudiant.e.s qui s’étaient investis en vigiles, en contrôlant les identités de toute personne souhaitant accéder au campus Berges du Rhône. Avant de regarder la paille dans l’oeil du voisin...

    S’il y avait eu - heureusement ce n’a pas été le cas - un incident, quel aurait été votre réaction ? Je ne parle pas forcément d’un incident du type émeute (parce que je pense que vous ne sauriez pas, à de rares exceptions près, gérer ce type d’incident), mais plutôt d’un incident de personne (malaise, attaque, etc.) ou de matériel (incendie, par exemple). Auriez-vous su gérer cela ? Les vigiles, comme les agents de sécurité de Lyon 2, y sont formés, mais vous ? Combien parmi tous les participant.e.s sont titulaires d’un brevet AFPS ou PSC ? Combien connaissent les consignes en cas d’évacuation pour incendie ? Parce que même à Lyon, les secours mettent du temps à arriver.

    Donc, les fouilles, on aurait peut-être pu s’en passer, encore qu’à mon sens, il vaut parfois mieux plus de précautions que pas assez. N’oubliez pas que lors de la première Nuit Blanche, à Paris, le maire de Paris s’est fait poignardé. On n’en arrive rarement là avec des manifestations étudiantes, et heureusement.

    Mais les vigiles, c’était le strict minimum. Car même s’il y a des agents de sécurité à Lyon 2, ils ont une vie privée, et ne peuvent être présents 24 heures sur 24 sur site.

  • Le 15 avril 2009 à 17:34

    Je ne crois pas que la question soit de savoir si les vigiles sont méchants, bêtes ou si ils mangent des enfants. Le mouvement étudiantE s’inscrit dans une lutte plus générale contre un système répressif. En mettant en place des actions, des conférences au sein de nos universités pour en faire des lieux de débat, de réflexion et d’échange ; est-il nécessaire de s’organiser comme de système contre lequel nous luttons ? Est-ce la seule forme d’organisation capable « d’assurer la sécurité des biens et des personnes » ? Ou est-on en mesure de gérer nous même un événement, un rassemblement sans la présence d’une personne assermentée, d’un uniforme, qu’il soit bleu, kaki ou marqué du sceau de la toute grande SECURITE ? Quid de l’autogestion des mouvements ? L’action menée mercredi dernier à Lyon II quai que l’on peut refuser de mettre en oeuvre soi-même des règles que l’on ne souhaite pas pour notre quotidien à touTEs. La présence des vigiles devant les grilles de l’université, était une manifestation de la volonté de sécurité contre laquelle nous luttons. Un petit groupe de genTEs motivéEs, rapidement soutenuEs par d’autres peut obtenir une victoire. L’idée n’était pas de se tirer dans le pied mais plutôt d’appuyer là où ça fait mal, éviter de participer à la logique sécuritaire à laquelle nous sommes touTes confrontéEs quotidiennement et de la mettre en œuvre dans le cadre universitaire.

  • Le 14 avril 2009 à 15:23

    C’est vrai que le sujet divisait beaucoup ce soir-là. Alors oui, l’évènement était institutionnalisé, mais c’était aussi le but. On sait très bien que les media sont contre nous (à part quelques-uns, dont Rebellyon que je salue bien bas), et cette Nuit a quand même été (un peu) relayée dans quelques pages ici ou là, parce que les conférences étaient calmes et bien suivies.

    C’est un compromis qui était nécessaire. La bonne solution était de s’assurer que les fouilles ne soient pas humiliantes, donc bonne solution de les assister d’étudiants mobilisés.
    J’ai raté cette action « tomber le pantalon », mais c’est vrai que c’est une idée assez intéressante pour déstabiliser des vigiles ^^
    Cela dit, j’étais blasé de pas pouvoir entrer tout de suite pour voir les conférences, et j’ai attendu un petit moment avant que les grilles soient ré-ouvertes.

    La question intéressante est aussi de savoir si l’alcool se prêtait à cette opération. Finalement, la cour de l’Université s’est transformée en espace festif, et c’était très bien. Mais imaginez si les profs venus présenter leurs analyses dans l’amphi s’étaient retrouvés face à des étudiant(e)s ivres... J’aime bien boire mais je m’adapte aux évènements, et là en l’occurrence, le principe était de suivre des conférences variées et prenantes. Alors pourquoi vouloir à tout prix y ramener son pinard ? Le principal est que la nuit a rameuté pas mal de monde, y compris des étudiant(e)s qui justement tapent une crise dès que mobilisation rime avec biture. J’ai le sentiment qu’il y en a eu pour tous les goûts et que cette soirée a servi à cimenter des liens qui, sinon, n’auraient pas pu se créer. Donc vigiles=mal nécessaire, je persiste et signe ;-)

    J’ai pas perçu la présence des vigiles comme une oppression, sérieusement. Ils étaient pas aussi cons que ceux qui fermaient le bâtiment Europe l’an dernier, croyez-moi.

  • Le 13 avril 2009 à 18:26

    Mais les profs ont laissé entré un sdf très sympa qui traine dans le coin ^^

  • Le 13 avril 2009 à 15:39

    Fête des personnels, départs à la retraite, pots d’aurevoir et de bienvenue en tout genre...
    On était dans un espace habitué à voir l’alcool couler en profusion. On y voit plutôt le champagne que la bière là-bas, c’est peut-être ça qui faisait tâche.
    Au-delà des fouilles, les tentatives de dialogue avec certains des organisateurs de cette nuit de l’université étaient parfois effrayantes. On m’aura parlé de respect des symboles pour justifier les fouilles. Personne n’était fouillé pour sa sécurité mais pour celle des bâtiments qui pour une fois nous était ouverts. Et puis voilà, le discours sécuritaire. Le respect et la sécurité passe par le contrôle des jeunes et l’exclusion des clodos. Et l’inévitable nécessité d’organiser un « évènement » médiatisé pour rattraper les dérives des précédentes actions menées sur la fac des quais. C’est donc une leçon de comment se mobiliser qui nous a été donné ?

  • Le 13 avril 2009 à 15:04, par AjsooOO

    même à 1h du mat, j’ai été fouillé ...

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