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« Pédaler pour manger, pas pour se faire bouffer » : compte-rendu de la manifestation des coursier-es le 15 mars

A Lyon sur la place des Terreaux, à Paris sur la place de la République et à Bordeaux sur la place Fernand Lafargue, les coursier-es se sont réunis pour dénoncer tous-tes ensemble le ras-le-bol général !

Le printemps arrive, et sa chaleur encourage les nouvelles têtes à rejoindre les rangs ubérisés : le sur-recrutement s’installe comme stratégie de référence des plateformes pour parer à la demande toujours plus croissante (selon elles !) des affamés nocturnes, là où les coursier-es déjà bien implanté-es voient leur agenda de shifts (un créneau de travail) dégringoler au vu de la saturation des quelques staffos et Shyftplan (deux gestionnaires d’employés que les plateformes utilisent pour nous permettre de nous inscrire à des créneaux de travail).

La journée de déconnexion générale, annoncée pour le 15 mars 2017, avait pour revendications les trois suivantes :

  • La négociation des tarifs faite des deux côtés.
  • Le respect de l’indépendance des coursiers.
  • Le gel des recrutements.

A Lyon sur la place des Terreaux, à Paris sur la place de la République et à Bordeaux sur la place Fernand Lafargue, les coursier-es se sont réunis pour dénoncer tous-tes ensemble le ras-le-bol général !

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A Lyon, dès 18h quelques coursier-es se rassemblent sur les marches de la place des Terreaux, sur cette même place où l’alleycat revendicative organisée le 4 février par le club des coursiers lyonnais avaient débutée , et commencent à discuter de cette journée.

C’est seulement une trentaine de minutes plus tard que la place commence à se remplir de plus en plus, et au même moment, les banderoles commencent à s’installer.

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Des journalistes arrivent, des interviews sonores sont prises. Il y a même un élu et candidat lyonnais qui est venu nous adresser son soutien et s’intéresser à notre combat. Il y a également une chaîne régionale du service public.

Également, une personne du Centre Régional d’Information Jeunesse est sur place pour des prises de vue et des enregistrements sonores, faisant suite à leur travail avec l’URSAFF sur la situation du micro-entrepreneur.

L’événement en soi n’a certes pas eu l’effet escompté sur le bon fonctionnement des plateformes. Néanmoins, le rassemblement a eu un réel impact médiatique dans la mesure où un certains nombre de médias de la toile, ainsi que dits “conventionnels” se sont emparés du sujet. On peut donc reconnaître que le mouvement n’a pas pris tel qu’on aurait pu l’espérer mais il a permis de définir une base solide pour la lutte à venir.

La suite reste à construire...

La mobilisation n’a cependant pas fait vaciller d’un cil les plateformes, qui n’ont d’ailleurs pas senti le besoin de communiquer quoi que ce soit à la suite de ce rassemblement national. Cette absence de réponse vis-à-vis de la mobilisation montre bien qu’un avancement pour la situation de travail des coursier-es ne viendra pas de ces dernières. Tout le travail futur ne devra donc non pas venir d’une attente de ces entreprises de déconstruction du social, social fort d’un siècle d’acquis sociaux en matière de droit du travail durement gagné par nos aïeux. Mais plutôt par la prise d’une conscience collective [1] des principaux concerné-es : les coursier-es.

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P.-S.

Cet article a été écrit en commun avec un coursier parisien, sur le site paris-luttes. L’introduction et la conclusion sont strictement les mêmes. Nous sommes dans le même bateau !

Notes

[1La conscience collective parmi les coursier-es ne relève en effet pas d’un doux rêve puisque cette dernière avait notamment déjà pu se manifestée auparavant dans la communauté des anciens de (feu) Take Eat Easy à la suite de sa liquidation judiciaire. Le combat s’étant matérialisé sous la forme de différents regroupements de coursiers (comme à Lyon avec l’Association les Fusées Vertes) pour mener des actions aux Prud’Hommes.

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