Pour le Progrès, les agressions nazies sont une troisième mi-temps !

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Dans son édition datée du 16 mai, le quotidien régional revient sur les violences contre le bar Le Phébus dans ses pages départementales, avec un titre éloquent « Manifestations : troisième mi-temps sur les Pentes ».

Le titre lui-même glace le sang, et les personnes agressées ce soir-là (sur le trajet du groupe de skins dans les Pentes comme celles aux abords du Phébus) apprécieront à sa juste valeur le trait d’humour méprisant venant d’un journal qui ne manque pas une occasion de dramatiser chaque fait divers tout au long de l’année. Les faits divers du Progrès ? Deux poids deux mesures selon la nature des agresseurs, deux poids deux mesures selon le contexte de l’agression : si t’es nazi, une agression c’est la bonne ambiance de fin de match un peu remuante, si t’es agressé par des nazis, c’est que quelque part, que tu le saches ou non, que tu l’aies voulu ou non, tu fais de toute façon parti d’un match (de quoi au fait ?).

Peu importe que les personnes présentes dans le bar aient eu connaissance ou non de ce « match » fantasmé par le journaliste, peu importe également de déformer complètement les faits pour au final leur donner le tour que la rédaction du Progrès a décidé de donner à cette question des violences nazies sur Lyon : mineures, minoritaires et motivées.
Une quinzaine de skins cherchant à en découdre a dégradé la vitrine avant de frapper deux passants dont l’un a été transporté à l’hôpital pour des violences légères.
Les violences légères ? un traumatisme crânien, des côtes pétées et une nuit en réa. Cherchaient à en découdre ? Une nouvelle agression de plus, gratuite comme d’hab. On doit dépasser les 200 jours d’ITT sur Lyon causés par des fafs depuis le début de l’année, pour les seules agressions connues. Une quinzaine de skins ? Bah voyons, ça peut pas être les identitaires, c’est clair. Pour la quinzaine de personnes impliquées, les témoignages recueillis parlent d’une trentaine.

On passera sur l’effet d’aubaine d’une parité respectée concernant les interpellations sur le pont de la Feuillée, antifas / extrême-droite, armés des mêmes ustensiles, parité recherchée par la Préfecture dont le quotidien a l’habitude de suivre les recommandations éditoriales sur ce sujet [1]. Ce discours permet d’invisibiliser le discours antifasciste et antiraciste, tant sur la gravité de la situation et des agressions (invisibilisées dans ce journal depuis le début de l’année, Le Progrès étant pourtant friand de faits divers) que sur la dénonciation de la politique raciste du gouvernement (entre autres).

Pas sûr que les personnes agressées apprécient ce jeu ambigü et dangereux auquel jouent certains médias [2] et Préfecture. Pas sûr que les lyonnais-e-s n’en fassent pas au final les frais, comme cela a commencé ce samedi en dépassant les limites des violences contre les proches des milieux antifascistes.

Notes

[1L’article est signé M. G., signature inconnue, à moins que ce ne soit pour Mercier Geoffrey, pourtant auteur d’articles de meilleure tenue ces derniers temps que ses premiers articles autour du local néo-nazi de Gerland .

[2Des articles plus proches de la réalité sont par ailleurs parus dans 20 Minutes, Lyon Plus, Libération…

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