Présentation/discussion autour du livre « Burning Country - Au coeur de la révolution syrienne », le samedi 27 avril

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Rencontre avec Leila Al-Shami, co-auteure de « Burning Country - Au coeur de la révolution syrienne » (L’Échappée, 2019), et avec des membres du collectif de traduction ; à l’Amicale, le samedi 27 avril à partir de 17h.

Ouverture des portes de l’Amicale à 17h.

L’Amicale, 31 rue Sébastien Gryphe, 69007, Lyon

Début de la discussion avec Leila Al-Shami (co-auteur de l’ouvrage "Burning Country") et des membres du collectif de traduction attendu pour 18h.

Entrée libre

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Burning Country donne la parole à ces Syriens et Syriennes qui, dès 2011, ont mené une véritable révolution, construite au jour le jour, dans chaque quartier, dans chaque village repris au régime de Bachar el-Assad.
Omar Aziz, inspirateur des premiers comités locaux syriens, ferments de ce mouvement, déclarait déjà en 2012 : « Nous avons fait mieux que la Commune de Paris, qui a résisté 70 jours. Cela fait un an et demi et nous tenons toujours bon. »
Et ce soulèvement populaire exceptionnel a continué malgré la guerre contre-insurrectionnelle totale menée par le régime syrien et ses alliés : stratégie de militarisation forcée, instrumentalisation des antagonismes religieux et communautaires, politique du viol organisé, remplacement des populations, tortures systématiques...

Huit ans après ses prémices, la révolution syrienne, abandonnée par la communauté internationale et ignorée par la gauche arabe et occidentale, a été noyée dans la sang ou dispersée dans l’exil. C’est son histoire – celle d’un soulèvement fractionné, mais aussi celle d’une puissante expérience d’auto-organisation - que Burning Country essaie de transmettre.

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Extrait 1 :

Au moment de sa première parution en langue anglaise en 2015, Burning Country semblait arriver bien tard pour rendre grâce à la révolution, déjà noyée sous un déluge de feu. Proposer un tel livre au public francophone, au moment même où Assad et ses alliés russes et iraniens achèvent la reconquête des dernières portions du pays tenues par les rebelles, a quelque chose d’inactuel. Le temps médiatique est déjà passé sur la révolution syrienne et il ne semble plus y avoir de place pour un propos, autre qu’humanitaire, sur le calvaire des populations civiles qui fuient les décombres. Face à l’effacement programmé de la séquence révolutionnaire en Syrie, reste le sentiment – partagé par beaucoup d’exilés syriens dont nous avons croisé le chemin – que ni la guerre totale menée par Bachar, ni la dépolitisation active menée par l’actualité occidentale, ni même le révisionnisme d’une partie de la gauche anti-impérialiste et de ses alliés de circonstance d’extrême droite, n’auront raison du feu qui a pris dans les profondeurs. Ce feu qui a soulevé une génération entière au simple signal que fut l’immolation du jeune Mohamed Bouazizi, le 17 décembre 2010, dans une bourgade tunisienne brutalement tirée de l’anonymat.

Ces insurrections ont suscité la plus grande et la plus sanguinaire vague contre-révolutionnaire depuis bien longtemps. Le théâtre de guerre syrien, avec son infinie cruauté et sa barbarie banalisée, se présente comme l’interminable épilogue de cette séquence incendiaire. La Syrie est d’ores et déjà le tombeau de centaines de milliers de victimes de la répression du régime et de la guerre civile qui a succédé au soulèvement populaire.

Pour autant, la résistance tenace et inventive des Syriens et des Syriennes jusque dans les pires extrémités était un antidote à la résignation offert au monde entier. Qu’elle soit contrainte au repli après huit longues années de guerre contre-insurrectionnelle, abandonnée de toute part, est aussi bien un sort jeté à la face du monde. Toutes les puissances, régionales et internationales, qui se sont engouffrées militairement sur le terrain syrien l’ont bien compris. Ce qui comptait avant tout à leurs yeux, c’était de marteler l’idée que ce qui bouillonnait depuis 2010 sous le couvercle des régimes autoritaires de la région n’était pas un mouvement populaire pour la liberté et la dignité. Non : c’était le chaos, les massacres, l’obscurantisme et le néant. D’où le caractère édifiant du « cas syrien » dans tous les discours des puissants, qu’ils viennent de Moscou, de Washington, de Paris, d’Ankara ou de Damas. Tous disent chacun à leur manière : « Ne vous avisez pas de perturber l’ordre en place pour d’autres raisons que les nôtres. »

Extrait 2 :

Les révolutionnaires syriens décrivent souvent leur première manifestation comme un moment extatique, une sorte de renaissance. La riposte sauvage du régime constitua un baptême de l’horreur, après quoi aucun retour en arrière ne fut possible. Refusant d’être à nouveau réduit au silence, car poussé vers une révolte plus terrible, le peuple s’est organisé en comités révolutionnaires et a appelé non seulement à l’instauration de réformes, mais aussi au renversement complet du régime. Finalement, à mesure que les soldats désertaient et que les civils prenaient les armes pour défendre leurs quartiers, la révolution s’est militarisée. Et là où l’état s’est effondré ou a été tenu à distance , les gens ont mis en place des conseils locaux, des réseaux de distribution d’aide. Ils ont créé des stations de radio et des journaux, exprimant un désir d’entraide collectif de la manière la plus inventive et pragmatique qui soit.

Pendant une brève période, les gens ont cru pouvoir tout changer. Jusqu’à ce que la contre révolution leur fasse mordre la poussière. La politique de la terre brûlée menée par le régime a chassé des millions de personnes du pays. Ceux qui sont restés dans les zones libérées ont été forcés de se concentrer sur leur survie. La Syrie est devenu le théâtre de guerres par procuration, de rivalités entre sunnites et chiites, d’intervention extérieures.

Personne n’a soutenu les révolutionnaires. Abandonnés par la si mal nommée " communauté internationale", généralement négligés ou incompris par les médias, ces activistes ont été nos principaux informateurs. Leurs voix et leur point de vue forment le noyau de ce livre.

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http://www.lechappee.org/agenda/burning-country-au-coeur-de-la-revolution-syrienne

http://amicale.online/

samedi 27 avril 2019

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