Récit de l’expulsion de l’ancien musée des télécoms à Lyon le 18 décembre 2007

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2 compléments

Voir aussi :
- Occupation de l’ancien musée des télécoms à Lyon
- Ouvrir un lieu pour ouvrir des possibles

Ainsi, un certain nombre d’entre nous avaient décidé de continuer. Continuer à lutter, malgré l’échec des mouvements étudiants et cheminots ces derniers mois. Continuer hors des formes surannées prises par les mouvements sociaux.

Pour cela ils prirent un lieu, immense, sur trois étages, en plein centre-ville : en bas des pentes de la Croix-Rousse.
« De fait, dans cette société toute occupation est fragile, mais peu importe. Il nous appartient d’agir dans ce lieu, pour trouver une force qui, elle, pourra perdurer au-delà, et s’investir ailleurs. »

Les rumeurs vont vite, et nous fûmes finalement une cinquantaine, enfermée à l’intérieur, lorsque les premiers flics pointèrent le bout de leur nez - et ce pour les 7 heures suivantes.

A l’intérieur ça s’activait déjà, ça taggait, ça faisait la bouffe, ça bricolait, on se barricadait et on se préparait à un éventuel assaut. On se rassurait aussi : les procédures d’expulsion parfois ça prend des plombes et on nous laissera peut-être passer la nuit.
Un petit temps de répit : c’eut permis d’organiser le concert prévu et, je vous le dis, au vu du lieu et de la joie qui y régnait déjà, c’eut été une grande fête.

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Mais tout ceci n’aura pas lieu, puisque vers 18h les sirènes des camions de CRS signaleront l’iminence de notre expulsion. On en avait déjà discuté : une tentative des BACs ou des nationaux, ça se repousse ; mais s’ils sortent les grands moyens, alors...
En quelques minutes – ils nous laissèrent peu de temps les bougres – on amena des dizaines de portes, arrachées de leurs gonds, pour renforcer les barricades qui bloquaient les issues du bâtiment.
Dehors ça s’est frotté aux porcs, paraît-il, mais là on ne le savait pas encore.

« Il arrivent – Par où ? - Par la porte principale ! »
Ils venaient de couper l’eau, et de remettre l’électricité, pour intervenir. Les lances à incendie, nouvelles compagnes rassurantes de certains d’entre nous, furent donc délaissées. Quelques extincteurs déchargés sur leurs gueules refroidirent un peu les ardeurs des casqués. Une fois ceux-là vidés et balancés il ne restait plus qu’à tous se réfugier dans la plus grande des salles. C’eut été une belle salle de concert. Ce sera finalement le lieu de notre échec.

Dans le noir un flic ouvre la marche, il est cagoulé, agite un laser rouge – certainement un taser. Lui et ses amis "sécurisent", comme ils disent, les salles une à une. Puis ils entrent. Nous sommes réunis au centre, avec les matelas, les gamelles, les instruments de musique. On nous promet de nous laisser sortir groupés. Ce sera un vulgaire mensonge. Contrôle d’identité pour tout le monde. Un camarade est arrêté. Un camarade est blessé. Une camarade est déjà à l’hôpital.

Il est trop tard pour se venger et la colère se retourne contre les quelques journalistes présents. C’est qu’il faut récupérer les quelques affaires encore à l’intérieur.
Et puis ça se mange froid, hein.

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  • Le 2 janvier 2008 à 20:18

    ils sont fort !! très fort !! en doutez-vous encore, alors il n’y a plus qu’à adhérer massivement à témoins pour.. quoi ?

  • Le 2 janvier 2008 à 20:15

    à la mémoire de ceux qui sont mort excutés.. sur la place et ceux que l’on à détruit à petit feu....

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