Une histoire de plantes sauvages

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Aujourd’hui, dans de nombreuses villes, des gens se mobilisent pour protester contre les menaces d’expulsion qui pèsent sur les lieux alternatifs, et notamment sur le squat des 400 couverts à Grenoble.
Suivant les villes et leur contexte politique, différents types de manifestation ont lieu aujourd’hui, du simple rassemblement à l’occupation des mairies ou des locaux du Parti Socialiste.

Les 400 couverts ?
C’est une petite rue du centre-ville de Grenoble,
squattée, depuis plus de trois ans.
C’est le domicile d’une vingtaine de personnes, une vie collective quotidienne, un lieu public où se sont déroulées et se déroulent encore une multitude d’activités à prix libre (débats, concerts, projections, réunions de différents collectifs...), une bibliothèque alternative, un square et un four à pain auto-construit pour des repas de quartier conviviaux, ainsi que moult expérimentations pratiques plus ou moins réussies (toit végétal, potager, compost, pharmacie des plantes, informatique libre, etc.).

Tous ces espaces, ces activités, ces réflexions ont été réalisés avec les moyens du bord, sans subvention et pratiquement sans argent, hors des circuits marchands et institutionnels.

La municipalité de Grenoble, propriétaire, veut expulser et démolir la traverse des 400 couverts pour y reconstruire une vaste opération immobilière. L’argument principal pour justifier la disparition de ce lieu est la création de 12 logements sociaux. Expulser des gens qui prennent en main leur habitat pour en reloger à peine plus dans des immeubles standardisés, c’est cette logique bureaucratique qui favorise le contrôle social des habitant-e-s, et planifie l’anéantissement systématique des lieux d’invention et de contestation.

Dans une ville qui consacre des millions à la construction d’un stade de foot ou d’une maison de la culture élitiste, ce ne sont pas les squateureuses qui empêchent la mairie d’appliquer son programme social.
Nous nous manifestons pour que cet espace de création, de tentatives, de réflexions, de rencontres et de solidarités continue d’exister .

Pourquoi une mobilis-action à Lyon ?
Parce que la municipalité fait la chasse ici aussi aux lieux d’expérimentations et d’autonomies.
En 1999, un regard sur 60 lieux anciennement squattés a d’ailleurs permis de constater que 80 % des logements ou bâtiments concernés étaient toujours murés, alors que les squats avaient été expulsés depuis plus d’un an (source : ALPIL). Ce qui veut dire que les motifs invoqués pour expulser étaient totalement mensongers.
Aujourd’hui, ce sont plusieurs initiatives indépendantes et échappant au contrôle des institutions qui se voient menacés d’expulsion. Le « Grnd Zero », qui propose une programmation musicale riche et hors circuits marchands, avec en quelques mois quelque 2500 adhésions, occupe un bâtiment pour mener à bien ses activités hors des sentiers balisés de la conso-culture. Le squat de Vaise génère des activités et rencontres multiples, autour de concerts, de repas et autres moments informels de débats et d’échanges. Face au manque de lieux alternatifs qui permettent à chacun et chacune de s’exprimer de façon autonome, et de mener à bien des projets multiformes correspondant mal à la conception élitiste et descendante de la culture en France, ces collectifs pallient à ce manque en utilisant des locaux à l’abandon -souvent depuis des années- en les retapant et les maintenant en état, en recyclant ou réutilisant les déchets que produit en masse la grande ville et ses consommateur-trices.

La seule réponse apportée par la municipalité face à ce manque d’espaces d’expression autonomes, c’est l’envoi de son équipe d’animation favorite, la police, équipée de son matériel pédagogique, les matraques, et déployant sa méthode d’écoute et de compréhension préférée : l’expulsion.

Echanges de savoirs, rencontres, débats, prises de têtes, réconciliations, tentatives d’organisation collective, mise en réseau d’expériences et création d’alternatives concrètes au système productiviste et marchand... ré-apprendre à vivre ensemble en somme. Construire une véritable solidarité dans nos villes. C’est tout cela et plus encore que nous défendons aujourd’hui.

Pour ne pas finir...
Comme beaucoup de personnes, nous critiquons les injustices et les aberrations du système dans lequel nous vivons. Mais nous pensons qu’il est possible, dès maintenant, de s’organiser pour modifier ces fonctionnements que nous subissons et entretenons à la fois.

Nos luttes passent par la construction de modes de vie et d’actes qui nous rendent plus responsables :
* essayer d’entretenir des relations basées sur la solidarité et l’entraide, plutôt que sur la compétition et le chacun pour soi ;
* tenter de maîtriser notre alimentation et notre consommation suivant nos besoins ;
* mettre en place des systèmes d’échange, de récupération et de production qui nous permettent de réduire notre dépendance au salariat et aux rapports marchands ;
* tenter de nous organiser collectivement sans hiérarchie en privilégiant la discussion et la prise en compte de chacun-e.

Des citadins et des citadines solidaires.

Si vous voulez protester contre les expulsions :
Grenoble : Hôtel de Ville 11, boulevard Jean Pain, BP 1066, 38021 Grenoble Cedex 1
Tél. 04 76 76 36 36 Fax 04 76 76 39 40
email : contact@ville-grenoble.fr

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