Barcelone brule ! CAN VIES NO ES TOCA !

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Ce Lundi 26 Mai vers 13h30, les Mossos d’Escuadra ont expulsé l’historique Centre Social Occupé de Can Vies après plusieurs années de conflits ouverts avec la Mairie et le proprietaire du lieu, la TMB, entreprise des transport publics de barcelone.
Can Vies était ce genre de lieu qui avec ces 15 années d’existences, de résistance à deux procédures d’expulsions avait réussit à s’imposer, comme un lieu décisif sur le quartier de Sants, tout comme au niveau de la Métropole de Barcelone.Retour ligne automatique

Can Vies expulsé et démolit, les quartiers sur le pied de Guerre !

Ce Lundi 26 Mai vers 13h30, les Mossos d’Escuadra ont expulsé l’historique Centre Social Occupé de Can Vies après plusieurs années de conflits ouverts avec la Mairie et le proprietaire du lieu, la TMB, entreprise des transport publics de barcelone.
Can Vies était ce genre de lieu qui avec ces 15 années d’existences, de résistance à deux procédures d’expulsions avait réussit à s’imposer, comme un lieu décisif sur le quartier de Sants, tout comme au niveau de la Métropole de Barcelone.
Occupé en 1997, par une première équipe, il était devenu très vite le lieu ou il faisait bon passé pour boire une bière les soirs de « kafeta », ou il y avait moyen de trouver une salle pour organiser une réunion en intime, une soirée de soutien pour un scouat ou pour des inculpés, comme dernièrement dans le procès contre le siège du Parlement de Catalogne en Juin 2011. C’était aussi un de ces espaces qui avait réussit a tisser à travers des années de lutte des liens fort avec les habitants et les jeunes du quartier. Lors des dernières campagnes de résistance contre son expulsion, plusieurs centaines de personnes avaient répondu à l’appel en se joignant à des manifs où il était fréquent que l’on s’y retrouve masqué pour redécorer l’avenue principale du quartier. Can Vies c’était un de ces espaces où il y avait moyen de se retrouver, de conspirer, de porter quelques coups à la Métropole et de pouvoir par la suite s’y réfugier.
La Mairie et les flics l’avaient compris. Cette zone d’opacité et d’organisation était devenu un problème de sécurité publique. Le processus de gentrification et de transformation du quartier de Sants ne pouvant pas se poursuivre avec un lieu ouvertement positionner comme lieu de contre culture, base arrière d’une partie du mouvement, affaiblit ces dernières années par la répression et la politique anti-scouat de la Generalitat.

C’est en cette fin de printemps 2014, alors que la Mairie avait fait semblant de mettre un frein aux procédure d’expulsion ordonné par le tribunal, que le dispositif policier c’est à nouveau déployé autour de Can Vies, ainsi que dans tout le quartier afin de calmer et de dissuader toute velléité d’y vouloir y résister.
Comme une pratique bien ancré, les occupants avaient fait le nécessaire pour faire face à l’assaut des flics. Préparer depuis plusieurs mois, notamment depuis une dernière perquisition qu’il avait subit en Mars dernier, les habitants s’étaient barricadé à l’intérieur, avec des structures en acier soudées préalablement pour renforcer les entrées principales. Derrières les accès décisifs, des bombonnes de gaz avaient elles aussi été soudées afin de dissuader les flics de rentrer aux béliers.
Le plan à en partie fonctionner. Face à un gros dispositifs, l’expulsion a mis plusieurs heures avant de se terminer.

http://www.youtube.com/watch?v=KYXz46rsMe8

Les habitants et le collectifs de soutien à Can Vies « GAMOCANVIES » avaient prévenu : « Si Can Vies va a terra, barris en pie de guerre »

« Si Can Vies va à terre, les quartiers sur le pied de guerre ! »

Après le soutien, sur place, lors de l’expulsion une manif était convoquée dans l’après midi où plus de 4000 personnes ont répondu à l’appel. Suite à une courte déambulation dans le quartier de Sants, appelant les habitants à descendre dans la rue, la manif c’est terminé Plaza de Sants au cri de « Si Can Vies va a terra, barris en pie de guerra ! ».
C’est à ce moment là que les gens ont commencé à foutre des containers en travers de la rue principale et à y mettre le feu. En constituant de petites barricades pour commencer les hostilités la tension est rapidement montée. Une camionette de TV3 (télé catalane) posté aux alentours à été incendié et quelques agences bancaires comme les sièges de différents partis politiques attaquées.
Alors que tout le monde commençait à s’organiser, les flics se sont mis à charger en poursuivant les gens dans les rues avec leurs télescopiques et leurs Flash Balls ou un mec à d’ailleurs perdu une oreille. Pendant ce temps, de nombreux voisins sortaient aux fenêtres en tapant sur leurs casserole en soutien aux émeutiers. Dans la soirée, pendant que le dispositif se refermait sur le quartiers, un groupe d’antiémeute à poursuivit des gens jusqu’au bureau du journal La Directa en défonçant les vitres en essayant de rentrer à l’intérieur pour arrêter des personnes.
Quand après plusieurs heures de chasse à l’homme dans le quartier les gens commencèrent à se disperser des appels sur les réseaux sociaux étaient diffusés pour se retrouver le lendemain.

Mardi : « Effecto Can Vies ! »

Dans la situation de répression générale des espaces occupés à Barcelone, il y a comme un coup à jouer pour ces prochains jours. Le lendemain, Mardi 27, les gens se sont donc à nouveau retrouver pour marcher ensemble en direction du quartier. Alors que le commissariat des Mossos de la Plaza de Espanya était bouclé par les flics, le cortège décida de contourner l’avenue centrale occupé par les flics, pour rejoindre directement Can Vies, expulsé la veille. En arrivant à la hauteur du scouat déjà à moitié démoli, tout le monde à pu remarquer la présence de la pelleteuse qui devait continuer le lendemain à effacer toute traces d’existence de Can Vies. Comme une réponse à leurs politique de la terre brûlée, l’engin à été immédiatement incendié, sous les applaudissements et les cris des milliers de personnes rassemblées devant. Ce foyer fut le premier de la nuit à se déclarer, de nombreux suivirent dans la foulée jusqu’au petit matin.

Tous les quartiers sur le pied de Guerre !

Suite à ce premier acte de vengeance, le feu se rependit avec plus d’intensité.
A Sants, pendant plus de 4 heures, c’est plusieurs dizaine de containers qui ont été cramé pendant que le Bulldozer n’avait pas finit de se consumer. Alors que les positions ennemis continuaient à être attaqués, banques, sièges de partis politiques, magasin de téléphone, des barricades étaient montées un peu partout.
Face à cette détermination, les autres quartiers ne pouvaient rester impassible. Les gestes se sont fait échos partout dans la Métropole et dans d’autres villes. A Gracia c’est une autre permanence du parti de centre droite Convergencia qui a été attaqué. Plusieurs containers ont été brûlé et l’Avenue Diagonale l’une des principales artères de Barcelone bloquée pour un temps, tout comme à Sant Andreu ou dans d’autres quartiers de la ville, ou des petits groupes ont continué à foutre le bordel jusque tard dans la nuit.

Mercredi : « Que la révolte s’étende ! »

Aujourd’hui les rues de Sants portaient les traces des émeutes de la veille. Derrière ce fragile retour à la normale, de nombreuses entités politiques et associatives de Barcelone ont assumé leurs soutien aux habitants de Can Vies en dénonçant un dispositifs policier d’exception. Tout en critiquant publiquement la violence des flics tout au long de la soirée, ces dernières se sont joint à un nouvel appel posté sur les réseaux sociaux pour des manifestations Mercredi soir dans toute la Catalogne.

Voir carte

Actuellement, c’est plus de 50 rassemblements qui ont lieux à Barcelone et dans d’autres du ville du pays (Valence, Palma, Burgos...).Les médias annoncent déjà un « effet Can Vies », en échos aux émeutes victorieuses du quartier de Gamonal à Burgos qui avaient eut lieu contre un projet de construction d’un boulevard.

Plus de 7 000 personnes se sont retrouvées sous la pluie hier au soir pour braver les flics et l’état de siège à nouveau imposer dans tout le quartier. Très vite des barricades ont été constitué en travers de la Carrer de Sants axe principale du quartier dont on se souvient qu’elle fut egalement le théatre de plusieurs nuit d’émeute lors d’autre journée dans les années 90. Après le renfort de plus de 200 anti émeute venu en renfort de Madrid et d’autres villes du pays pour faire face à d’eventuels incidents, plusieurs colonnes de manifestants partis de différents quartiers de la ville ont reussit à converger vers Sants tout en laissant de nombreuses traces de leurs passages. Arrivé à l’entrée du quartier les affrontements ont imméditement repris sous forme d’assault sporadique ou des petits groupes de gens se formaient et se reformaient au gré des multiples charges de flics qui essayaient de prendre le contrôle du quartier.

La prefecture de police a fait été d’au moins 30 arrêtés dont des mineurs, tous concentrés au commissariat des Mossos d’Escuadra dans le quartier de Los Corts.
Ce Jeudi c’est un rassemblement de plusieurs centaines de personnes qui a eut lieu pour demander leurs liberation "Liberté pour les arrêtés, Nous sommes tous Can Vies !".

L’on attend une reprise des hostilités dans la nuit aidés par l’arrivé du soleil dans l’apres midi.

La tension qui règne dans tout le pays, l’impasse devant laquelle se retrouve toute position démocratique face au durcissement du parti au pouvoir, devoilent une constellation de possibilité pour qui voudra bien prendre partie dans cette situation.

Photos et videos dispo sur youtube ’’ EXPULSION CAN VIES"

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  • Le 1er juin 2014 à 15:48, par

    (RE)CONSTRUISONS CSA Can Vies !

    Hier, après 5 jours de manifestations réprimées brutalement par la police catalane, plus de 60 arrestations et des dizaines de blessés, des centaines de personnes ont réoccupé Can Vies et commencé sa (re)-construction. Elles ont triés les matériaux récupérables et elles ont formé une chaine humaine sur plusieurs centaines de mètres pour déposer les gravats irrécupérables devant les portes de la mairie du quartier de Sants, responsable de la démolition du Centre Social.

    Hier soir, malgré l’état de siège policier, 20.000 personnes se sont manifestées dans le centre de Barcelone en soutien au squat partiellement démoli, réclamant la libération des personnes encore détenues dont 2 personnes placées en détention préventive, l’arrêt des poursuites et la démission des maires de Barcelone et de Sants. Après la manif, un groupe de 200 personnes qui rentraient à Sants, a été retenu pendant 3 heures dans la rue par les flics pour être photografiées. Certaines personnes ont été brutalement obligées de revêtir un passe-montagne pour être prises en photo.

    CSA CAN VIES est un Centre Social Autogéré, établit dans un batiment squatté il y a 17 ans. L’ampleur des manifestations suite à son délogement s’explique d’abord parce que Can Vies a reçu le soutien des habitants et de l’association de quartier de Sants. Can Vies est devenu pendant ces 17 années d’activités le carrefour des movements « okupas »(squatteurs), vécinaux, étudiants, féministes, queer, etc... Aujourd’hui, à travers la résistance au délogement de Can Vies s’exprime la résistance au modèle de ville conçu pour les touristes et non pour ses habitants, la résistance à l’expulsion de milliers de familles de leur logement, la résistance à la destruction des droits sociaux, des systèmes de santé publique et d’éducation publique, la résistance à un Etat policier qui impose à coup de matraque les diktats de la troïka.

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