Autriche 1918-1938 : des Conseils à l’Anschluss

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Ou comment la social-démocratie n’a pas stoppé le fascisme. Dans l’entre-deux guerres, l’Autriche est le seul pays où la Social-démocratie avait des armes pour s’opposer à l’extrême-droite. Elle aura été plus habile pour briser le mouvement ouvrier.

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1918. L’Autriche-Hongrie, symbolisée par l’aigle à deux têtes, disparaît. L’empire s’écroule avec la défaite de son armée ridiculisée.
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Le nombre des fiacres était réduit. Les chevaux mouraient de faiblesse sénile. On en abattait aussi beaucoup pour les manger sous forme de saucissons. Joseph Roth : La crypte des Capucins.
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Vienne devient la capitale gigantesque d’une petite république où règne la misère et la famine.
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Le jour même de la proclamation de la République, le 12 novembre 1918, des incidents éclatent sur le Ring, le grand boulevard de Vienne.

La foule arrache la bande blanche du nouveau drapeau rouge-blanc-rouge pour en faire un drapeau révolutionnaire.

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Les affrontements avec la police font 33 blessés.

Le même jour, un groupe de révolutionnaires conduit par l’écrivain Egon Erwin Kish investit les bureaux du journal Neue Freie Presse pour imprimer des tracts.

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Devant le développement des conseils d’ouvriers, de soldats et de paysans, la social démocratie dirigée par Friedrich Adler décide de les noyauter. La conférence des conseils ouvriers se transforme peu de temps après en un « Parlement de la Classe ouvrière » sous le contrôle des sociaux-démocrates.

De même, la Garde rouge des Conseils est intégrée dans l’armée.

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Début 1919, les socialistes essayent aussi de contenir la révolution en Europe centrale. A Munich, les écrivains Muhsam, Landauer, Ret Marut et Toller dirigent la République des conseils de Bavière.
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Lorsqu’il appelle au secours Adler devenu chef du Conseil exécutif des conseils de Vienne, celui-ci répond : Vous nous avez adressé un appel à suivre votre exemple. Nous le ferions de tout coeur, mais actuellement nous ne le pouvons malheureusement pas. (...) d’un coeur chaleureux (sic) nous suivons les événements et espérons que la cause du socialisme vaincra.
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C’est en fait un refus habile alors que la social-démocratie allemande prépare l’écrasement des conseils de Bavière. Si Béla Kun n’avait pas été dupe, le destin de la révolution aurait peut être basculé : Le président du Conseil autrichien lui-même déclara après les événements qu’en une heure les conseils ouvriers auraient renversé la République bourgeoise... s’ils avaient eu l’aide des milices hongroises ! Dès lors, de surcroît la route de Munich aurait été ouverte ! (R. Bardy).
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Le 17 avril 1919, la police et une partie de l’armée repoussent une manifestation de chômeurs menée par Kisch. Certains soldats refusent de tirer mais il y a six morts.

Le 14 juin, 115 militants révolutionnaires sont arrêtés sur ordre des socialistes. Après une grève générale de soutien à la République des conseils de Hongrie le 21 juin, le mouvement des conseils reflue.

E.E. Kisch poursuivra une carrière de journaliste célèbre à travers le monde (« le reporter rouge ») avant de mourir, stalinien heureux en Tchécoslovaquie.

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Dans les années 20 et 30, deux forces s’opposent politiquement en Autriche, la droite et les sociaux-démocrates. Toutes les deux possèdent leurs organisations paramilitaires, les Heimwehren pour la droite, soutenus et équipés par les industriels.

Ses nombreux crimes, comme les meurtres d’ouvriers, restent impunis à cause de la complicité des juges. Les socialistes ont créé le Schutzbund, fort de 80 000 adhérents armés.

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Après avoir organisé une série de provocations, le chancelier Dolfuss décide de liquider la social-démocratie pour donner des gages à son allié italien, le dictateur Mussolini...

Le 31 mars 1933, le Schutzbund est interdit mais poursuit son action clandestinement. Le 3 février 1934, une partie de son état-major est arrêté.

Le 12 février, le gouvernement dissout le parti social-démocrate et ses locaux sont saccagés par les Heinwehren. La direction ne réagit pas et tente encore de négocier.

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Nous avons retardé la lutte parce que nous voulions épargner au pays la catastrophe d’une guerre civile sanglante (Otto Bauer).

Révolté par cette politique de repli, un des chefs du Schutzbund, Bernaschek appelle à la révolte. Le parti lui ordonne de se taire. Le lendemain, la police vient l’arrêter mais ses hommes ouvrent le feu pour le libérer. Dollfuss tient son prétexte.

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L’exécutif de la présidence du parti a décidé d’appeler au combat les travailleurs d’Autriche. L’ordre avait déjà été lancé de proclamer la grève générale (Julius Deutsch, commandant suprême du Schutzbund).

Mais il est déjà trop tard. Les hésitations du parti social-démocrate ont lassé les ouvriers. Des combats violents opposent des groupes du Schutzbund sur la défensive aux Heirnwehren et à l’armée.

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Les immeubles ouvriers de Vienne sont bombardés et ses défenseurs se rendent le 15 février en hissant le drapeau blanc pour sauver les familles qui y habitent.

Dans toutes les villes d’Autriche, le Schutzbund est vaincu. Le bilan officiel est de 314 morts ; il serait en fait de plus de 2000.

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Le chancelier Dollfuss établit un régime d’« Austro-fascisme » à la botte de Mussolini en tentant de freiner la progression des nazis autrichiens qui réclament le rattachement à l’Allemagne. Après son assassinat le 25 juillet 1938, l’Autriche est conquise par Hitler.

C’est l’Ansdhluss. Plus de 70 000 autrichiens sont internés dans des camps. La Société des nations ne réagit pas à cette annexion. Parmi les rares gouvernements qui protestent, le Mexique et la République espagnole.

 

P.-S.

Lire cette bande dessinée et bien d’autre sur Partage Noir.

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