Blocage, occupation : des points de départ pour le mouvement qui vient

1192 visites

Quelques réflexions sur les pratiques de l’occupation et du blocage. Comment celles-ci peuvent-elles être des outils pour combattre le monde Macron ?

« Le monde ou rien » a été le slogan majeur de la révolte du printemps 2016. Le prendre au sérieux nous impose quelques réflexions stratégiques. Si c’est contre un monde et pour un monde que nous nous battons, il nous faut penser comment faire s’effondrer le premier, et grandir le second.
Dans un pays et une époque où la quasi-totalité de la production de marchandises a été délocalisée, où une partie importante de la population est sortie du marché du travail, il paraît évident que la simple grève ne suffira pas pour attaquer le capital. Il nous semble qu’aujourd’hui le monde du capital repose sur deux choses : la circulation effrénée des marchandises et des hommes, et le contrôle de plus en plus insidieux de nos actes, nos comportements, nos manières d’être. Ceux qui vivent l’horrible quotidien des employés savent les contraintes qu’on leur impose (vêtements et maquillage imposés, sourires forcés, enthousiasme simulé…) et la souffrance qui en résulte.
Contre cela, le blocage et l’occupation doivent devenir nos premiers réflexes. Le blocage, en perturbant les flux sur lesquels repose le capitalisme, vient interrompre le cours normal du monde. Et dans cette interruption, nous entrevoyons d’autres mondes, d’autres manières d’être ensemble, non régies par la concurrence, l’argent et la marchandise. C’est ici qu’intervient l’occupation : elle nous permet de réaliser ces possibilités, d’habiter l’interruption que constitue le blocage. Car si on ne s’empare pas de ces moments, les possibilités se referment et la normalité reprend son cours. Nous appelons donc, partout où cela est possible, à occuper des lieux, pour en faire inséparablement des espace de vie et des espaces de lutte.
L’un des échecs de Nuit Debout a été de ne pas réussir à perturber la métropole et ses flux. La place Guichard a été expressément conçue pour que des gens s’y rassemblent sans que cela ne change rien pour le reste de la ville et ses habitants. Nous avons cru qu’il était possible de nous réapproprier la politique sans chercher à bloquer le cours du monde contre lequel nous nous battions, et sans habiter l’espace où nous étions rassemblés. Impuissants à attaquer le monde du capital, impuissants à en construire un nouveau, nous étions condamnés à mourir à petit feu.
Il nous faut renouer avec ce qui a fait la force du mouvement des place en en Espagne, en Turquie, en Grèce ou en Tunisie : l’interruption du cours normal des choses en bloquant un nœud central de la circulation, et l’habitation de cet espace. Nous ne savons pas de quel lieu cela partira cette fois-ci : places, facultés, ZAD, lieux de travail ou de vie, tout est possible. Et il ne faut pas singer ce qui a eu lieu ailleurs. Ce texte est un appel. Si le blocage et l’occupation sont bien les points de départ pour s’affronter au temps présent, ils ne sont en aucun cas le point d’arrivée. Ce dernier, nul de le connaît, il n’existe probablement pas, mais avancer dans l’inconnu ne nous fait pas peur. Au contraire.

Bloquons tout
ZAD partout

JPEG - 269.4 ko

Proposer un complément d'info

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Publiez !

Comment publier sur Rebellyon.info?

Rebellyon.info n’est pas un collectif de rédaction, c’est un outil qui permet la publication d’articles que vous proposez. La proposition d’article se fait à travers l’interface privée du site. Quelques infos rapides pour comprendre comment être publié !
Si vous rencontrez le moindre problème, n’hésitez pas à nous le faire savoir
via le mail contact [at] rebellyon.info

Derniers articles de la thématique « Globalisation - capitalisme » :

>Google et la Safe City

Un « atelier numérique Google » va s’installer à Saint-Étienne, sans doute à l’angle de la place Jean Moulin et de l’avenue de la Libération (ex Royal). Au-delà du barnum organisé autour de cette arrivée par G. Perdriau et J.M. Mis, député LREM, que peut bien signifier cette installation, ainsi que l’annonce...

>L’idéologie sociale de la bagnole

Un texte d’André Gorz datant de 1973, qui invite à « ne jamais poser le problème du transport isolément, toujours le lier au problème de la ville, de la division sociale du travail et de la compartimentation que celle-ci a introduite entre les diverses dimensions de l’existence ...

› Tous les articles "Globalisation - capitalisme"

Derniers articles de la thématique « Syndicalisme-mouvement ouvrier » :

>La Ricamarie, 16 juin 1869 : fusillade contre des mineurs en grève

La Ricamarie fut un haut lieu de la lutte des mineurs français pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail, avec notamment le motivé Michel Rondet, inspirant Émile Zola pour son roman Germinal. C’est ainsi que le 16 juin 1869 l’armée de Napoléon III, appelée en renfort pour mater la...

› Tous les articles "Syndicalisme-mouvement ouvrier"