Évacuation des opposant·es au projet d’enfouissement de Bure. Rassemblement ce jeudi soir devant la préfecture de Lyon

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Expulsion en cours à Bure, appel à rassemblement devant les préfectures ce soir à 18h. Appel à converger vers Bure pour celles et ceux qui le peuvent. (Suivi en direct sur Manif-Est et VMC.camp, infos mises à jour dans cet article)

  • 16h10 - Les gendarmes ont quitté la maison et le village. Les opposant.e.s réinvestissent les lieux.
  • 15h30 - Interpellations toujours en cours à la maison. Au moins 14 personnes ont été emmenées dans différents commissariats pour vérification d’identité. 5 d’entre elles sont sorties. 5 personnes ont été emmenées en garde à vue et n’en sont pas encore sorties.

Après l’abandon de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le gouvernement n’entend visiblement pas arrêter de réprimer les militant·es qui s’opposent aux grands projets inutiles. Gérard Collomb, ministre de l’intérieur, a annoncé ce matin (22 févirer) qu’il s’attaquait au dossier du centre d’enfouissement de déchets nucléaires Cigéo à Bure (Meuse).

Gérard Collomb a annoncé le début de l’opération d’évacuation des opposants au projet Gigéo. La méthode est étonnante puisque c’est par une tweet publié à 6h27 ce jeudi 22 février que le ministre de l’intérieur a fait son annonce.

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Fil chronologique de l’opération en cours

  • 16h40 - Les liens vers Manif-Est.info sont à nouveau publiables et fonctionnels sur Twitter.
  • 16h10 - Les gendarmes ont quitté la maison et le village. Les opposant.e.s réinvestissent les lieux.
  • 15h30 - Interpellations toujours en cours à la maison. Au moins 14 personnes ont été emmenées dans différents commissariats pour vérification d’identité. 5 d’entre elles sont sorties. 5 personnes ont été emmenées en garde à vue et n’en sont pas encore sorties.
  • 15h00 - Il semble que Twitter bloque tous les liens vers le site manif-est.info qui assure un suivi de ce qu’il se passe sur place. On ne peut pas poster de lien sur le réseau social et lorsque l’on clique sur un lien posté précédemment un message déconseillant d’aller sur le site apparaît. Le module de recherche de Twitter n’indique qu’un lien de posté en juillet 2017 lorsque l’on recherche l’adresse du site. Bug de Twitter ou censure ?
  • 13h13 - Les opposant.e.s qui s’étaient barricadé.e.s sont conduit.e.s dans différents commissariats pour vérification d’identité
  • 12h40 - Deux personnes sont emmenées en garde à vue pour outrage. Bilan actuel : 5 personnes en garde à vue, et 5 autres emmenées pour vérification d’identité. Des copain-e-s sont toujours sur la mezzanine au niveau du dortoir et du freeshop.
  • 12h19 - Des personnes sont emmenées dans le jardin et sont arrêtées.
  • 12h00 - Communiqué de quelques hiboux – Appel à résistance, rassemblements, création de comités partout ! Publié sur Manif’Est, à lire ici en fin d’article.
  • 11h45 - Les opposant-es sont bloqué-es sur la mezzanine de la Maison de Résistance. Perquisition en cours.
  • 11h30 - Maison de résistance attaquée. Assiègée par les GM qui sont en train de défoncer la pour rentrer. Pas de perquiz mais action sous prétexte de violence sur GM devant la maison.
  • 10h35 - Les flics veulent rentrer dans la maison de la Résistance, font des sommations.
  • 10h20 - Déploiement de flics avec flashball dans les rues du village de Bure, la police charge les opposant-e-s dans la rue de la Résistance.
  • 10h10 - 3 fourgons, une dizaine de GM en ligne dans la rue de la Maison de la Résistance, avec flashball.
  • 9h45 - Des flics dans la Maison de la Résistance.
  • 9h30 (InfoTraFlics) - Aucun barrage en cours, les routes pour arriver jusqu’à Bure sont ouvertes. Réquisition pour fouiller les véhicules et contrôler les identités des passagèr.es.
  • 9h20 - Drone au dessus de la Maison de la Résistance.
  • 9h15 - Expulsion en cours du Grand Chêne.
  • 9h00 - L’expulsion du bois Lejuc se poursuit. À la barricade nord : A priori la moitié des personnes à la barricade Nord auraient été interpellées, 4 dont on n’a pas de nouvelles et le reste aurait pu repartir avec vérification d’identité.
    la totalité des gentes présentes à la vigie sud-est également. Il n’y a pour l’instant pas de nouvelles de la vigie sud. Une partie des personnes a pu se replier en sécurité. Plusieurs personnes résistent actuellement dans les arbres, une
    vingtaine de flics tout en bas. Sur le chemin du Chauffour une dizaine de personne est encerclée.
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  • 8h30 - 8h30 site vmc.camp inaccessible. Nous travaillons dessus et vous tiendrons au courant par tous les réseaux d’informations. Relai sur manif-est.info en attendant.
  • 8h15 - Camions militaires et bulldozers ont commencé à rentrer par la
    vigie sud pour détruire les installations.
  • 8h10 - Les flics commencent à détruire la barricade Sud. Deux bulldozers dans la forêt.
  • 7h35 - Réquisitions pour fouilles des véhicules et contrôles des passagers à Cirfontaines. Les seules routes bloquées sont celles qui mènent directement à la forêt -Ribeaucourt/Nord, Mandres/Sud.
  • Un hélicoptère tourne en permanence, voitures banalisées à Bure.
  • 08h00 - Les flics commencent à démonter la vigie Sud.
  • 7h05 - Deux camions au chauffour, sur la route entre la maison et le bois. des flics entre Ribeaucourt et Nord.
  • Pas de contrôles depuis Mandres, mais la route vers la forêt bloquée par deu fourgons de GM.
  • 6h35 - Ils embarquent des gens
  • 6h15 - 15 camions de GM passent. Les GM rentrent par les vigies sud, sud-est, nord

Le site fonctionne de manière intermittente, infos à suivre sur https://vmc.camp/ ou sur manif-est

Le site Reporterre recueille les premiers témoignages d’occupants des bois, dans les arbres.

Voici le témoignage d’un « hibou », recueilli au téléphone à 8 h par Reporterre :

« Ce matin, j’ai reçu un appel, et au même moment, j’ai vu de la lumière venir du sol. Je pensais que c’était des copains, et puis c’était les gardes mobiles au pied de l’arbre, à 6 h 30. Ils avaient des Maglight, des lampes très puissantes. Ils exploraient la forêt, les chemins tout autour, ils ont sécurisé la zone, comptaient le nombre de barricades, qui sont innombrables.

On est deux, dans le Grand Chêne, dans une cabane à 25 mètres de hauteur. On a relevé les cordes. Là, une équipe de cinq gendarmes mobiles sont au pied de l’arbre. Un hélicoptère tourne non stop. Je vois onze gardes mobiles, sans casque, qui nous surveillent et commentent ce qu’on fait, on les entend. Ils se cachent quand on prend des photos. Je vois aussi deux personnes gradées qui viennent d’arriver. Là, les gendarmes sont en train d’installer une caméra, pour nous filmer.

Il y a sept cabanes comme la nôtre dans le bois. »

Nous avons recueilli aussi les propos de « Sylvain », un habitant proche de Bure :

« C’est une surprise totale : on n’attendait pas d’expulsion avant la fin de la trêve hivernale. L’Andra ne peut lancer aucun chantier alors qu’on est en période de nidification des oiseaux, et il faut faire une étude d’impact avant tout nouveau défrichement. Et tous les recours ne sont pas épuisés.

Ce qui se passe est en totale contradiction avec ce qu’a dit Nicolas Hulot à l’Assemblée nationale il y a quelques mois : il ne voulait pas de brutalité et il voulait de la concertation. On devait voir Sébastien Lecornu (secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écoogique) vendredi !

On peut faire le parallèle avec Sivens : ils expulsent alors qu’on ne sait pas quelle est la situation juridique, puisque tous les recours ne sont pas épuisés. »

Les occupant·es et leurs soutiens appellent à se rendre le plus rapidement possible à Bure et à se rassembler ce soir, jeudi 22 février, devant toutes les préfectures de France.

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Communiqué de quelques hiboux – Appel à résistance, rassemblements, création de comités partout !

Ce matin à 6h15 a débuté l’expulsion du Bois Lejuc par 500 gendarmes avec grand renfort de communication de la part du Ministère de l’Intérieur, et les chaînes d’infos en continu branchées sur les images sensationnelles de blindés militaires massés près de ce bois, de cabanes envahies au petit matin, de gendarmes en cagoule munis de tronçonneuse et caméras embarquées…

L’opération, censée mettre à exécution une décision d’expulsabilité rendue l’année passée par le Tribunal de grande instance de Bar-le-Duc, intervient avant l’épuisement des recours juridiques (notamment sur la propriété de l’Andra sur le bois) et avant la fin de la trêve hivernale alors que plusieurs structures d’habitation et d’occupation avaient été installées aux abords et au coeur de la forêt. Alors même également que l’EODRA (association des élus opposés à l’enfouissement) avait domicilié en janvier son siège social dans la forêt. L’Andra ne pourra légalement commencer aucun de ses travaux dans le bois : l’Autorité Environnementale a prescrit en octobre 2017 a l’Andra la réalisation d’une évaluation environnementale avant tous travaux préparatoire, la période de nidification à la mi-mars empêche tous travaux, et l’Andra n’a pas d’autorisation de défrichement.

Comme en 2012 à Notre-Dame-des-Landes, les bulldozers suivent immédiatement les gendarmes, on rase au plus vite les lieux de vie sans laisser le temps de récupérer tous les effets personnels. Déjà suite à une première expulsion du bois en juillet 2016 les machines de l’Andra avaient défriché illégalement une partie conséquente des arbres avant que l’opposition ne réinvestisse et ne réoccupe la forêt à la mi-août 2016.

À cette heure, des arbres restent occupés par plusieurs hiboux. Une vingtaine de gendarmes mobiles sont en bas. Plusieurs personnes ont été interpellées lors de l’opération, ou sont encerclées sur des chemins menant à la forêt, de multiples vérification d’identité ont eu lieu. Au moins une personne a été placée en garde à vue.

Résister partout

Cette expulsion entérinée par le gouvernement Macron intervient dans un contexte de durcissement dramatique du contexte social à l’encontre du monde du travail, des étudiants, des migrant-e-s, etc. C’est la mise en place d’un modèle industriel et social à l’américaine qui précarise, piétine allègrement l’environnement et les populations et s’impose par la force et l’intransigeance. Le président Macron marche dans les pas de Margaret Tatcher : tolérance zéro, le message est clair.

Cette opération foudroyante est avant tout une manoeuvre politique à la mise en scène minitieusement orchestrée pour empêcher que l’abandon de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes ne galvanise la résistance partout en France. Une opération pour tenter d’enrayer tout le soutien national qui s’organise peu à peu, avec comme symbole une petite maisonette crée par le comité de soutien de Dijon qui devait être installée dans la semaine, la première cabane d’un comité de soutien. Dans les mots décharnés de la Préfète, c’est "un projet de construction en dur manifestant la volonté des opposants de s’installer durablement". Nous disons que c’est un mauvais pari. Nous sommes déjà installé-e-s durablement, dans la forêt et partout autour dans les villages que nous habitons, mais aussi partout ailleurs en France où chaque opération de police multiplie les soutiens. Ce matin l’Etat a choisi d’envoyer un signal très fort qui nous confirme que la résistance doit continuer de s’organiser partout en France et au-delà et que Cigéo est un point crucial dans la pérennité d’une industrie nucléaire qui s’impose par la force sous couvert de concertation.

Lorsque nous avons commencé à occuper le bois Lejuc en juin 2016 nous n’aurions jamais imaginé que nous y serions 1 an et demi plus tard, que l’Andra devrait reculer, que des dizaines de comités se créeraient partout en France. Les ministres auront beau jouer le traditionnel jeu de la dissociation sur BFM entre les "méchants cagoulés" à nettoyer d’urgence et l’opposition citoyenne pacifique, ce discours n’a jamais pris à Bure où nous luttons dans mouvement protéiforme et complémentaire. Tous les médias parlent de la "ZAD de Bure", pour mieux créer le parallèle avec NDDL dans l’esprit des gens. Nous avons toujours dit que s’il y avait une ZAD à Bure, c’était celle de tout un territoire, partout, parce que l’horreur atomique et le rouleau compresseur étatique qui la sous-tend ne connaissent pas de frontières quand il s’agit de broyer les existences des gentes et leurs territoires de vie au nom du profit et du contrôle.

La pornographie policière et médiatique des images de destruction et la mise en scène du "retour à l’Etat de droit" ne satureront pas nos têtes et nos coeurs, ne recouvrira pas tout ce qui s’est vécu depuis des années à Bure et tout autour, et ce qui va se vivre dans les années à venir. Expulser le bois Lejuc ce matin, c’est taper et attaquer partout toutes celles et ceux qui sont venu.es sur place par milliers dans les années passées et portent déjà en elleux partout, un morceau de Bure.

Chaque attaque nous renforce dans notre détermination, on ne nous atomisera jamais !

Alors que nous écrivons ce communiqué à 10h30, les gendarmes sont en train de charger dans les rues à Bure et tentent de rentrer dans la Maison de résistance. RÉSISTANCE.

jeudi 22 février 2018

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