Comment les riches détruisent la planète

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Cette rencontre débat avec Hervé Kempf aura lieu le samedi 22 septembre à 15h à la librairie libertaire La Gryffe.

Écologie contre oligarchie capitaliste ?

H. Kempf fait deux constats : « La situation écologique de la planète empire à une allure que les efforts des millions de citoyens du monde conscients du drame mais trop peu nombreux ne parviennent pas à freiner ; le système social qui régit actuellement la société humaine, le capitalisme, s’arc-boute de manière aveugle contre les changements qu’il est indispensable d’opérer. » Il ajoute qu’on ne peut comprendre la concomitance des crises écologique et sociale que si on les analyse comme les deux facettes d’un même désastre qui « découle d’un système piloté par une couche dominante qui n’a plus aujourd’hui d’autre ressort que l’avidité, d’autre idéal que la consommation, d’autre rêve que la technologie. »

Cette oligarchie prédatrice est l’agent principal de la crise globale, directement par les décisions qu’elle prend qui visent à maintenir l’ordre établi à son avantage, indirectement en tant que modèle culturel basé sur la consommation.

À la question centrale : « Alors que tout est clair, pourquoi le système est-il obstinément incapable de bouger ? », H. Kempf répond que la raison principale, c’est que les puissants de ce monde ne le veulent pas, que le « désastre est mis en œuvre par un système de pouvoir qui n’a plus pour fin que le maintien des privilèges des classes dirigeantes ».

Face à eux, on trouve des écologistes “niais” , « qui pensent l’écologie sans penser le social (les rapports de pouvoir et de richesses au sein des sociétés) » et une gauche majoritairement social-démocrate ou plutôt “social-capitaliste”, dont « le compromis avec le libéralisme l’a conduite à en adopter si totalement les valeurs qu’elle n’ose plus qu’avec la plus extrême prudence de langage déplorer l’inégalité sociale. Elle manifeste de surcroît un refus caricatural de s’intéresser à l’écologie. »

Pour parvenir à un changement, la prise de conscience de l’urgence de la crise écologiste n’est pas suffisante. « Il faudra encore que la préoccupation écologiste s’articule à une analyse politique radicale des rapports actuels de domination. On ne pourra pas diminuer la consommation matérielle globale si les puissants ne sont pas abaissés et si l’inégalité n’est pas combattue. »

Pour H. Kempf, affronter l’époque d’exigences et de renoncements qui nous attend et qui passe par l’ancrage du social dans l’écologie, par l’articulation de l’impératif de la solidarité à la diminution des consommations passe par la réaffirmation tenace qu’il n’est d’existence digne, quelles que soient les difficultés, que dans la liberté.

Or, si le rapport de forces ne permet pas d’imposer cette évolution aux puissants, ceux-ci chercheront à maintenir leurs avantages excessifs par la force, profitant de « l’affaiblissement antérieur de la démocratie » et arguant des mesures d’urgence nécessaires. Et les pouvoirs ont déjà testé cette possibilité (en France, avec l’état d’urgence en 2005 lors des émeutes de banlieue ; aux États-Unis, lors du cyclone Katrina, quand les forces armées ont été envoyées en priorité afin de pourchasser les pillards).

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« L’ affaiblissement antérieur de la démocratie » (c’est à dire, des libertés publiques) c’est l’immense arsenal liberticide justifié par l’alibi du terrorisme et l’épouvantail de la délinquance et de la sécurité : banalisation de la torture, multiplication des lois sécuritaires, extension des pouvoirs de la police, prolifération des instruments de surveillance, criminalisation de la contestation politique, prison comme arme première dans la guerre aux pauvres, contrôle des médias…

En effet la classe dirigeante s’est convaincue qu’elle n’a plus besoin de la démocratie depuis la chute de l’URSS, car « la démocratie devient antinomique avec les buts recherchés par l’oligarchie : elle favorise la contestation des privilèges indus, elle alimente la remise en cause de pouvoirs illégitimes, elle pousse à l’examen rationnel des décisions. Elle est donc de plus en plus dangereuse, dans une période où les dérives nuisibles du capitalisme deviennent plus manifestes ».

Hervé KEMPF, journaliste au “Monde” a publié “Comment les riches détruisent la planète” aux éditions du Seuil en 2007.

Librairie libertaire LA GRYFFE
5, rue Sébastien Gryphe 69007 LYON - Métro Saxe-Gambetta.
Ouverture du lundi au samedi de 14 heures à 19 heures.
Téléphone/ fax : 04 78 61 02 25 - www.lagryffe.net
librairie (Arobase) lagryffe.net

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  • Le 14 septembre 2007 à 18:19, par Scylla

    « richesse et profit ne sont pas les seuls fautifs », ne te sens pas visé, il n’y a pas d’attaque personnelle !
    Le sujet du livre n’est pas « les riches détruisent la planète », mais « Comment les riches détruisent la planète ». Ce nest pas non plus « les non-riches ne détruisent pas la planète » car le livre est très clair là-dessus, ils le font et en grande partie pour imiter les classes situées au-dessus d’eux et qui représentent un modèle de réussite. Ce n’est pas non plus « Comment l’URSS a massacrée l’environnement ». L’URSS c’est fini, le livre traite de l’état du monde aujourd’hui, en 2007, et c’est aussi en ça qu’il est intéressant. Que ce serait bien d’avoir un débat sur le thème proposé et non sur ceux qui auraient pu/du faire l’objet d’un essai !

  • Le 12 septembre 2007 à 22:05

    Les riches détruisent la planête ? Peut être, mais l’Union soviétique fut un modèle de massacre de l’environnement. Les pires zones polluées du monde se situent en ex-URSS et dans ses eaux territoriales ... Alors cela ne veut-il rien dire ? En tout cas que richesse et profit ne sont pas les seuls fautifs un peu facile à stigmatiser ...

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