Des fiches toujours plus riches (et comment en sortir ?)

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Par trois décrets sortis la semaine dernière, le gouvernement vient d’autoriser la police à ficher les personnes en fonction de leurs opinions politiques, leurs convictions philosophiques, religieuses ou leur appartenance syndicale.

Membre d’un syndicat ? Fiche !
« Problèmes » psy ? Fiche !
Manifestation sauvage ? Fiche !
Une association qui dérange ? Fiche !
« Habitudes de vie » hors-normes ? Fiche !
Opinions politiques « dangereuses pour les institutions » ? FICHE !

Trois décrets viennent ajouter quelques objets que les policiers et gendarmes peuvent garder au chaud sur nous. Ils écrivent noir sur blanc qu’on peut désormais documenter les «  opinions » et non plus seulement les «  activités politiques  ».

« Les fichiers de police dont on parle ne sont pas des fichiers judiciaires, ce sont des fichiers qui sont gérés par la police, seule, pour la police », explique à France Inter Arthur Messaud, porte-parole de La Quadrature du Net. « Ce ne sont pas non plus des fichiers de contre-terrorisme. On est dans la lutte contre les sectes, la lutte contre les hooligans et la lutte contre les violences autour des trafics de drogue, mais aussi toutes les luttes, les violences ou les manifestations non déclarées autour des mouvements idéologiques. Il faut bien comprendre que là, quand je dis violence, c’est tel qu’interprété par la police. »

Bien entendu on s’attend à une certaine souplesse de nos amis policiers lorsqu’ils vont déterminer les candidat·es au fichage, à savoir celles et ceux qu’ils jugent « susceptible de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation, à l’intégrité du territoire, ou des institutions de la République »

Une fois qu’on est qualifié pour être dans les fichiers de la police, nos amis peuvent donc documenter pléthore d’informations sur nous. Et garder celles-ci quasiment aussi longtemps qu’ils le souhaitent : 10 ans maximum « à partir du dernier événement de nature à faire apparaître un risque d’atteinte à la sécurité publique ». En clair : aussi longtemps qu’il leur plaira.

Cet article du Numéro Zéro récapitule synthétiquement les principales nouveautés de ces décrets.

Pour aller plus loin, consulter l’explication approfondie de la Quadrature du Net ici.

On peut exercer ses droits auprès de la CNIL pour savoir si on est dans ces fichiers, mais il paraît difficile aujourd’hui d’en être retiré. Ceci est toutefois théoriquement possible pour d’autres sinistres répertoires.

La suite à lire sur : https://paris-luttes.info/des-fiches-toujours-plus-riches-et-14569?lang=fr

P.-S.

[Brochure mise à jour] La folle volonté de tout contrôler : sur 60 fichiers de police-justice et les moyens d’en sortir

Deux ans après la première version de la brochure de la Caisse de solidarité sur les fichiers de police, de renseignement et d’identification administrative, une mise à jour est nécessaire. Ce texte recense 60 fichiers actifs d’identification administrative, fichiers de police, fichiers de justice et (...)

30 juin 2020

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