Être capable de révéler toute l’histoire cachée de la vérité du monde actuel

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Il suffit de vouloir « révéler » certaines « vérités historiques » pour se voir traité par certains de réactionnaire. D’autres vous diront que, parce que vous êtes d’en bas, donc assujettis, vous ne pouvez exprimer qu’une critique assujettie. Ces réactions, dignes de tout ceux qui reproduisent inconsciemment un schéma patriarcal dans leur vie quotidienne est nuisible à l’émancipation sociale individuelle.

- L’être naissant à l’auto-activité, souhaitant se libérer de toutes formes idéologiques, de toutes formes d’aliénations, aspirant à la vraie vie, aux vrais plaisirs, se verrait-il donc encore limité par ceux qui sans le savoir reproduisent une forme d’autorité libertaire ?

Faut-il être étiqueté ou spécialiste-historien pour parler d’histoire ? Faut-il être étiqueté ou spécialiste-libertaire pour parler de vérité, de liberté, d’autonomie ?

La recherche de la vérité de tout le mouvement révolutionnaire international ne doit pas être le privilège de ceux qui prétendent la connaître. Elle est l’une des nécessités, une responsabilité sociale, un moyen qui peut conduire à l’abandon de la société patriarcale, à l’émancipation totale de l’individu.
Et au lieu de vouloir imposer des idées pour l’émancipation de chaque individu, n’est-il préférable de trouver des moyens de partager et de développer ces mêmes idées ?

L’appropriation des faits révolutionnaires, de toutes les critiques, des réflexions, des témoignages passés et présents pour un être affranchi (libéré de toute hiérarchie, considéré, respecté pour ses fonctions naturelles, vitales) ne peut que nous aider à le devenir. Pourquoi est-il dérangeant de vouloir partager ces témoignages, ces critiques, ces faits, ces situations qui tendent au plein épanouissement de la personne, la préparant de ce fait, au refus de toutes formes d’autorités, d’endoctrinements ? N’est-ce pas parce qu’il y a réaction d’endoctriné ?

Ainsi, prendre conscience que seule une organisation sociale non autoritaire, considérant tous les aspects fondamentaux de l’état naturel de l’homme et contribuant aux respects de toutes les fonctions de développement naturel, peut redonner le vrai instinct social de l’être.

Ils existent. Ils rayonnent déjà de leur mort et de leur vivant. « Y en a pas un sur cent et pourtant ils existent... »

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Lorsque l’on prend conscience de ses fonctions naturelles, l’envie de vivre, l’envie de partager des vrais plaisirs deviennent essentielles ; et de l’autre, la misère sociale de l’organisation actuelle fait de nous des névrosés, des morts-vivants.
Naissant à peine à une autre possibilité de vie plus jouissive, un isolement pourtant physique et psychique peut se faire ressentir. Un décalage avec les relations de la vie quotidienne. Survient alors l’envie de nouvelles rencontres, de complicités, d’une envie vraiment sociale... d’une autre organisation sociale.

- Je prends le risque de réveiller de vieilles rivalités et de me voir traité de petit bourgeois ou de petit intellectuel ou d’artiste en proposant cet extrait « De la misère en milieu étudiant » réalisé par des membres de l’Internationale situationniste et des étudiants de Strasbourg.

J’ai choisi cet extrait parce qu’il parle justement de la nécessité de tendre vers l’appropriation des précieux témoignages historiques de l’émancipation sociale afin d’être à même d’avoir un autre regard sur notre vie quotidienne pour pouvoir être en capacité de la changer totalement.
Les auteurs n’ont pas énuméré tous les événements révolutionnaires passés, mais là n’est pas la finalité. De la misère en milieu étudiant mérite d’être resituée (voir pièces jointes en bas d’article).

J’encourage quiconque et surtout les étudiants, auxquels on sert un peu trop Michel Foucault au self universitaire à lire ou relire entièrement cette brochure.

Et puis, « l’anniversaire des quarante ans de mai 68 » approche. Avec lui se prépare un torrent de confusions, de falsifications conscientes ou inconscientes (voir pour exemple de falsification consciente le vandalisme sur Wikipédia.) À mon niveau, j’ai rédigé cet article avec l’exigence et les connaissances dont je dispose aujourd’hui. Si j’ai apporté confusion ou falsification, c’est inconsciemment. Je suis ouvert à toutes réflexions, toutes propositions constructives, argument contre argument. Pas de querelle assujettie, donc...

Je tiens seulement à préciser que je ne suis ni « situ », ni étudiant, ni strasbourgeois... Quant à une éventuelle « masturbation intellectuelle », je réponds que la masturbation intellectuelle temporaire est préférable à l’ascétisme intellectuel. Mais de loin, rien ne vaut la pleine jouissance de la vie sexuelle...

Alexandre Quarz

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Extrait de De la misère en milieu étudiant

Créer enfin la situation qui rende impossible tout retour en arrière

La critique radicale du monde moderne doit avoir maintenant pour objet et pour objectif la totalité.

Elle doit porter indissolublement sur son passé réel, sur ce qu’il est effectivement, et sur les perspectives de transformation. C’est que, pour pouvoir dire toute la vérité du monde actuel et, a fortiori, pour formuler le projet de sa subversion totale, il faut être capable de révéler toute son histoire cachée, c’est à dire regarder d’une façon totalement démystifiée et fondamentalement critique, l’histoire de tout le mouvement révolutionnaire international, inaugurée voilà plus d’un siècle par le prolétariat des pays d’Occident, ses « échecs » et ses « victoires ». « Ce mouvement contre l’ensemble de l’organisation du vieux monde est depuis longtemps fini » et a échoué. Sa dernière manifestation historique étant la défaite de la révolution prolétarienne en Espagne ( 1936/1939 ).

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Cependant, ses « échecs » officiels, comme ses « victoires » officielles doivent être jugés à la lumière de leurs prolongements, et leurs vérités rétablies.
Ainsi, nous pouvons affirmer qu’ « il y a des défaites qui sont des victoires et des victoires plus honteuses que des défaites » (Karl Liebknecht à la veille de son assassinat).

La première grande « défaite » du pouvoir prolétarien, la Commune de Paris, est en réalité sa première grande victoire car, pour la première fois, le Prolétariat primitif a affirmé sa capacité historique de diriger de façon libre tous les aspects de la vie sociale.

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De même que sa première grande « victoire », la révolution bolchevik, n’est en définitive que sa défaite la plus lourde de conséquences.

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Le triomphe de l’ordre bolchevik coïncide avec le mouvement de contre-révolution internationale qui commença avec l’écrasement des spartakistes par la « social-démocratie » allemande. Leur triomphe commun était plus profond que leur opposition apparente, et cet ordre bolchevik n’était, en définitive, qu’un déguisement nouveau et une figure particulière de l’ordre ancien.

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Les résultats de la contre-révolution russe furent, à l’intérieur, l’établissement et le développement d’un nouveau mode d’exploitation, le capitalisme bureaucratique d’État et, à l’extérieur, la multiplication des sections de l’Internationale dite communiste, succursales destinées à la défendre et à répandre son modèle. Le capitalisme, sous ses différentes variantes bureaucratiques et bourgeoises, florissait de nouveau, sur les cadavres des marins de Kronstadt

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et des paysans d’Ukraine, des ouvriers de Berlin, Kiel, Turin, Shangai, et plus tard Barcelone.

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La IIIème Internationale, apparemment créée par les Bolcheviks pour lutter contre les débris de la social-démocratie réformiste de la IIème Internationale, et grouper l’avant-garde prolétarienne dans les « parties communistes révolutionnaires », était trop liée à ses créateurs et à leurs intérêts pour pouvoir réaliser, où que ce soit, la véritable révolution socialiste.
En fait, la IIèmeInternationale était la vérité de la IIIème.

Très tôt, le modèle russe s’imposa aux organisations ouvrières d’Occident, et leurs évolutions furent une seule et même chose. À la dictature totalitaire de la Bureaucratie, nouvelle classe dirigeante, sur le prolétariat russe, correspondait au sein de ces organisations la domination d’une couche de bureaucrates politiques syndicaux sur la grande masse des ouvriers, dont les intérêts sont devenus franchement contradictoires avec les siens. Le monstre stalinien hantait la conscience ouvrière, tandis que le Capitalisme, en voie de bureaucratisation et de surdéveloppement, résolvait ses crises internes et affirmait tout fièrement sa nouvelle victoire, qu’il prétend permanente.

Une même forme sociale, apparemment divergente et variée, s’empare du monde, et les principes du vieux monde continuent à gouverner notre monde moderne. Les morts hantent encore les cerveaux des vivants.

Au sein de ce monde, des organisations prétendument révolutionnaires ne font que le combattre apparemment, sur son terrain propre, à travers la plus grande mystification. Toutes se réclament d’idéologies plus ou moins pétrifiées, et ne font en définitive que participer à la consolidation de l’ordre dominant.(...)

P.-S.

Proposition de lecture : Enragés et situationnistes dans le mouvement des occupations , ouvrage collectif, à la rédaction duquel ont participé des membres de l’Internationale situationniste, en particulier Guy Debord, Mustapha Khayati, René Riesel, Raoul Vaneigem et René Viénet.

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Intégrale « De la misère en milieu étudiant »
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Réaction des « situs » au scandale provoqué par le texte
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Questionnaire de l’Internationale Situationniste de 1964

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  • Le 27 août 2007 à 11:17, par Alexandre Quarz

    Les Amis du négatif, nosotros incontrolados, sont à l’oeuvre.(???)

    Il est vrai que « souhaiter se libérer de toutes formes idéologiques » et poursuivre en exprimant des idées d’organisation sociale ou de vrai instinct social portent à confusion.
    Ta critique est constructive, dans le sens où, elle m’a insité à regarder de plus prêt l’étymologie et les différents sens du mot :« idéologie » Idéologie et Doctrine.
    J’ai (trop) affirmé des idées mais loin l’envie d’en constituer une doctrine. Et puis, parler de non autorité et de respect du développement de l’auto-activité et des fonctions naturelles etc..ne peut que détruire les risques d’endoctrinement.

    Ne souhaitant pas devenir un « spécialiste de la fonction intellectuelle », ni de vouloir oeuvrer pour un dépassement de la critique, je dois avouer qu’il faut constamment être exigent, c’est vrai, constamment affûter son matériel dialectique. Allons-y, d’accord, mais sans prétention, sans se marcher sur la gueule.

  • Le 27 août 2007 à 00:32, par Uno de nosotros

    L’auteur de cette réflexion nous dit : « L’être naissant à l’auto-activité, souhaitant se libérer de toutes formes idéologiques »

    Puis il poursuit : « Ainsi, prendre conscience que seule une organisation sociale non autoritaire, considérant tous les aspects fondamentaux de l’état naturel de l’homme et contribuant aux respects de toutes les fonctions de développement naturel, peut redonner le vrai instinct social de l’être. » Et ben, si ça c’est pas une forme idéologique, qu’est ce que c’est ?

    Le problème du mouvement libertaire n’est pas tant de refuser l’idéologie que de s’accepter comme tel - un mouvement profondément idéologique - et d’en tirer les conséquences, en cessant de pratiquer le contraire de ce qu’il avance (du style j’organise des campagnes anti-électorales politiques et je suis délégué du personnel dans ma boite ... ou je ponds des brochures anti-bagnoles et je pleure quand des gamins les crames de temps à autre... On encore je conchie le capitalisme mais ma pratique militante est essentiellement une pratique de consommateur ...)

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