Guerre des murs à Sciences-Po Lyon

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Surprise cette année à l’IEP : la rentrée ne s’est pas faite aussi tristement que d’habitude, égayée par les agissements de quelques rigolos-tes…

Un magnifique pochoir est d’abord apparu, auquel ont bientôt été ajoutés les mots suivants : « A bas les élites ».

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(Cliquez sur les images pour agrandir)

Quelques jours plus tard, l’IEP se pare d’un joli grenat révolutionnaire et l’on peut lire en très grand sur l’entrée « VOUS ETES PARFAITS ! » :

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D’autres inscriptions achèvent de nous faire (sou)rire :

En voici la liste :

- « On n’est pas sous Pollet » (Gilles Pollet étant le directeur de l’IEP)
- « Les planqués vivent dans la crainte, ils ont raison »
- « Non à l’assassinat de Corcuff, débris de l’histoire altermondialiste »
- « Corcuff : « La gauche mondiale, quelle infection ! »
- " Critiquez, vous êtes bons "

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- « Mort au Bloom » (Allan Bloom, penseur américain, référence des néoconservateurs américains)

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Don’t worry be funky !

- « Révolution »
- « Les ayant-droits prospèrent. Don’t worry, be funky »
- « Tu roules sur ton vélov’ comme sur ta vie de merde ! »
- « je vous hais »
- « Au passage j’aime pas les flics »
- « IEP Lyon : la politique en vélov’ »

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La politik en Vélo’V

Des dégradations ont également été commises. Éclats sur la vitre qui abritait les listes de résultats d’admission au concours de première année :

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On n’est pas sous Pollet

et tentative d’incendie de l’arrière du bâtiment :

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Départ d’incendie IEP
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Un pochoir apparaît sur le trottoir :

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La boîte aux lettres de l’IEP se couvre d’un nouveau

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et les toilettes redonnent du sens aux trois lettres institutionnelles :

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  • Le 24 octobre 2008 à 21:26

    Sciences Po, plus embourgeoisée qu’il y a dix ans ? Certes. Mais il faut rappeler que cette baisse du taux d’élèves issus des classes défavorisées y est bien moins élevé que dans les maths-sups/maths-spés et prépas commerciales, qui soit dit en passant préparent à des écoles formant des élites bien plus influentes et capitalistes que les IEP.
    Je tiens à signaler que je n’ai rien contre ces formations, ayant moins même postulé pour une prépa HEC, mais les tags « à bas les élites » auraient bien plus leur place sur le murs de l’EM Lyon.
    Ensuite, concernant la mentalité des IEP, il faut dire que si effectivement certains élèves ne rêvent que de bosser dans la finance, la plupart de ceux que je côtoie en étant scolarisé à Sciences Po Lyon aspirent plus à faire des métiers dans le management culturel, l’enseignement ou le journalisme.
    L’IEP n’est peut-être pas une telle usine à larves, et participe sans doute plus à enrichir le débat public que ce qu’on laisse entendre.

  • Le 11 avril 2008 à 18:36, par étudiante à l’IEP

    Petite intervention retardataire... Je suis habituellement friande des infos de Rebellyon, mais j’avoue que la façon dont est tourné cet article me désole, et ses commentaires m’attristent !
    En septembre 2007, je débarquais de ma campagne pour atterrir dans cette grandes écoles que je croyais moi aussi prévue pour formater des esprits issus de classes bourgeoises prétentieuses. Mon premier contact avec l’IEP fût donc ces quelques inscriptions qui, je l’avoue, m’ont fait sourire. Avec du recul, cela montre la crise profonde de l’Ecole républicaine. Bien que l’IEP soit à mon avis une école élitiste, et que malgré tout elle reste fermée à un grand nombre de personnes issus de classes modestes, il faut savoir nuancer. Je ne suis pas issue de la classe bourgeoise, et pour cause, ma mère est demandeur d’emploi (ça c’est pour le politiquement correct, sinon on dit chômeuse !), et sans les bourses, je n’aurais pas fait d’études. Simplement, avec du travail, et de la chance aussi, j’ai pu rentrer dans cette école. Malgré l’élitisme, j’ai gardé mes convictions communistes, j’ai manifesté contre la LRU, je suis entourée d’étudiants à la fac que je trouve tout aussi intéressants, je n’envisage pas une carrière politicienne, et je résiste au bourrage de crâne…
    Même si Sciences Po sonne comme une insulte à ceux qui savent qu’ils n’auront jamais l’occasion d’y entrer, espérons que dans tous ceux qui en sortent, il y en aura qui défendront l’égalité des chances, la justice sociale et l’Ecole républicaine…
    Il ne faut pas mettre tous les IEPiens dans le même sac. S’il est vrai qu’il y a des ultras-libéraux, des abrutis, des bourgeois, des prétentieux, des riches, des sarkozystes, des monarchistes (comme ailleurs !), il y a aussi des gens très bien (comme ailleurs !)
    En tout cas, pour lutter contre l’élitisme et réveiller la lutte des classes (!), ce n’est pas en se tirant dans les pattes qu’on y arrivera, c’est au contraire en prenant les bonnes idées de partout, et il y en a aussi à l’IEP !

  • Le 2 janvier 2008 à 19:51

    vive la finesse ! effectivement les boursiers ne sont pas en majorité à l’iep, il n’empêche que ça ne sert à rien de dénigrer de façon si peu constructive. je suis étudiante à l’iep et je viens pourtant d’un milieu loin d’être bourgeois, quant à un engagement pseudo écolo socialiste tendance révolutionnaire parce que je suis jeune mais plus tard je voterai à droite... c’est pas trop le genre de la maison même s’il y en a, comme dans bien d’autres endroits d’ailleurs !

  • Le 25 octobre 2007 à 14:31, par Un sardon

    Sur le dressage par Sciences Po des otaries savantes de la bourgeoisie, c’est à dire sur la construction sociale des vermiceaux boutonneux au service du capital (qui tue dans d’atroces souffrances), lire les textes de Pierre Bourdieu et Luc Boltanski, "La production de l’idéologie dominante", Actes de la recherche en sciences sociales (n° 2-3, 1976) et le livre d’Alain Garrigou, Les élites contre la république : Sciences-po et l’ENA (La découverte, 2001). La sélection sociale dans l’incubateur de vers à soie du PPA est drastique. Sciences Po, « s’est encore embourgeoisé depuis dix ans » : de 1987-1988 à 1997-1998, la part des enfants d’ouvriers est passée de 1,5% à 1% (contre 27% dans la population active française), celle des employés de 2,5% à 2% (30%), tandis que le sous-total des enfants de classes supérieures passait de 77 à 81,5% (Source : Alain Garrigou, Les Élites contre la République, La Découverte, 2001, p.148).

    D’ailleurs Laurence Parisot, présidente du MEDEF, a exprimé sa gratitude à l’égard de la célébre école des larves officielles : "Je suis absolument persuadée que beaucoup, dans ma façon de faire aujourd’hui, dépend de ce que j’ai appris à Sciences Po. Je crois que ma rigueur, ma méthode detravail, la façon dont je fais travailler mes collaboreateurs et mes équipes sont directement issues de ce que j’ai appris à Sciences Po" (Laurence Parisot, Rue Saint-Guillaume, n°142, mars 2006, p. 15).

    Faut-il rappeller que Richard Descoings, le patron de Sciences Po a décroché la Laisse d’or en juin 2007 ? "Avec de la volonté, on peut relancer l’ascenseur social. Pourvu que chacun accepte de ne pas rester chez soi, pour soi, sur son quant-à-soi", professe t-il. Il donne l’exemple : fin 2004, il sort de chez lui pour rejoindre l’équipe de l’ex-patron du FMI Michel Camdessus, chargée de "réfléchir à une nouvelle croissance pour la France". Puis il prend l’ascenseur social avec Luc Ferry, qui lui offre la Légion d’honneur. Entre deux diners au Siècle, le club de la discrimination ultrachic (Minc, Joffrin, Seillère, ...), le dandy romantique court soutenir le "oui" à un meeting de l’UMP (1) avec Nicolas Sarkozy et Michel field. Après quoi il s’engouffre au Conseil pour la diffusion de la culture économique (Codice), créé par Thierry Breton pour "réconcilier les Français avec l’économie". En mai 2007, enfin, Descoings rentre chez lui. Il attend un coup de fil. Membre de Diagonale, la secte des "sarkozystes de gauche", il espère figurer dans le monte-charge social du gouvernement Fillon. Mais la déception a été cuisante. Compatissant, Le Plan B lui a accordé une deuxième chance : une laisse d’or en sautoir.

    (1) Le 12 mai 2005, Richard Descoings participait à un grand meeting (avec le PDG de Sanofi-Aventis, le fondateur d’Endémol, et arnaud Lagardère) pour soutenir Nicolas Sarkozy, l’UMP et le "Oui" au réferendum. Le gouvernement Raffarin était presque au complet. Déjà en février Sciences Po avait invité Condoleeza Rice à répondre à des questions visées à l’avance par l’ambassade des Etats-unis. Assurément, le contre-pouvoir qui naîtra de l’usine à larves dirigée par Richard Descoings sera plus redoutable encore que l’actuel.

  • Le 9 octobre 2007 à 20:19

    Juste euh...je réagis à ce que tu dis là...je suis rentrée à l’IEP sans aucune prépa, juste en bossant un peu plus que les autres. Et je peux t’assurer qu’on est beaucoup dans ce cas. Seulement, on le dit pas. Parcequ’au fond, on se dit que c’est normal.

    Mais je refuse que tu puisses dire ça.

  • Le 7 octobre 2007 à 20:20

    Non mais alors là, on atteint des sommets... Personne ne t’oblige à passer le concours si tu considères que l’IEP est une « école pourrie de formatage » grand bien te fasse ! Personne ne t’oblige à passer les concours, mais maintenant, accepte que ceux qui les passent et qui les ont le fassent tranquillement. Est ce que les gens qui n’ont pas le bac viennent te reprocher d’être un « fainéant de la fac » ?
    Enfin, si tu ressens le besoin de nous exprimer la pensée unique de l’anarcho primaire libre à toi, il n’empêche que ça n’élève pas le débat. Mais bon, je suppose que tu pèches par trop de fainéantise...

  • Le 1er octobre 2007 à 22:25

    J’en ai marre de tous ces gens qui pensent qu’à sciences po il n’y a que de bourges pourris gâtés ! vs croyez quoi, qu’on est tous fils de diplomates et qu’on roule sur l’or ??? et bien non mes chers amis, sans nier que se développe à sciences po une mentalité à laquelle je suis loin de tjs adhérer, parmi tous ces péteux que vous décrivez si bien, il y a aussi énormément de gens normaux, qui ont bossé sérieusement pour avoir une école qu’ils pensent au fond intéressante, et qui galèrent comme n’importe quel trou du cul pr payer leurs études, en faisant des petits jobs, en ne voyant jms leur famille ou amis pcq ils n’ont les moyens de rentrer chez eux que 4 fois dans l’année, qui ne peuvent pas faire de super stages pcq l’été doivent bosser pr gagner 3ronds, qui n’ont pas de quoi se payer une pinte même une seule fois par semaine, et qui ont des parents qui sont tt autant partis de rien et n’ont pas de résidence secondaire sur la côte, ou qui ont une mère qui vit ds un hlm !

    Alors ça suffit de cataloguer les gens comme ça.. même si la majorité n’est pas à plaindre, il y a aussi des gens à Sciences po qui savent exactement ce que c’est de galérer et de ne pas savoir cmt finir le mois prochain, même en vivant trés simplement et ne faisant super gaffe.

    Alors le cliché « weekend sur la côte et champagne », je suis désolée, mais NON.

  • Le 30 septembre 2007 à 21:49

    alors je suis fier d’être un féniant de la fac qui s’est pas bougé le cul pour être dans une école pourie de formatage vers la pensée unique requise pour dirigée...

    heureux de pas avoir mérité ça, mon garc

  • Le 27 septembre 2007 à 23:52, par Nietzsche

    Vive le nivellement par le bas !
    Vive la société égalitariste où tout sujet essayant de se démarquer devient suspect !
    Vive la jalousie !
    Vive l’autodestruction !

  • Le 27 septembre 2007 à 12:03, par Xavier FC

    Wow, une chose est sûr : ça va changer les choses !
    Heureusement que y’a des actifs pour changer le monde : prenez-en de la graîne, bourgeois !
    Erg...

  • Le 27 septembre 2007 à 08:19

    Critiquer ou être critique ? C’est plutôt cette nuance à laquelle je pensais. Je n’ai pas la prétention de savoir ce que je dis, et encore moins d’avoir raison. Je conviens que ce que j’ai pu dire peut être vu comme… "facile"... Mais de là à dire que ce n’est pas faire preuve de distance critique... Je le prendrais presque mal, matraqué dans la douce conviction que l’esprit critique à la Française ferais de moi un citoyen meilleur.
    C’est sûr, dès que l’on ne définit pas clairement son camp, on n’est pas bien courageux, disons au mieux, lâche.

    Et je reconnais aussi que "fac de bobos", entre autres, était mal choisit, si pour autant j’avais ainsi exprimé mon opinion. J’essayais juste de schématiser, primairement certes, l’échange d’idées auxquelles on nous donne le droit de prendre part. Ou du moins, ce qui se semble se traduire dans les discours qui gravitant depuis quelques temps autour de ces peintures rupestres. Ma schématisation était schématique. Ce n’est quand même pas de pot. Mais il faut pourtant bien parler, il faut pourtant bien prendre parti, et sans ces schématisations c’est bien difficile, n’est-ce pas ? L’absence de distance critique ça va bien deux minutes, comme tu le dis si bien. Alors allons-y, reprenons la partie, prenons parti, tant qu’on est critique !

    Je pourrais te reprocher la même schématisation, voire la même absence de distance critique, mais au fond, le fait est que je n’en sais rien. C’est peut-être un mal nécessaire.

    Cette remarque approximative sur "les pauvres", devant lesquels ma posture devrait m’amener à faire "bof" en ruminant des lieux communs, je ne comprends pas trop. D’une certaine manière, j’ai l’impression tu m’inclues dans cette échange basique, de prise de positions nécessaires, et si je dénonce les agissements des "peintres", c’est forcément que je suis de l’autre bord, et donc méprisant, du moins quelque chose l’approchant. J’avais oublié de me classer quelque part, heureusement tu t’en charges pour moi, merci. Une fois de plus je ne vois pas trop où j’ai dit que tout était cool et que tout allais pour le mieux. Et c’est là le « drame ». Si je ne prends pas position clairement, en plus de ne pas être critique, cela veut dire que je suis un passif néo-con avec une bonne paire de doigts coincé quelque part en-dessous de la ceinture.

    Evidemment, il faut se faire une opinion, et même prendre parti, à défaut d’avoir le siens. Je joue sur les mots, mais c’est sentiment qu’une prise de position est nécessaire, dont j’essayais de critiquer la posture. J’avoue que ce n’était peut-être pas clair au premier abord. En quoi sommes-nous « critique » à cet instant ? En quoi formons-nous nos opinions au-delà de celle qu’on nous donne ? J’ai souvent l’impression que l’illusion est trop parfaite, c’est dur de ne pas croire que je suis critique, pourtant c’est le cas, car devant un fait divers comme le peinturlurage d’un iep je me retrouve à gesticuler dans une cage, celle d’un discours ou d’un contre-discours. Parlons d’instruments de domination, cette articulation forme peut-être la plus dangereuse. Je ne sais pas. Mais ce n’est pas, à mon avis, être critique.

  • Le 26 septembre 2007 à 16:53

    Bon bah ça discute ferme à propos de cette guerre des murs (déjà nettoyés) !

    D’abord on peut dire que ces attaques physiques contre l’IEP étaient intéressantes car elles ont brisé une certaine monotonie de rentrée. Indépendamment de la vérité des dénonciations, le fait d’intervenir dans le monde social tristement normalisé, sur ces murs aseptisés, est déjà une action politique positive qui nous intéresse. La preuve, cela a amené des gens de l’iep à réfléchir (un peu), à s’interroger sur ces attaques, à en discuter, ne serait-ce qu’ici.

    Ensuite, il n’y a pas lieu de polémiquer pour savoir si l’IEP est élististe. Il est évident que les gens recrutés dans les IEP appartiennent essentiellement aux classes moyennes supérieures et supérieures. Comme il s’agit d’un IEP de province, l’élitisme est moins fort et explicite qu’à Paris, mais la donne reste la même. Evidemment que tous les parents des IEPiens ne paient pas l’impôt sur la grande fortune... Mais ce qui importe c’est d’identifier la possession d’un fort capital culturel légitime. C’est toute la démonstration de Bourdieu : la reproduction sociale ne fonctionne pas uniquement sur des bases économiques. La chose est bien plus subtile que le niveau de revenus. L’IEP est élitiste dans le sens où il reproduit les violences légitimistes dans ses critères de sélection et de formation. Lorsqu’un pauvre parvient à rentrer, ce n’est que parce qu’il a intériorisé les façons de faire (de dire, d’écrire, de se tenir, de se vêtir...) et les codes (LA culture, comme s’il n’en existait qu’une qui soit vraiment intéressante) des dominants, lesquels le félicitent (très sincèrement parfois) de sa docilité avec une petite bourse bienveillante (à différents âges de la vie d’élève), et se flattent de vivre dans une vraie démocratie, où « quand on veut on peut ».

    Voici pour le recrutement. Ensuite, les IEPiens appartiennent aussi aux élites dans la suite de leurs trajectoires sociales. La plupart rentrent dans l’administration, beaucoup d’autres se reconvertissent dans le commerce, voire les activités culturelles pour les plus funky. Dans ces cas les plus courants, ils deviennent eux-mêmes des acteurs directs de la domination. Ceux qui ont gardé un certain sens critique et éthique tenteront de bosser dans des ONG. Très peu en tout cas ont des trajectoires radicalement dissidentes. De fait il est très difficile de s’opposer aux structures sociales qui nous construisent...

    En tout cas, l’IEP appartient bien au monde de la domination.

    Ce qui n’empêche pas, évidemment, de trouver des gens très intéressants dans cette institution, profs ou étudiants - et s’ils sont intéressants, ils seront d’accord pour dire qu’en cas de révolte sociale par exemple, l’IEP est un lieu qu’il serait tout à fait pertinent d’incendier, pour ce qu’il représente symboliquement (tout comme l’ENS qui peut par ailleurs mener des recherches très intéressantes, là n’est pas la question). De même, si des jeunes des quartiers délabrés, s’en prennent à un étudiant comme moi en m’attaquant ,

    Pour ceux qui s’intéressent à la pensée de la reproduction sociale, je renvoie au livre fondateur de P. Bourdieu et JC Passeron : « Les héritiers. Les étudiants et la culture. »
    Cet ouvrage date de 1964. D’une toute autre façon que les graffiti qui ont égayé cette rentrée, ce fut aussi un pavé dans la vitrine démocratique.

  • Le 26 septembre 2007 à 13:22, par louis

    L’IEP de Lyon ne fabrique absolument pas des élites. Pour avoir été à la fois à la fac et à l’IEP, je peux dire que les cours sont dans l’ensemble comparables ; les professeurs qui assurent les cours sont de toutes sensibilités et ne maintiennent en rien un sentiment d’élitisme, pas plus qu’à l’Université. En outre, je rappelle que les frais de scolarité en IEP (300 à 400 euros) sont ridicules comparés aux 6000 à 8000 euros demandés en Ecoles de Commerce.

  • Le 25 septembre 2007 à 20:43

    Donc prendre position, critiquer quelque chose, ou l’apprécier, c’est faire preuve d’une prétention stérile ? C’est vrai, tout est bien, tout est cool, soyons pas prétentieux. Il y a des pauvres sur terre ? Bof, ne faisons pas de jugement de valeur...
    Tu dois être sympa dans la vraie vie, mais les lieux communs et l’absence de distance critique, ça lasse vite.
    Surtout quand on parle, par exemple, de « fac de bobos »... expression Ô combien inquisitrice. Enfin, c’est bien, l’UNI va pouvoir montrer qu’elle soutient les étudiants fauchés (par rapport à d’autres grandes écoles, écoles de commerce en tête) de l’IEP de Lyon.
    Heureusement pour nous, Métro ce matin disait que ce serait le fait d’étudiant(s) aigris par le fait d’avoir redoublé, ce qui en IEP constitue un véritable exploit, à moins de prendre grand soin de sécher méthodiquement tous les cours.

  • Le 25 septembre 2007 à 14:00, par clem

    voila, je suis étudiant à l’iep, et j’ai quelques mots à ajouter à tout ce qui a été déjà dit.

    tout d’abord un petit bilan de cette action : plus de 28 000 euros de dégats. L’Etat étant son propre assureur, cet argent sera directement ponctionné sur un budget qui aurait pu trouver une autre utilité... dommage.

    ensuite pour ce qui concerne les accusations d’élitisme, oui l’iep comporte un concours d’entrée, mais le principe du concours est un principe républicain institué pour mettre fin aux privilèges des nobles et permettre de choisir les personnes les plus aptes à étudier ou occuper un poste à responsabilité. Si vous préférez une discrimination ouverte libre à vous... en tout cas sachez que certains étudiants dont je fait partis ne sont pas les nantis que vous décrivez, nous sortons des classes moyenne ou populaire (je viens moi même d’un collège de ZEP du 93) pour part d’entre nous non négligeable(25 pr cent de boursiers). nous nous engageons dans et à l’extérieur de l’iep pour rétablir une égalité des chances que je reconnais étre mal en point., et notre travail est saboté par ce genre d’acte inconstructif et stérile (sauf peut étre pour votre casier judiciaire ce qui vous serait fort dommageable).

    je tiens aussi à faire remarquer qu’en faisant cela vous avez offert un boulevard à l’UNI qui s’est fait l’avocat de l’iep dans 20 minutes (court circuitant ainsi la direction et les asos étudiantes qui n’ont pas souhaité s’exprimer pour ne pas donner une médiatisation à ce genre d’acte) alors même qu’ils n’y sont plus présent à ma connaissance.

    ensuite le lien avec l’assos des anciens élèves est carrément frauduleux, ce n’est pas l’assos proproment dite des anciens élèves de l’iep de lyon. ensuite pour la théorie du complot, elle a toujours été l’instrument des mouvements les plus sectaires et les moins constructifs, menant parfois à des dérives très poussées (comme l’antisémitisme). La plupart des étudiants de l’iep en sortent pour passer les concours de la fonction publique ou travailler dans le privé sans avoir jamais adhéré à un parti politique.

    voilà l’essentiel.

  • Le 25 septembre 2007 à 13:17

    Vandalisme ? Désobéissance civile ? Rigolos ? Irresponsables ? Irrespectueux ? Révolutionnaires ?

    De nombreux mots, de nombreux concepts qui valdinguent d’un bord à l’autre, chahutés par le tangage des crânes de bois dont les roulements se fracassent futilement sur les récifs d’idéaux.

    Beaucoup de mots, tapés à même les vitres, à même les claviers. Une recette qui se ressemble pourtant de partout : de l’indignation, de la rancœur, de la haine, de l’amusement, du cynisme un peu aussi, quelques couches de railleries et une bonne louche de prétention. Différentes épices personnelles rehaussent le goût, du vécu de chacun et de son petit bout de point du vu, la sauce prend enfin pour garantir la stérilité des aperçus.

    Cette prétention est bien ce que l’on partage le plus. Chacun d’entre-nous expose sa part d’égo contre ceux ou celles qui seraient, au mieux, des salauds. Des salauds assis bien au chaud sur les bancs d’une fac de bobos ou des salauds cachés bien au chaud derrière quelques petits gribouillis puérils coiffés de grands mots.

    On se reproche la bêtise, ou se la renvoie, point par point, comme si le match absurde de l’opinion devrait élire un vainqueur, le juste, celui qui « a raison ». Alors on conspue, tout d’abord, l’élitisme d’une école, ses étudiants favorisés et dociles, plus à plaindre qu’à blâmer tant les professeurs hypocrites les manipulent de leur conservatisme virulent. Hypocrisie culotée qui s’autorise un assainissement d’image sous les couches populaires d’une intégration des « humbles » par des partenariats de charité avec des lycées défavorisés. Et de l’autre côté on s’élève contre la superficialité déprimante de quelques graffitis maladroits et dégradations ridicules qui seraient sensées secouer la sclérose d’une méritocratie corrompue.
    On crie à la bêtise ou au génie, on parle même de désobéissance civile, finissant d’achever le pauvre Thoreau pourtant déjà bien desséché. Belle révolution que ces quelques crachats de peintures vomis sans audace sur les façades d’un bâtiment pourtant peu responsable de ce qui se passe entre ses fades murs. Belle désobéissance civile que ces flammèches et ces éclats de verre, si belle désobéissance que je me demande encore où elle à pu passer, comme évaporée dans ces volutes de fumées, amères. Il n’y a ni « désobéissance », ni même de « civile », il n’y a pas plus de révolution et encore moins d’effets.
    Quels effets pour quelles actions ? C’est ce que devraient se demander ceux qui ont peint. C’est ce que devraient se demander ceux qui se sont plains.

    Quelle blague !
    Mais est-ce drôle ? Drôlement triste ? Tristement drôle ? Ou bien, juste triste ?

    C’est dans ses moments là qu’on se dit que l’on devrait creuser un peu plus en direction des énergies alternatives qui reposeraient sur le brassage d’air. C’est encore, ici-bas, ce qu’on sait le mieux faire.

  • Le 25 septembre 2007 à 10:58

    les messages ne sont pas tous tournés vers l’iep, bien qu’il est risible de vouloir faire croire que l’iep n’est pas élitiste. Qui peut se payer les formations privé pour rentré en 1re année a plus de 500 euro, ou des prof particulier tout le long de leur scolarité ! un peu d’honnêteté !
    Nous ne somme pas égaux face au système, et c’est un manque odieux de décence de le faire croire !
    De plus un appel à la réflection et à une prise de conscience de la politique qui se déroule sous nos yeux ne peux faire de mal. Ouvrons les yeux sur les vrais problèmes qui fragilisent en se moment même la démocratie. Il y un danger, a laisser nos intérêts prendre la place de notre humanité, a vous de l’assumer !

    M G J

  • Le 24 septembre 2007 à 12:16, par Maxime B.

    Je voulais juste dire que le premier pochoir « Free Hugs » n’avait absolument rien à voir avec les autres tags et graffitis qui sont apparus quelques jours après... pour la simple raison que je connais très bien les auteurs du « Free Hugs », et qu’ils ont rendu là un hommage personnel à un de leurs camarades...

  • Le 24 septembre 2007 à 10:59

    Un grand merci aux imbéciles qui ne trouvent rien de mieux à faire pour réformer un système que de dégrader du matériel, pas de doute, c’est la solution !

    Pour info, certains voient Sciences Po comme une possibilité d’ascension sociale et se sont bougés comme des dingues pour l’intégrer. C’est une réaction primaire que d’imaginer que tous les IEPiens sont des bourgeois sarkozystes, méprisants et inconscients.

    Doit-on vous rappeler qu’on était dans les rues comme tout le monde contre le CPE ? L’IEP est élitiste, l’IEP regarde le « bas-monde » de haut, l’IEP pète plus haut que son cul ? C’est le monde à l’envers, car dans l’histoire, c’est ceux qui se sont bougés pour y entrer, ceux qui ont fourni le plus d’efforts, ceux qui n’y étaient pas « prédestinés » et qui n’ont rien de singes en cage, n’en déplaise à certains, qui sont insultés. Une fois de plus.

  • Le 23 septembre 2007 à 22:54

    ces personnes ont elles seulement pris du recul face à l’établissement ?
    Assez des gens qui C.R.A.S.S dans la soupe !

  • Le 23 septembre 2007 à 21:31

    Tout à fait. Mais peut-être auriez-vous dû fréquenter un peu plus l\\’enseignement supérieur. Peut-être sauriez-vous écrire le français (\\« jouailleux\ »...). Peut-être sauriez-vous aussi que raisonner à partir d\\’un exemple n\\’a pas grande valeur. Peut-être enfin et surtout vous vous seriez rendu compte qu\\’il n\\’y avait pas plus de raison de s\\’en prendre à l\\’IEP de Lyon qu\\’aux universités ou écoles de commerce ou d\\’ingénieur en tout genre. Mais bon, le fait de s\\’en prendre à un Institut d\\’Etudes POLITIQUES, ça fait vachement mieux dans les conversations de salon. Putain, c\\’est ça le Grand Soir... Manque de chance, l\\’IEP de Lyon est vraiment loin d\\’être ce qu\\’il y a de pire à Lyon.

    Enfin, je crois que si vous ne parvenez pas à former votre esprit critique parce que vous faites des études (bouhhhhhh !), même en IEP, c\\’est que vos convictions pourraient être plus solides. M\\’enfin, l\\’anti-intellectualisme primaire, c\\’est pratique pour avoir toujours raison à bon compte. Et c\\’est intellectuellement courageux de vouloir cramer ce qui représente les avis divergents.

    Bon, néanmoins, bon lien sur \\« l\\’égalité des chances\ » de notre belle République que semble tant aimer notre cher ami C.N.

  • Le 23 septembre 2007 à 16:41, par SiiL

    Mon Dieu, non, vivent les études, comme toujours, c’est bien connu, ça forge l’esprit critique, qui dira le contraire n’est-ce-pas. Oui, un peu d’ironie, oui... ça fera toujours moins de mal que le bourrage de crâne imposé dans ces iNstiTuts, qui forment, ne l’oublions pas, les futurs candidats à l’ENA et aux plus hauts postes admiNistraTifs...

    Rien qu’un petit lien pour bien se faire prendre la température :
    http://www.anciens-iep.net/Club-Affaires-Paris-Le-13-juin.html

    Un exemple sorti de son contexte, oui, oui...
    A noter que les titres des « cOnférences » précédentes sont du même accabit. Ben c’est pas jouailleux hein.

    D’autre part, puisqu’on met sur le tapis « l’ouverture » et l« égalité des chances », bien en vue sur le site des IEP, et ailleurs, profitons-en pour rappeller que l’« égalité des chances » n’est pas l’« égalité », et permet de justifier... l’inégalité.
    Un texte parmi d’autres (Les Mots sont Importants, paru aussi dans le Diplo de Sept. 2000)

    http://lmsi.net/article.php3?id_article=536

    A+

  • Le 23 septembre 2007 à 00:07, par C. N.

    En toute franchise, cette action ne vous grandit pas...
    Si vous aviez pris un peu de recul par rapport au nom « d’Institut d’Etudes Politiques », vous vous seriez aperçu que l’IEP de Lyon ne forme pas la classe politique, contrairement à ce que son nom indique, ou de façon extrêmement marginale. C’est l’apanage d’autres écoles. De plus, il ne forme pas plus les « élites » que bon nombre d’établissements de la région.
    Enfin, l’élitisme si subtilement dénoncé n’a guère cours dans cette école. Les auteurs semblent donc s’en prendre aux étudiants et au corps enseignant, simplement parce que les premiers ont réussi un concours sanctionnant simplement une bonne scolarité, et non une adhésion à des idées réactionnaires et antisociales. A quand l’apologie de l’échec scolaire ?

    Je ne vois pas non plus où se situe la désobéissance civile, à moins que vous ne souhaitiez vous en prendre à tout fonctionnaire, professeur, agent culturel issu de cette école.

    Ensuite, la critique (le procès d’intention ?) fait aux étudiants laisse à sourire : évidemment, ils ne font que profiter de leurs privilèges (lesquels ? celui de faire des études ?) sans jamais se révolter contre l’ordre social, mais c’est évidemment en barbouillant courageusement des murs que les choses avancent...

    Je tiens à réagir au dernier commentateur, qui semble faire allusion à la procédure de discrimination positive mise en place à Sciences Po Paris : non, les étudiants issus des quartiers populaires n’y sont pas des singes en cage.
    Enfin, le « vaste réseau » des élèves d’IEP qu’invoque cette même personne est une monumentale absurdité, vu le peu de cohésion entre les élèves. Cette emprunt à une théorie du complot quelconque rappelle quelque peu le discours d’un certain borgne, pour se limiter au paysage politique contemporain...

    Dommage, exhiber ce genre d’action décrédibilise le militantisme sérieux et intelligent fait par ailleurs....

  • Le 21 septembre 2007 à 18:10, par OUssama

    Franchement, bravo aux rigolos qui ose profaner ce type d’établissement ; pour moi c’est de la désobéissance civile !!!! dites vous bien qu’hormis quelques singes en cage exposés dans les promotions pour montrer le pseudo pluralisme social des Iep, la grande majorité sont issus de la bourgeoisie et des classes aisés...
    Ils régissent le monde selon les avantages qu’ils en tirent et forment un vaste réseau qui entend imposer ses idées. Beaucoup de conservatisme malgré des pseudos partisans d’idées de gôche écolo-libéro à tendance dandyste

    "Putain, c’est la merde, vraiment c’est la misère... C’est pas grave la semaine prochaine on part sur la côte, reprend du champagne dixit les sciences Supo

  • Le 21 septembre 2007 à 13:41

    « Mort au Bloom », c’est une référence à la pensée de Tiqqun, si je ne m’abuse.

  • Le 21 septembre 2007 à 12:41

    euh... « mort au bloom », je pense que ça fait plutôt réfénrence à tiqqun, mais bon...

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