Le Progrès, Lyon Capitale et mLyon bidouillent les chiffres de la manif du 2 juin

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Loi travail

On a l’habitude que les chiffres des participant.es à des manifestations fassent systématiquement un grand écart entre les chiffres de la police et ceux des organisateurs et qu’en fonction des intérêts qu’ils servent les médias mettent en avant l’un ou l’autre des chiffres mais globalement, même sur BFM TV, les deux chiffres sont toujours donnés.

Pourtant, jeudi 2 juin, si la presse locale s’est largement faite l’écho de la venue du ministre Macron ainsi que de la contre manifestation organisée pour sa venue, une rapide revue de presse pose question sur la notion de ce que veut dire faire du journalisme pour Le Progrès et Lyon Capitale.

France 3 Rhône-Alpes, LyonMag, 20 minutes et Rue89Lyon s’accordent à dire que la CGT a annoncé 5 000 personnes alors que la préfecture en a dénombré 1 300. Cependant...

- A la lecture de mLyon, on lit une info étrange, car il est écrit entre 400 et plusieurs milliers de (selon les organisateurs). Il y a clairement un souci car d’où vient ce chiffre de 400 personnes ? Les autres médias ayant écrit que le chiffre de la préf était de 1300. De même dire plusieurs milliers au lieu de 5000 est une déformation voulu de la réalité.

- Chez LyonCapitale, on lit une phrase encore plus étrange : ils étaient plus de 400, selon la préfecture. Le titre est d’ailleurs clair "Plus de 400 manifestants ont “accueilli” Emmanuel Macron à Lyon". Mais pourquoi donc les autres journaux n’ont pas parlé de ce chiffre ? Qui dit vrai ? Et surtout pire que mLyon, pourquoi le chiffre donné par les organisateurs et les organisatrices n’est pas mentionné ?

- Le Progrès est le grand gagnant de la journée en minimisant carrément cet étrange chiffre de la préfecture et écrit : environ 300 personnes arborant des banderoles de l’intersyndicale CGT-FO et SUD se sont réunies dès 9 heures. Ok peut être qu’à 9H00 il y avait effectivement 300 personnes, mais l’article a été mis à jour plusieurs fois, des vidéos ajoutées, et le seul autre chiffre donné est dans un autre article tout à la fin de la journée qui dit : "Devant l’Hôtel de Ville, quelques dizaines de jeunes manifestaient leur désaccord avec les idées jugées libérales du ministre". Ces chiffres, les deux fois, sortent de nulle part, le journaliste n’écrit pas si c’est lui qui a compté, si on lui a donné, si il les a lu sur twitter... et surtout en ne donnant que les chiffres extrêmes du début et de la fin de la manifestation, il s’agit bien là d’une mauvaise fois manifeste.

Sans rentrer dans une critique profonde des médias et de leurs liens avec le monde des affaires, ni même de comment est traitée l’information avec des mots valise vides de sens comme "casseur" ou "prise d’otage", on aimerait que la base minimum de déontologie soit respectée.

Le projet de code déontologique rédigé en 2009 lors des Assises du Journalisme de 2009 nous dit pourtant :

Le journaliste a pour fonction de rechercher, pour le public, des informations, de les vérifier, de les situer dans un contexte, de les hiérarchiser, de les mettre en forme, et éventuellement de les commenter, afin de les diffuser, sous toute forme et sur tout support.

Voila ce n’est pas grand chose, mais même sur ça, les journalistes du Progrès et de Lyon Capitale s’assoient allégrement dessus, ne serait-il pas plus simple en faite et plus sérieux de directement fusionner leurs journaux avec Civique Magazine, le journal interne de la préfecture ?

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