Les étudiant-e-s britanniques se défendent…

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Sur « la Journée X4 », les réformes universitaires au Royaume-Uni et comment tout le monde est concerné ; le rapport entre des universités et des dictatures et le succès d’une occupation au LSE.

Le jeudi 24 février 2011 a été une journée très chargée en Angleterre, désormais nommée « La Journée X4 ». Les président-e-s d’université se sont rencontrés à Londres pour planifier la mise en application des réformes proposés par le gouvernement de coalition. Ces réformes, juste en ce qui concerne l’accès aux études supérieures, vont transformer notre système d’éducation actuel en une véritable lutte pour une place à l’université.

Cette année est la dernière fois que l’on peut poser nos candidatures pour obtenir une place dans un cours/cursus universitaire si l’on ne veut pas (dans la majorité des cas voire on ne peut pas) payer 9 000 livres par an. En outre, il y a 10 000 places de moins depuis l’année dernière, suite à une décision par le gouvernement de coalition de réduire de moitié l’augmentation du nombre de places auparavant projeté par Labour(1).

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« Notre Lutte est VOTRE lutte ! »
photo par rikki (voir P.-S. b)

Cependant, ce ne sont pas juste les étudiant-e-s qui vont souffrir. L’organisation « Universities UK », dont les président-e-s font partie, a aussi attaqué la sécurité de l’emploi de la plupart des employé-e-s des universités, ainsi que leur salaire et leur retraite(2). De plus, ce sont les diplômé-e-s qui ne pourront pas faire leurs premiers pas sur le marché immobilier en tant qu’acheteur, et c’est le bas de l’échelle qui soutient le marché immobilier. C’est-à-dire que tout le monde est concerné.

Mais ce n’est pas du tout le plus inquiétant. Récemment, on a découvert que plusieurs universités britanniques sont liées à des dictatures partout dans le monde, notamment en Libye, en Egypte et en Tunisie.

Les dirigeants de « University College London », « Imperial College » et « Bangor University » se sont joints à David Cameron, Premier ministre, alors qu’il fait le circuit du Moyen-Orient pour promouvoir la vente des armes aux régimes les plus agressifs du monde. Un nombre d’universités britanniques ont également des actions auprès de fabricants d’armes.

Voilà le côté le plus foncé du néolibéralisme dans les études supérieures. Nos universités doivent « diversifier leurs moyens de trouver des financements », c’est-à-dire, accepter de l’argent de quiconque l’offre, des dictatures aux trafiquants d’armes, sans se soucier du coût humain.

« The London School of Economics Centre for Global Governance » (LSE) avait accepté un don de 1,5 million de livres de Muammar Gaddafi, le symbole de la dictature assassine en Libye. A l’heure où nous mettons sous presse, des étudiant-e-s ont terminé avec succès l’occupation de la salle commune de leur université dans le but de demander le renvoi du prix-du-sang au peuple libyen(3). En d’autres termes, le directeur de LSE a accepté de tout d’abord refuser le reliquat (1,2 million de livres) mais aussi de créer avec l’argent déjà accepté (jusqu’à ici l’université a reçu 300 000 livres) des bourses d’études pour des étudiant-e-s libyens défavorisés(4).

Coûte que coûte, il faut se défendre contre ces réformes. Il faut tenir tête aux gouvernements qui prêchent un besoin pour la foule de prendre en charge une dette qui n’appartient pas à elle mais aux banquiers. Il faut surtout prendre la défense des tyrannisé-e-s, des abattu-e-s, voire -des autres- qui ont besoin de soutien de partout dans le monde. C’est à nous de réagir et d’agir.

Bravo aux occupant-e-s de LSE et de tous les universités au Royaume-Uni qui font ce qu’illes peuvent. Nous faisons appel aux autres étudiant-e-s et employé-e-s des universités de faire de même.
Gardons à l’esprit que plus nous montrons que nous luttons, plus les autres ne vont pas se sentir seuls, et plus ils vont trouver le courage de mener eux-mêmes la lutte contre l’injustice et l’inégalité.

« Etre une conscience c’est s’éclater vers le monde. »(5)

La Britannique

P.-S.

(1) ang ‘The Independent’ Record numbers apply for university places

(2) ang ‘Education Activist Network’ No fees, no cuts, no blood money

(3) ang ‘Education Activist Network’ No fees, No cuts, no deals with dictators

(4) angLSE Student Union’ Student Occupation over LSE’s links to Libya ends

(5) Jean-Paul Sartre, Etre et le néant, p. 246

En addition :

a) ang Un clip vidéo de Adynkrah « ConDemtion » (un jeu de mots entre « condamnation » et le sobriquet “ConDem” pour le gouvernement de coalition « Conservative-Liberal Democrats »)

b) ang London Indymedia (A network of individuals, independent and alternative media activists and organisations, offering grassroots, non-corporate, non-commercial coverage of important social and political issues)

c) ang The Education Activist Network

d) ang National Campaign Against Fees and Cuts

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  • Le 7 mars 2011 à 00:47, par Amy la Rousse

    Correction : LSE avait accepté un don de 1,5 mil­lion de livres de Saif al-Islam Muammar al-Gaddafi (et non pas Muammar Gaddafi)

  • Le 26 février 2011 à 19:24, par La Britannique

    Pour votre information : 1,5 million de livres cela fait 1 780 000 euros.

    fr Un autre article sur le lien entre LSE et Gaddafi

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