Mais qui sont les nouveaux chiens de garde du pouvoir à la Guillotière ?

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Depuis plusieurs mois, une association se nommant « La Guillotière en colère » clame sur tous les toits son mépris de la population du quartier. Mobilisé.es en réaction aux démonstrations de joie lors de la Coupe d’Afrique des Nations et aux manifestations sociales des Gilets Jaunes dans le quartier, ces riverain.es étendent également leurs critiques aux modes de vie des habitant.es de la Guillotière. Cette association dénonce notamment l’insalubrité et un certain nombre de pratiques jugées non conformes à leur vision, pour faire du quartier un lieu épuré où seul.es leurs semblables seraient autorisé.es. D’après leurs dires, la Guillotière serait une « zone de non-droit ».
Vivons-nous réellement dans le même quartier ?

Sous couvert de vouloir améliorer la vie des habitant.es de la Guillotière, cette association veut transformer le quartier et l’aseptiser en excluant les personnes issu.es des classes populaires.

Cette vision sécuritaire n’est qu’une certaine idée du maintien de l’ordre social établi. Le quartier est déjà largement saturé d’une présence policière qui ne cesse de croître, que ce soit en patrouilles ou via la vidéosurveillance (et, bientôt, la vidéoverbalisation). Or, un quartier populaire, c’est un quartier vivant où le système D et la débrouille sont des nécessités vitales et sociales pour ses habitant.es. Renforcer la présence policière, c’est restreindre encore plus les libertés de celles et ceux qui y vivent et qui subissent déjà les violences sociales et la répression.

Quant à l’insalubrité, effectivement elle existe, mais elle correspond à une stratégie des propriétaires des logements, privés ou publics (Métropole et mairie). Leur but est de faire fuir les habitant.es de ces immeubles insalubres, pour ensuite les vendre à des promoteurs immobiliers qui se feront une joie de les détruire pour mieux les reconstruire avec des loyers beaucoup plus élevés.
Dénoncée par la Guillotière en colère, la « saleté » du quartier sert de prétexte à ses membres pour s’en prendre à une population marginalisée et traquée, et mettre leur racisme en œuvre, plutôt que d’envisager des solutions humaines et solidaires à la précarité ambiante. 

Alors même qu’elle se revendique « apolitique », cette association mène en fait un travail de propagande qui sert les intérêts de la mairie, de la Métropole, de la Préfecture et des promoteurs immobiliers. Récemment, la mairie a d’ailleurs délibéré sur la possibilité de chasser les commerces de restauration rapide et de téléphonie mobile dans le secteur Gabriel-Péri, ce qui devrait satisfaire amplement la « Guillotière en colère »... Sous couvert de dénoncer l’« inaction » publique, cette association se montre le fer de lance de la gentrification. Elle souhaite l’accélération d’un processus déjà mis en œuvre par Gérard Collomb : ses membres n’ont d’opposant.es que le nom. 

La Guillotière est un quartier populaire et historiquement un lieu d’immigration. Nous, habitant.es, passant.es et usager.es de la Guill’, comptons bien nous organiser pour permettre à notre quartier de vivre tel qu’il existe aujourd’hui, avec ses places occupées, ses marchés sauvages, ses snacks, ses squats et ses rues animées !

La Guillotière n’est pas à vendre

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