Mobilisation de la Recherche le 9 mars

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Appels de la CNT-FTE et du collectif Sauvons la Recherche à manifester le 9 mars. A Lyon, rendez-vous à 12 h place Bellecour.

Mobilisation de la Recherche, appel de la CNT FTE

Lyon, le 4 mars 2005

La CNT-FTE s’oppose au projet de libéralisation de
l’enseignement supérieur et de la recherche ainsi qu’au dirigisme
gouvernemental.

Le document de travail récemment soumis en vue de la " loi
d’orientation et de programmation de la recherche et de l’innovation "
(LOPRI) rejoint les objectifs ultra-libéraux du gouvernement :

Organisation : la LOPRI assoit le pilotage de la recherche par
le gouvernement, et sa soumission à des impératifs industriels. Elle
propose la création d’un haut conseil de la recherche et de l’innovation
(HCRI), secondé par une agence de moyens (ANR), qui seront contrôlés par
le gouvernement et définiront les priorités de la recherche " à partir
d¹une problématique industrielle du marché " ! La LOPRI introduit aussi
l’idée de pôles de recherche et d¹enseignement supérieur régionaux
(PRES) regroupant les universités, grandes écoles, CHU et labos de
recherche en lien financier étroit avec l¹industrie. Ces PRES pourront
recruter sous contrat de droit privé, sous la protection d¹un conseil
d¹administration dont les membres seront... nommés par le gouvernement !

Budget : la LOPRI poursuit l¹abandon du financement d’une
recherche publique, libre, non soumise aux impératifs de rentabilité.
Elle prévoit l¹apport d¹un milliard d¹euros supplémentaire, mais un
tiers seulement concerne véritablement la recherche publique, ce qui ne
compense même pas les baisses subies en 2003 et 2004. Le reste est
réparti entre l¹ANR et le
secteur privé.

Postes et rémunération : la LOPRI accentue la précarité des
personnels et le pouvoir de la hiérarchie. Elle prévoit une augmentation
insignifiante de postes, une augmentation de la précarité (CDD de 3 ans
pour les jeunes chercheurs), une transformation progressive des
recrutements nationaux de fonctionnaires en emplois régionaux de droit
privé, une augmentation des bourses doctorales par l¹industrie et une
rémunération des personnels au mérite (primes attribuées par la hiérarchie).

La CNT-FTE revendique au contraire un enseignement supérieur et une
recherche :

- fortement impliqués dans la production et la transmission des
connaissances, soumis à aucune pression hiérarchique, indépendants des
logiques de compétitivité, de rentabilité économique et d¹ " innovations
technologiques " à but militaire ou industriel ;
- en harmonie avec les besoins de la société, refusant d’aller contre
les intérêts communs ;
- réalisés par des personnels statutaires, refusant le recours aux
contrats précaires.

La CNT-FTE affirme avec force son refus des projets
gouvernementaux, et dénonce la tenue de « négociations-diversions » alors
même que des pans entiers de la LOPRI sont en train d’être adoptés par
décret ! Elle appelle dès aujourd’hui à organiser des Assemblées
Générales inter-catégorielles pour construire une nouvelle mobilisation
de l’ensemble des personnels, pour le retrait de la LOPRI et des décrets
qui l’accompagnent, pour la titularisation sans condition de tous les
précaires de la recherche et de l’enseignement supérieur.

La CNT-FTE se joint à l’appel syndical pour la journée d’action
nationale du 9 mars, et appelle à poursuivre le mouvement les jours qui
suivront, dès le lendemain 10 mars avec la journée unitaire public-privé.

La CNT-FTE militera dans ses sections, dans les AG pour qu’une
grève illimitée de l’ensemble des personnels de l’éducation nationale
fasse reculer le gouvernement dans ses choix délibérés de casse du
service public d’éducation, de la maternelle à l¹université.

Le secrétariat fédéral

Source : le site de la CNT


Appel de Sauvons la Recherche

Le 9 Mars 2005, nous ne démissionnerons pas !

Le 9 Mars 2004, des milliers de directeurs de laboratoires et d’équipes démissionnaient de leurs responsabilités administratives, exprimant ainsi le refus de toute la communauté scientifique d’assumer des décisions gouvernementales qu’elle considérait comme contraire aux intérêts de la recherche. Dans les semaines qui suivaient s’ouvraient, sous l’impulsion de SLR, les Etats Généraux de la recherche. Ils démontraient la volonté du milieu scientifique que soit mise en place une réforme en profondeur du système de recherche, afin d’en améliorer l’efficacité.

Un an plus tard, le gouvernement propose un projet de loi, dont des pans entiers sont déjà mis en place, et qui s’oppose largement aux principes défendus unanimement depuis un an et lors des Etats Généraux.

Alors que nous affirmons que la mission première de la recherche publique est l’élaboration de biens publics (connaissances librement disponibles pour tous, expertise indépendante, innovations à but non lucratif ou pour des besoins de société non solvables), le gouvernement entend confier une part déterminante du contrôle du dispositif de recherche à des intérêts privés, au détriment des scientifiques eux-mêmes et des autres acteurs sociétaux.

Alors que nous affirmons que le soutien public à l’innovation, marchande et non marchande, est un gaspillage s’il ne s’accompagne d’un soutien à la recherche fondamentale, creuset des innovations de demain, le gouvernement concentre l’essentiel de ses efforts sur des aides directes au secteur privé.

Alors que nous affirmons que la recherche fondamentale ne peut s’épanouir que par la garantie de son autonomie, impliquant une évaluation rigoureuse par les pairs, le gouvernement entend soumettre l’ensemble du champ scientifique à une logique de contrat d’objectifs à court terme dont toute l’histoire des sciences montre l’inefficacité.

Alors que nous affirmons que l’avenir de la recherche et de l’enseignement supérieur dépend de leur capacité à attirer de nouveaux talents en leur offrant la perspective d’emplois pérennes, le gouvernement propose à la jeune génération la précarité institutionnelle comme horizon indépassable.

Alors que nous affirmons que l’investissement dans la formation universitaire déterminera notre capacité à répondre aux évolutions d’une société dans laquelle la connaissance va devenir la principale richesse, le gouvernement entend maintenir l’Université dans la misère que 20 ans d’incurie politique ont produite.

Nous n’avons cessé depuis un an de demander une véritable réforme de la recherche, inscrite dans une loi d’orientation et de programmation. Cette volonté de réforme n’a pas faibli, et nous sommes disposés aujourd’hui encore à prendre part au processus de négociation qui devra accompagner son élaboration. Nous y défendrons avec fermeté ces principes qui sont aujourd’hui absents du projet de loi et des réformes en cours.

Parce que nous sommes conscients de l’importance de l’enjeu, nous ne baisserons pas les bras. Aussi, pour affirmer qu’un autre projet est possible, nous défilerons un an jour pour jour après la démission :

Mercredi 9 Mars 2005.

A Lyon : rendez-vous place Bellecour à 12h pour une manifestation en direction de la place des Terraux. Le rassemblement place des Terreaux à 13h permettra la participation de chacun à des actions de redécoration de la place (surprise, mais amenez vos blouses pour ceux qui en ont !) et de discussion avec nos concitoyens pour faire signer encore et toujours la pétition « Nous sauverons la recherche ». VENEZ NOMBREUX !

Nous appelons l’ensemble de nos concitoyens, des représentants de la société civile et des partis politiques qui partagent notre vision de la recherche, à soutenir cette action par leur présence, et à signer le nouvel appel SLR.

Source : site de Sauvons la Recherche

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