La maternelle sous l’état d’urgence : fouilles et palpations

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On apprend sur un blog du journal Le Monde mardi 8 décembre qu’une commune du Rhône excelle dans la mise en place de l’état d’urgence. Des enfants fouillés, palpés, des doudous démasqués... Vous vous sentez en sécurité ?

On apprend sur un blog du journal Le Monde mardi 8 décembre qu’une commune du Rhône excelle dans la mise en place de l’état d’urgence.

Vous avez dû passer des "contrôles" ces derniers temps ? Un ptit tour à la bibliothèque, et hop, le sac est ouvert la suspicion s’installe, la tension est latente... On la ressent dans les gares, où les militaires et les flics, moquant les personnes voilées ou "en capuche" installent une ambiance nauséabonde et dangereuse. On la ressent dans les rues, où cette même présence, loin de "sécuriser" (mais sécuriser quoi ? de qui ? pour qui ?) enracine un état policier.

Et bien, la république ayant une certaine cohérence, ces valeurs puantes de peur, de rejet, de contrôle s’expriment donc aussi dans l’éducation nationale, et ce jusqu’en maternelle. Ainsi, selon le journaliste Laurent Borredon :

« Fouille des sacs, des poussettes et des porte-bébé ; contrôle des vêtements, ceux des parents, des nourrices... voire ceux des enfants : le "pire" n’est pas arrivé tout de suite, mais quelques jours après les attentats, explique un père de famille. "Tout ça fait de manière un peu aléatoire, parfois par un agent municipal, parfois par la directrice de l’école en personne", affirme-t-il. Il ne décolère pas d’avoir vu son fils de 4 ans et demi obligé, dit-il, d’ouvrir sa parka avant d’être "palpé" : "Que recherche-t-on quand on inspecte le sac à dos d’un enfant ? Qu’espère-t-on trouver hormis un goûter, un doudou pour les plus petits, quelques livres pour les plus âgés ?" »

Le maire et le rectorat, loin de condamner ces pratiques que l’on espère isolées, justifient ces actes et revendiquent une réponse sécuritaire. Cette volonté de porter les discours et pratiques sécuritaires au sein des écoles, de ne pas "épargner" les enfants rappelle les prises de positions de Sarkozy sur la « délinquance juvénile ».

Peut-être est-il temps de repenser le poids de la république dans l’instauration d’un climat mortifère de repli sur des valeurs présupposées unificatrices. Peut-être est-il temps de déconstruire la panique et d’interroger les rapports de force qui se jouent entre la république française, ses intérêts impérialistes et capitalistes, et le reste de la population, pratiquement tout le monde en fait, tenue de soutenir des pratiques qui la desservent.

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