RMA : Revenu de Misère et d’Asservissement

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Régressions sociales : une de plus !

Sous couvert d’insertion et de bon sentiment,
le gouvernement et le Medef entendent
que quelque deux millions de RMistes
soient livrés pieds et poings liés à l’exploitation
patronale la plus sauvage.

L’objectif n’est pas de donner un revenu
décent aux RMistes, encore moins un
emploi :

Le RMA, revenu minimum d’activité, est
un CDD de 6 mois renouvelable au maximum
deux fois tous les 18 mois. Outre la
mise à disposition au patronat de salarié-es
au coût défiant toute concurrence, l’objectif
est idéologique : pour le patronat les
RMistes étant des fainéant-e-s, payé-e-s à ne
rien faire, mettons les au travail ! L’évidence
est de dire que les pauvres sont forcés de travailler
en échange d’une allocation.
Comme tous les dispositifs d’emplois
aidés, il fera disparaître des statistiques une
partie des demandeurs et demandeuses
d’emploi.

Rappelons que le RMI (revenu minimum
d’insertion) est déjà un revenu minium
insultant : la loi de 1988 puis la loi de lutte
contre les exclusions en 1998 avait fait du
RMI un droit attribué en fonction du niveau
de ressources qui liait prestation et contrat
d’insertion. Le RMI correspond pour une
personne seule à une moitié de SMIC soit
411 euros (ou 617 euros pour un couple).
Comment vivre avec une telle somme ? De
plus rappelons aussi que les moins de 25
ans sont exclus de ce système quelle que soit
leur situation de précarité. Le RMI n’a
jamais été un moyen de facilité pour ces
allocataires, mais un moyen de survie pour
éviter une exclusion totale de la société.

Le RMA est une aubaine pour les entreprises  : le Medef peut se frotter les mains.

Le RMA est une baisse drastique du « coût
du travail » pour les entreprises.
Les employeurs qui embaucheront un
RMAste toucheront une aide d’un montant
égal au RMI pour une personne seule. Ils
seront exonérés des charges sociales afférentes
aux bas salaires, les cotisations
sociales n’étant d’ailleurs versées que sur la
partie du salaire comprise entre le montant
du RMI et le salaire distribué ! Les entreprises
pourront employer des salarié-e-s à
temps partiel, pour un coût de 3,40 à 2,70
euros de l’heure selon le montant des « exonérations
possibles, soit un tiers à 15 % » du
prix normal de l’heure de travail !!
De plus, ce dispositif, tire vers le bas, les
conditions de travail de tous et toutes les
salarié-e-s et crée une division supplémentaire
entre eux.

Il faut le redire même si c’est une évidence :
c’est le patronat qui crée le chômage
de masse en refusant la diminution du
temps de travail, qui permettrait d’en donner
à toutes et tous les travailleurs-se-s !!!.

C’est le patronat qui entretient le chômage
de masse pour s’assurer une main
d’œuvre docile et bon marché.

Le RMA : un pas de plus vers l’esclavage

Le RMA apparaît pour ce qu’il est : le maintien
dans la misère des salariés.
Par exemple, pour valider deux trimestres
de droits à la retraite, il faudra
avoir travaillé une année. À ce régime il
faudrait travailler 160 ans pour ouvrir des
droits à la retraite... La formation et qualification
étant réduites aux rabais, les
RMastes sont laissés dans la misère, sans
possibilité d’évolution professionnelle.
Dans le cadre du RMA, le travail s’appelle
« mesure d’accès à l’emploi » l’employeur
se nomme un « tuteur » qui
accompagne « l’insertion » du « bénéficiaire
 ». L’employeur-tuteur atteste tous les
3 mois au « référent » que « l’action d’insertion
 » est suivie. S’il est établi que le
non-respect de l’action d’insertion est
imputable, sans motif légitime, au « bénéficiaire
 » du RMA, le versement du RMI
peut être suspendu.

On peut craindre que les RMastes
n’aient pas de liberté syndicale, pas de droit
de grève. En conséquence, ils et elles n’auront
pas d’autre choix que d’accepter n’importe
quelles conditions de travail. Le
RMAste travaillera comme un vrai salarié
mais il n’aura ni un vrai salaire ni les
mêmes droits. Après les RMistes, des chômeur-
euse-s exclu-e-s du droit au chômage,
le gouvernement impose les Rmastes, travailleurs
et travailleuses exclu-e-s du droit
du travail.

L’Assedic empochera ses cotisations mais
ne lui reversera rien quand il retournera au
chômage. Il n’aura que le RMI. Il n’aura
pas droit à des indemnités journalières en
cas d’accident ou de maladie, mais son
RMA lui sera versé jusqu’à la fin de son
contrat. Il est sans précédent que, sur un
contrat de travail, la base des cotisations ne
soit pas la totalité du salaire perçu.
Les plans de licenciements se multiplient,
le chômage s’étend, et les libéraux
n’offrent comme « nouvelle frontière » que
le développement des petits boulots à
« faible coût du travail » et à salaire diminué.
A l’avenir, une personne licenciée de son
entreprise se retrouvera au chômage, puis
sera radiée de l’Assedic demandera le RMI
et finira son parcours au RMA dans son
ancienne entreprise !!

Il faut inventer, de nouveau, un plan
complet de sécurité sociale pour assurer à
tous les citoyens quelques soient leur sexe,
leur âge ou leur nationalité des moyens
d’existence, dans tous les cas où ils sont
incapables de se les procurer par le travail,
avec une gestion relevant des intéressé-e-s
eux même !

Si nous ne voulons plus perdre notre
vie à la gagner, ne nous laissons pas
faire : il est temps de se mobiliser
contre la régression sociale !

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