Rencontre et résistances : « Outrage et rébellion : comment réagir ? »

5373 visites

- organisée par :

  • Commission des droits de l’homme des Avocats du Barreau de Lyon,
  • Syndicat de la Magistrature,
  • Association TÉMOINS.

- le JEUDI 21 OCTOBRE de 17 h à 21 h au CCO.
- au 39 rue Courteline à Villeurbanne

- web du CCO Jean Pierre Lachaize.

Entrée gratuite - participation libre.

Il existe un cadre légal pour répondre lorsqu’un policier est réellement injurié, molesté. Mais force est de constater : l’usage que certains policiers font du délit d’outrage et celui de rébellion, est malheureusement détourné à d’autres fins très souvent.

- 1. Le délit d’outrage ou rébellion sert d’abord occasionnellement à couvrir des violences policières.

Lorsque certains policiers tapent sur quelqu’un, à l’occasion d’une arrestation ou au commissariat, ils poursuivent presque de façon systématique cette personne pour « outrage », souvent aussi pour « rébellion », éventuellement pour « violences volontaires sur personne
dépositaire de l’autorité publique ». C’est une manière pour eux de justifier les marques de coups visibles : puisque cette personne était, disent-ils violente, il a bien fallu la maîtriser, et donc faire usage de la force. Ils se dédouanent ainsi, à l’avance, de toute mise en cause de leur brutalité devant un tribunal.

- 2. Le délit d’outrage ou rébellion permet de poursuivre ceux que certains policiers considèrent comme des gêneurs.

Cas typique : un passant qui intervient lors d’un contrôle d’identité ou d’une arrestation à laquelle il assiste et qu’il trouve trop musclée. Il peut facilement se retrouver inculpé d’outrage, éventuellement de rébellion, voire parfois « d’incitation à l’émeute ». On a vu aussi des
affaires où l’outrage et ses délits associés servaient à envoyer en prison, pour plusieurs mois, ceux que des policiers avaient ciblé comme des meneurs dans une cité ou ceux qui sont trop souvent présents à leurs yeux quand ils prennent à partie quelqu’un.

- 3. Le délit d’outrage ou rébellion permet à certains policiers d’arrondir leurs fins de mois.

La loi Le Pors oblige l’Etat à verser à ses fonctionnaires les dommages et interêts qu’ils ont obtenus lors des procès et que les condamnés ne peuvent payer. En cas de condamnation d’outrage, de rébellion, de violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique, les
policiers qui se portent partie civile obtiennent souvent des sommes de plusieurs centaines ou milliers d’euros de dédommagement qu’ils sont sûrs de toucher, même si le condamné n’est pas solvable. Il arrive qu’une personne ait été blessée et traumatisée par des policiers, alors que cela ne le nécessitait pas, et que, en plus, elle soit obligée de
payer une forte somme.

- Pour connaître comment intervient la justice lors d’une inculpation d’outrage et rébellion, précisons d’abord le cadre juridique avec Dominique Brault, du Syndicat de la Magistrature, et Bertrand Sayn, avocat au Barreau de Lyon, au Syndicat des Avocats de France et membre du CIRDEL.

- Les délits d’outrage et rébellion sont-ils en accroissement spectaculaire ? Fabien Jobard, sociologue au CESDIP, a réalisé la première analyse scientifique en France à partir de 2 200 affaires d’outrage et rébellion jugées au tribunal de grande instance de Melun. C’est avec beaucoup d’intérêt qu’il nous livre ses résultats.

- Des personnes qui se sont retrouvées inculpées de ces délits viennent s’exprimer et nous font part de leurs témoignages, parfois révoltants quant aux méthodes policières.

- Que faut-il faire quand on est accusé d’outrage ? Denis, du réseau RÉSISTONS ENSEMBLE et créateur d’un guide juridique, nous donne quelques conseils pratiques. Ne pas baisser les bras : c’est ce que nous dit Alexis Violet, avec l’expérience de l’Observatoire des Libertés Publiques, au sein du contexte historique et géopolitique. C’est primordial de réagir : Albert Lévy, du Syndicat de la Magistrature et membre du CIRDEL, nous indique comment dénoncer ce dévoiement, ces dysfonctionnements.


  • En introduction, une petite vidéo humoristique tournée pour le réseau SISTONS ENSEMBLE au festival des résistances de Paris.
  • Vous pouvez retrouver le texte « Outrage et rébellion » et d’autres infos sur le site de Résistons ensemble.
  • Renseignements et inscriptions à l’association TÉMOINS (mail : temoinslyon chez free.fr).

Groupes associés à l'article

Caisse de Solidarité - Témoins

  • Tel : 06.43.08.50.32
  • 91 rue Montesquieu 69007 Lyon
  • caissedesolidarite /at/ riseup.net
  • Autres infos : Permanence les 1ers jeudis du mois à 19h à la Luttine, 91 rue Montesquieu (Lyon 7eme) Possibilité de permanence en mixité choisie à 18h30, les 1ers jeudis du mois à la Luttine, 91 rue Montesquieu (Lyon 7eme). Pour les dons : -par chèque à l’ordre de Témoins-Caisse de Solidarité à envoyer au 91 rue Montesquieu 69007 Lyon -via le site helloasso : https://www.helloasso.com/associations/temoins-des-acteurs-en-mouvement/formulaires/2 La caisse de solidarité est membre du réseau RAJCOL https://rajcollective.noblogs.org/

Publiez !

Comment publier sur Rebellyon.info?

Rebellyon.info n’est pas un collectif de rédaction, c’est un outil qui permet la publication d’articles que vous proposez. La proposition d’article se fait à travers l’interface privée du site. Quelques infos rapides pour comprendre comment être publié !
Si vous rencontrez le moindre problème, n’hésitez pas à nous le faire savoir
via le mail contact [at] rebellyon.info

Derniers articles du groupe « Caisse de Solidarité - Témoins » :

>Ma détention provisoire #6. Partout, ça sent l’« afghan »

Partir en détention provisoire ou être condamné à de la prison ferme avec mandat de dépôt, c’est dur et potentiellement traumatisant. Du jour au lendemain, ta vie bascule. Et pour celles et ceux qui y font face pour la première fois, c’est un plongeon dans l’inconnu. Souvent, on est mal préparé à...

› Tous les articles "Caisse de Solidarité - Témoins"