Réponse aux calomnies du Progrès

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Ce qui suit est l’article du Progrès commenté et rectifié par mes soins. J’ai essayé d’être le plus précis possible en recoupant un maximum de témoignages. Vous pouvez l’envoyer en protestation au Progrès, le faire circuler...

Figurait en première page :
Lyon : la manifestation pacifique dégénère
Six cents personnes se réclamant de la mouvance anarcho-libertaire...
.
C’est totalement faux. Le mot d’ordre de la manifestive est "NO LOGO", c’est-à-dire qu’elle est ouverte à toutes et à tous, ne se réclamant d’aucune étiquette. Mais cela, Jean-Didier Derhy ne le sait pas. Le nombre de mensonges et d’approximations de son article laisse penser qu’il était loin très loin de ce qu’il s’est passé ce jour-là. Et qu’il s’est contenté de recopier la version policière, préparant ainsi le lynchage judiciaire du lundi.

Lu dans Le Progrès du lundi 2 mai 2005

« AFFRONTEMENTS ENTRE LA POLICE ET DES MILITANTS ANARCHISTES » (1)

Samedi à Lyon, quatre policiers ont été blessés et six personnes ont été interpellées.

Les slogans
incitaient pourtant au pacifisme et à la tolérance. Samedi, dans le
cadre du festival des Résistances, près de 600 personnes se réclamant de
la mouvance anarcho-libertaire,
(voir note 1) ont défilé dans les rues
de Lyon. Les manifestants, d’abord dans le calme, demandaient, entre
autres, la suppression des frontières entre les peuples.
Partie de la
place Guichard dans le 3e arrondissement, la manifestation devait se
dissoudre à St Paul dans le 5e arrondissement. Les premiers incidents
ont éclaté, en début d’après midi, quand le cortège est passé devant Air
France, quai Jules-Gourmont.
Un petit groupe de manifestants, portant
plusieurs couches de vêtements et des masques, est sorti du cortège pour
dégrader les vitrines de la compagnie aérienne (2). La Banque populaire des Cordeliers et la Société Générale de la rue de
la République ont subi le même sort (3).
(.../...)

Note 1 : il s’agit là d’une caricature. Il n’y a pas que des anarchistes qui sont contre les frontières. Cette manifestive a été organisée par des individus d’origines très diverses. Nous
ne pouvons accepter une caricature d’une réalité beaucoup plus complexe.
La plupart d’entre nous refusent de "s’étiquetter" parce que l’échec des idéologies utopiques du
19e et 20e siècles nous obligent à reconsidérer notre héritage
intellectuel pour construire de nouvelles utopies pour le 21e siècle...
Nous ne nous réclamons d’aucune mouvance particulière même si parmi nous
certains sont solidaires de ceux qui se vivent anarchistes.

Note 2 : en fait de dégradations, il s’agit d’autocollants dénoncant la
politique de déportation d’Air France qui participe au "renvoi" d’immigrés
par avion. Ces autocollants n’ont laissé aucune trace et ont été
immédiatement retirés par le personnel de l’agence dans les minutes qui ont suivi.

Note 3 : pas exactement puisqu’il semble d’après plusieurs témoignages
concordants que seuls des distributeurs ont été mis hors-service.

(Suite de l’article...)
Arrivés place des Terreaux, 4 manifestants grimés ont alors commencé a
briser les vitres des locaux de la police municipale (4). C’est à ce moment que les policiers de la BAC sont intervenus pour
interpeller les auteurs de ces dégradations. Ils ont pu arrêter 3 personnes qui, aussitôt, ont appelé les autres
manifestants à la rescousse (5).
(.../...)

Note 4 : ces locaux ont sans doute été pris pour cible car il s’agit du
centre de PC des caméras de vidéo-surveillance de Lyon. Caméras
installées sans aucunes concertation des principaux concernés, c’est-à-dire les habitants de Lyon.

Note 5 : les policiers sont intervenus près de la rue Constantine et non rue Pizay,
c’est à dire à plusieurs centaines de mètres. Ils ont tenté d’arrêter de
manière totalement arbitraire plusieurs personnes et cela SANS BRASSARDS DE
POLICE, ce qui est contraire à leur prétendue déontologie. Les manifestants qui ont réagi
ont ainsi pensé s’interposer entre des provocateurs et le
reste de la manifestation.

(Suite de l’article...)
4 policiers blessés.
Les policiers ont
alors été encerclés par une centaine de personnes qui leur ont jetés plus d’une centaine de bouteilles en verre (6). Ils ont dû relacher 2 personnes interpellées pour se défendre en
lançant du gaz lacrymogène (7) et en se servant des "flash-ball". Au total, 4 fonctionnaires de la
BAC ont été sérieusement blessés lors de cet affrontement (8).
L’un d’entre eux s’est vu notifier
un arrêt de travail de 15 jours. Autre surprise en arrivant à l’hôtel de
police, sous le masque du seul individu arrêté, se cachait une jeune
fille de 20 ans. "Une grignette qui parraissait complètement inoffensive
mais qui a blessé un collègue en lui lançant un coup de pied à la main"
témoigne un policier (9) (voir encadré) (10).

(.../...)

Note 6 : ceci est absolument faux. Seuls quelques jets ont été à déplorer.
Il suffisait de regarder le sol de la place pour se rendre
compte qu’il n’y pas eu de bris de bouteilles significatifs. En fait il
s’agit plus de la réaction d’à peine une dizaine de personnes présentes sur la place des Terraux que de centaines de manifestants
encerclant ces malheureux policiers.

Note 7 : sur une place bondée un samedi après-midi où se trouvaient de nombreux enfants qui
furent incommodés par les gaz des grenades lacrymogènes.

Note 8 : l’un d’eux, en effet, semble s’être brûlé lui-même par une grenade lacrymogène. Et pourquoi ne pas rapporter la manière dont cette fille s’est fait tabasser
par plusieurs policiers (toujours non identifiables puisque en civil)
frappant dans le ventre, le visage, la traînant par les cheveux. Des images de cette scène ont été enregistrées. De plus l’emploi d’un taser sur cette jeune fille (décharges de 50 000 volts) a été identifié par plusieurs témoins.

Note 9 : cette jeune fille n’était pas déguisée, contrairement à ce que laisse comprendre l’auteur de cet article. Tous les témoins le disent. D’ailleurs la voit-on déguisée sur la photo du Progrès ?

Note 10 : encadré lui aussi démonté (entre autres) et reproduit dans un autre article paru sur Rebellyon : De la déontologie au Progrès.

(Suite et fin de l’article...)
La manifestation s’est terminée dans la violence à
St Paul. 2 groupes d’anarchistes (11) se sont affrontés pour une sombre histoire de fille. La police a tenté
de les séparer mais, lorsqu’il s’agit de rosser l’ennemi commun, tout le
monde s’est reconcilié et les manifestants se sont tous retournés contre
les forces de l’ordre. Cette fois 5 personnes ont été interpellées (12) .

Jean-Didier Derhy (13)

Note 11 : il ne faut pas confondre groupe d’anarchistes (ce qui sous-entend groupe organisé) et bande de potes.

Note 12 : la police n’a pas cherché à les séparer mais a provoqué les
derniers manifestants. Provocation d’autant plus facile car il est
vrai que certains participants avaient passablement bu. Cependant cela ne peut
justifier plusieurs arrestations arbitraires. Le quartier de St Jean s’est vu par la suite complètement quadrillé par
les CRS qui se sont lancés dans une véritable chasse aux jeunes, arrêtant des personnes qui n’étaient en rien dans les (rares) dégradations.

Note 13 : Pilouz.

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