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Royaume-Uni : God save the taxi drivers

Quoi de plus naturel pour Uber que de s’installer au Royaume-Uni, pays du travail sans droit  ? Après avoir cannibalisé les fameux black cabs et imposé son modèle de travailleur «  liquide  », la firme californienne a recruté environ 25 000 chauffeurs de taxi en quatre ans. Condamnés au statut de travailleurs indépendants, une poignée de mutins réclament des droits salariaux.

Mark, chauffeur flexible, n’avait clairement pas conscience de ses privilèges. Pire, le nanti s’en plaignait  ! Au volant de sa Skoda grise, deux gros autocollants Uber plaqués sur les flancs, il enquillait les boulevards pollués de Manchester en ronchonnant. Ce n’étaient pas tellement les bouchons, ni la qualité discutable des routes, ni ses concurrents des compagnies de bus hors de prix qui l’agaçaient. Non, Mark allait peut-être manquer le match Manchester City - PSG, prévu ce jour-là à 19h45. «  Si je fais une bonne journée, je pourrai le voir. Sinon, il faudra travailler plus longtemps et je finirai trop tard. Là, c’est mal parti.  »

C’est que la frustration footballistique du Mancunien - ici, un mal inconsolable - avait réveillé une nature grincheuse. «  On est tous à notre compte, mon pote. Mais je me suis habitué à ça, j’ai été taxi pendant 9 ans. J’ai pas de congés payés. Si t’es malade, t’as le droit à rien. Faut juste aller bosser. Je pars bientôt. Je pars trois semaines. Alors quand tu reviens de vacances, t’es complètement à sec  !  » Mark avait beau rester calfeutré dans l’habitacle confortable de sa voiture environ 12 heures par jour (y compris le week-end), il soutenait mordicus que «  c’est vraiment difficile, mon pote, surtout depuis qu’ils ont baissé leurs tarifs.  »

Tel un black pudding gâté, sa mauvaise foi manifeste vous aurait presque retourné l’estomac. D’après son site, Uber n’était-il pas plutôt du genre à bichonner ses chauffeurs  ? «  Transformez votre voiture en machine à sous. Certains de nos chauffeurs-partenaires reçoivent en moyenne 2 250 livres [2 870 euros] par mois.  » Et puis la rutilante entreprise californienne mettait le paquet sur la «  flexibilité ultime  » qui permet de «  choisir [ses] propres heures, bien gagner [sa] vie et consacrer davantage de temps aux choses qui comptent le plus.  » Sauf que Mark n’y voyait là qu’un énième attrape-couillon dans cette formidable terre d’opportunités qu’est le Royaume-Uni. «  Bah, c’est bien la flexibilité. Mais si ça veut dire travailler 12 heures par jour pour gagner assez alors ça veut pas dire grand chose.  » Pour une course de 2,57 km, vous aviez crédité le compte de Mark de 3,59 livres (4,5 euros).

La suite à lire sur : http://cqfd-journal.org/Royaume-Uni-God-save-the-taxi

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