Tchétchénie : silence on tue !

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Depuis 10 ans, en deux périodes, une guerre oppose la Russie et une de ses Républiques : la Tchétchénie. La première guerre de 94 à 96 bien que terrible a été couverte par l’information, les ONG avaient largement accès au territoire. La deuxième guerre à partir de 1999 a commencé par l’identification de tous les combattants à des terroristes ou des bandits. La capitale, Grozny, a été rasée sans qu’on laisse de possibilité de sortie aux habitants ; les prises d’otages, tortures, mises à mort clandestines, se sont généralisées dans l’impunité complète. Depuis 2003, le pouvoir russe tente de faire croire à une normalisation : organisation d’élections non reconnues par la Communauté Internationale (la seule élection validée par la présence d’observateurs et de ce fait reconnue légitime par l’étranger est celle de Maskhadov à la Présidence de la République entre les deux guerres en 1997).

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Au cours de la seconde guerre, les journalistes et les ONG ont été progressivement découragés par les autorités de rester présents sur le territoire.

Après le 11 septembre 2001, la thèse de Poutine assimilant toute résistance tchétchène au terrorisme et affirmant que ce dernier représente un ennemi unifié à travers le monde rencontre l’assentiment de plus en plus affirmé des États Unis et de plusieurs pays d’Europe dont la France. Les attentats de plus en plus nombreux et touchant de plus en plus des civils sont maintenant les seuls actes condamnés par nos gouvernements ; la terreur quotidienne infligée par l’armée russe et ses supplétifs tchétchènes est passée sous silence.

En conséquence, la population tchétchène dans son ensemble se sentant abandonnée de tous et dans une situation matérielle très difficile a fini, découragée, par se résoudre à l’exil. On estime que la majorité des Tchétchènes vit en ce moment hors du territoire. Dire simplement la réalité et agir pour la transformer semble impossible vis à vis de la Russie d’après ce que nous disent les analystes politiques « réalistes ». On remarque pourtant qu’une position claire et unie de l’Union Européenne vis à vis d’une élection truquée en Ukraine peut avoir des effets. À l’inverse, il nous semble que le silence devant l’horreur de la guerre en Tchétchénie et ses crimes a plusieurs conséquences graves :

- l’isolement complet de ce peuple ne peut que renforcer les réactions extrêmes ;
- l’abandon d’une population particulière peut laisser supposer une raison de caractère raciste de la part de nos sociétés avec des risques d’identification ;
- alors que la Russie s’éloigne de plus en plus de la démocratie, il est grave de ne pas soutenir fortement les éléments russes qui combattent cette tendance, les mêmes qui sont actifs pour la paix en Tchétchénie : Mémorial, Les Mères de Soldats, ...

Pour lutter contre ce silence se sont créés un peu partout en France des Comités Tchétchénie. À Lyon, nous manifestons tous les mardis entre 18 et 19 heures, sur le Parvis de l’Hôtel de Ville, Place des Terreaux, pour témoigner de notre solidarité à l’égard des victimes de la guerre et informer la population.

Nous pensons que seul un mouvement d’opinion peut permettre de modifier les politiques de nos pays.

Rejoignez nous !

- Contact : comitetchetchenielyon(at)hotmail.com - tél. : 06 82 45 60 28.

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