Une employée de l’EHPAD Saint François d’Assise de la Croix-Rousse vient d’être licenciée

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Covid-19

D’abord mise à pied conservatoire, Nadia a dû quitter son poste en plein service, escortée par la police après avoir été brutalisée par le directeur de l’Ehpad en personne, qui lui sommait de quitter les lieux sur le champ.

Pour son dévouement pendant la période de confinement, une employée à l’EHPAD Saint François d’Assise, de Lyon la Croix-Rousse, vient d’être licenciée début Juillet .

Elle explique avoir froissé sa hiérarchie en réclamant régulièrement le paiement de ses heures supplémentaires effectuées pendant le confinement. D’abord mise à pied conservatoire, elle a dû quitter son poste en plein service, escortée par la police après avoir été bousculée par Mr DUGOUR, directeur de l’EHPADle en personne, qui lui sommait de quitter les lieux sur le champ. Le malaise s’est cristallisé autour cette employée de l’Ehpad. Nadia Dias Bandeira, plongeuse au sein de la Société API Restauration, depuis le 16 Août 2019, dans la structure de l’Ehpad de Saint François d’Assises à la Croix-Rousse, juge son licenciement abusif. "En fait, tout cela à commencé lorsque j’ai commencé à demandé mes feuilles de salaires qui ne me parvenait pas, ainsi que les heures supplémentaires effectuées pendant la crise sanitaire".

Pendant la période du confinement, dit-elle, nous n’avons eu cesse de nous impliquer pleinement dans notre travail, s’attelant à toutes les tâches en même temps, quitte à sacrifier chaque jour nos heures de pause pour combler le déficit de moyens et de personnel... Preuve en est, le 30 mars Mr Florient Martin, directeur Régional d’API, nous a félicité pour notre implication en cette période difficile vécue par les résidents.

« Ce licenciement à mon égard sonne mal, ajoute Nadia, on a pressé le citron pour jeter la peau. API et l’Ehpad avait besoin de nous pendant le confinement, je me suis dévoué pour le bien des résidents, sans cela, par manque de personnel, le service aux malades n’aurait pu être assuré ». Le 20 mars 2020, Nadia reçoit un courrier commençant ainsi « Merci à tous ! Nous sommes fiers de vous dans cette période de crise ! »... nous remerciant « pour les efforts réalisés qui, permettront à l’entreprise de surmonter les épreuves »... puis d’ajouter, vous réalisez « un challenge extraordinaire en maintenant en fonctionnement les restaurants en ces moments difficiles du covid 19 », nous attribuant « le mérite dans cette situation au coté des soignants »…

« Avant cela tout se passait bien, confie Nadia, jusqu’au jour où j’ai commencé à demander mes droits ». Elle réclame le paiement de 46 h d’heures supplémentaires effectuées pendant la crise sanitaire grave, tout en déplorant les conditions de travail qui lui étaient imposées en raison du manque de personnel. Les courriers qu’elle a transmis n’ont visiblement pas plus à la direction : « En réponse, le chef Gérant, Mr Gilles Sitruk, dit-elle, ne cessait de modifier mes horaires : je n’avais plus droits à mes pauses légales non plus »… Pressions, observations malveillantes de son chef gérant, harcèlement, les griefs de la direction de l’établissement ne vont plus cesser jusqu’à son licenciement...

La direction d’API, évoque « un licenciement pour faute grave » ayant motivé pareilles décisions. La Belle affaire : Nadia n’a fait que prendre ses pauses légales conformément au code du travail. Les problèmes de pauses constituent le principale leitmotiv du courrier. Un motif sans cause réelle et sérieuse pour n’importe quel délégué digne de ce nom. Qu’a cela ne tienne, lors de l’entretien préalable, la mauvaise volonté de la délégué CGT chargée de l’assister, élu du groupe API, est flagrante à ses yeux : « Elle n’avait cesse de prendre parti pour la direction, dit-elle, alors que le motif est notoirement contre nature ».

Bien avant, Nadia avait alerté cette délégué de faits de harcèlements moral de son chef Gérant... Appels demeurés sans réponse. La salariée licenciée a du faire des pieds et des mains pour obtenir un compte rendu de l’entretien préalable relevant ses réponses contre les allégations portées contre elle...

L’agression physique commise le 9 Juin 2020 par le directeur de l’Ehpad contre Nadia, brutalement éjectée de son lieu de travail à l’annonce de sa mise à pied. Elle dépose plainte au commissariat de Jean Macé. La policière chargée d’enregistrer la plainte “d’une plongeuse contre son patron” fait la moue : « Pourquoi porter plainte, lui dit-elle ; une main courante suffit ». Nadia a du insister pour que l’on enregistre mot pour mot la teneur de ses déclarations, devant la policière, incrédule, n’ayant cesse de dénaturer ses propos.

Nadia a depuis contacté une avocate et compte bien saisir les Prud’hommes pour exiger la condamnation de son employeur. « On a travaillé comme des acharnés pendant le confinement, au risque de notre vie, dit-elle amère, et voici les remerciements » . Combien sont-ils aujourd’hui dans son cas ? Après les efforts fournis pendant la phase de pandémie, les applaudissements du public de ceux restés au front, c’est le silence radio des médias et des autorités.

Que deviennent les promesses de gouvernement, ici ou là des soignants, des employés de la restauration en Ehpad ou en hôpitaux sont licenciés. Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, n’avait-elle pas assurée le 16 mars 2020 dans les Échos : garantir le travail pour tous : « Pendant la crise, c’est zéro licenciement ». Emmanuel Macron, appelant à la mobilisation générale de tous en mars, parlant « des salariés « essentiels » appelés au front pour éviter que des services essentiels à la vie du pays ne viennent à faire défaut…
A mauvais entendeur salut, pourrait on lui dire.

Naguib Allam

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