À St Étienne, après l’université Jean Monnet en lutte, le conseil de discipline : trop, c’est trop !

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Appel à soutien le mardi 1er septembre à 18h30 à la Bourse du Travail de St Étienne suite à la convocation d’étudiants grévistes de l’Université Jean Monnet (Tréfilerie ou UJM) devant le conseil de discipline.

Le printemps 2009 a été marqué par la plus longue grève que l’université stéphanoise ait connue dans son histoire. Les étudiant-e-s et les personnels de l’UJM, mobilisé-e-s contre les lois Pécresse, combattent depuis plus de deux ans maintenant les réformes qui soumettent l’université aux logiques du monde marchand. Ces diverses lois, du Plan Campus à la LRU, compromettent gravement l’existence des petites et moyennes structures universitaires comme celle de Saint Etienne et c’est en cela que nos luttes ne sont pas vaines. Elles sont encore moins des luttes minoritaires et isolées puisqu’elles ont réussi à mobiliser et fédérer les énergies deux années durant.

Pourtant s’enfermant dans un rôle de bon élève aux ordres du gouvernement, la présidence de l’UJM a été une des premières universités de France à s’engager dans le processus LRU. De même, au cours du mouvement de grève, celle-ci s’est conformée aux différentes directives ministérielles visant à briser le mouvement de protestation. Ainsi, Khaled BOUABDALLAH a démontré sa volonté d’enrayer toutes velléités de contestation en autorisant l’entrée des forces de l’ordre le 13 mai dernier sur le site Tréfilerie mais aussi, en recourant à des sociétés privées de surveillance.

En convoquant le 10 septembre 2009 devant des conseils de discipline une dizaine d’étudiant-e-s grévistes, la présidence de l’UJM vient de franchir une nouvelle étape dans sa logique répressive. Un accord avait pourtant été trouvé avec le président par lequel les grévistes s’étaient engagés à ne pas perturber les cours et les examens en échange de l’abandon de poursuites administratives et judiciaires. Cependant, afin d’empêcher toute reprise du mouvement de grève en septembre, la présidence a bafoué l’accord et a contribué elle-même à détruire le semblant de sérénité retrouvée qu’elle appelait de ses vœux il y a un mois à peine.

Ainsi, l’administration a trouvé comme prétexte, l’occupation illégale des locaux lors de la soirée de clôture de l’Université Solidaire du 30 juin dernier. Quelques 250 personnes s’étaient retrouvées autour d’un repas collectif et avaient assisté à des expositions de travaux artistiques et des concerts dont le déroulement et les horaires avaient pourtant été autorisés le matin-même par le responsable de la sécurité du site Tréfilerie.

L’autre fait reproché est la perturbation de la fête de l’inauguration de la nouvelle maison de l’université. Cette cérémonie devait se dérouler en présence de personnalités qui ont activement lutté contre le mouvement de grève, en la personne du recteur d’académie, du maire de Saint-Etienne et du président de l’université. C’est pourquoi les étudiant-e-s avaient décidé d’être présents ce jour là. Par ailleurs, ce projet immobilier au coût pharaonique est en lui-même une véritable provocation quand l’heure est aux suppressions de postes à l’UJM et à la précarisation de ses personnels…

Nous condamnons avec force la répression administrative contre les étudiant-e-s grévistes qui sont du fait de cette convocation, menacé-e-s d’exclusion de l’université.

Nous exprimons avec force et conviction notre attachement à une université ouverte en tant que lieu populaire de critique et d’émancipation.

Nous appelons toutes les personnes nous soutenant, à participer à la réunion publique, le 1er septembre à 18h30, à la Bourse du travail de St Étienne.

Contact : Trefenlutte(arobase)gmail.com

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  • Le 11 septembre 2009 à 10:12

    Y a-t-il du neuf concernant les étudiants de Lyon 2 ?

  • Le 7 septembre 2009 à 10:58

    Franchement, je ne vois pas bien ce qu’il y a de drôle à entarter quelqu’un avec le contenu d’un pot de chambre... Du moins, quand on prétend placer la « dignité humaine » en avant de nombreuses luttes. Sur ces images et par ce seul acte, celle-ci est clairement atteinte, qu’on en apprécie la cible ou pas.

    Ririez-vous autant si, lors des prochaines manifestations étudiantes - car je suis certain qu’il y en aura cette année encore -, les manifestants étaient dispersés par des lances à eau projetant du lisier ? Moi pas.

  • Le 5 septembre 2009 à 19:05

    Avec ou sans conseil de discipline, la rentrée c’est emmerdant, qu’il s’agisse d’aller à sa convoc à Pôle emploi, de découvrir la biblio de ses cours en fac ou d’être commandé par le manager du mac do dont on tire quelque ressource, alors un peu de lègereté ne nuit pas, comment ne pas rire de l’heureuse modification du programme intervenue à Rennes ?

    Le président de l’université rennes 2 couvert de merde

    à propos du rôle de la fac, institution phare du capitalisme :

    Dix Thèses sur l’Université Productive (Cristal qui songe, 1997)

    Pour devenir toujours moins disciplinés, se demander ce qui distingue le savoir et son évaluation de l’apprentissage :

    Inévitablement (après l’école),
    de Julie Roux, enseignante, chômeur, philosophe et chauffeur-livreur

  • Le 5 septembre 2009 à 14:44

    Par rapport aux conseils de discipline à Lyon, il serait peut-être bien de se mettre en lien. A Saint-Etienne, a été créé un comité de soutien : possibilité de faire passer des infos sur la situation lyonnaise à soutien.ujm42 (at) gmail.com

  • Le 5 septembre 2009 à 11:03

    C’est parce que les Conseils de discipline des établissements d’enseignement sont indépendants des cours de justice. Contrairement à ce que beaucoup de personnes peuvent penser, ce n’est pas parce qu’une personne est condamnée par la justice qu’elle le sera par un Conseil de discipline. Et vice-versa. Et la logique est la même pour les relaxes.

    Une personne comparaissant en justice est poursuivie au titre d’infractions à un (ou plusieurs) code(s) de lois : Code Civil, Code Pénal, ou Code des Impôts par exemple.

    Une personne passant en Conseil de discipline est convoquée parce qu’elle a commis des infractions au règlement intérieur de l’établissement qu’elle fréquente. Dans les cas qui concernent ces billets, il s’agit d’étudiants qui, en s’inscrivant, acceptent de suivre et respecter le règlement intérieur de l’université qu’ils fréquentent. De la même façon que des étudiants hébergés en résidence universitaire acceptent de suivre et respecter le règlement intérieur de celle-ci, par exemple.Tout manquement à ce règlement peut entraîner des sanctions.

    Pour quel(s) fait(s) ces étudiants sont-ils poursuivis ? Pour l’affaire du « bureau de vote » ? Et à quel titre ? Si quelqu’un en dispose, serait-il possible d’avoir un scan de leur convocation ?

  • Le 3 septembre 2009 à 08:32

    et lundi 7 c’est au tour de 2 étudiants de Lyon 2 d’être convoqué en conseil de discipline alors qu’ils avaient été relaxés par la justice...

  • Le 31 août 2009 à 07:22

    et que les seuls étudiant-es ne se sentent pas concerné-es.

  • Le 17 août 2009 à 19:15

    en tout cas pour le 10 septembre (et si ça cadre avec ce qui sera décidé le premier), il semble vraiment important qu’on fasse le déplacement à plein, pour soutenir les camarades comme on dit.
    ce genre de voyages en colère risque de s’avérer vraiment déterminant par la suite, pour éviter que des foyers de lutte particulièrement actifs se fassent réduire les uns après les autres. et puis ça donne des idées aussi...

  • Le 8 août 2009 à 14:12

    Pour celles et ceux qui voudraient venir à la réunion publique le 1er septembre, c’est à 18h30 !

  • Le 6 août 2009 à 14:38, par luc nemeth

    solidaire bien sûr de ces camarades je regrette que ce communiqué reste muet, sur ce qui est un peu plus qu’un détail : la hiérarchie ne pourrait s’offrir le luxe de convoquer de conseil de discipline si elle ne se savait assurée de la complicité de la canaille syndicale, rebaptisée « représentants », dans le cadre des commissions administratives paritaires...

  • Le 5 août 2009 à 14:07, par Etudiants Tref

    Petite correction :

    1er septembre : Réunion publique à la bourse du travail

    10 septembre : Conseils de discipline à la maison de l’université

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