À la lumière d’une prison qui brûle...

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Le 8 décembre, c’est la fête des lumières.

Une grande mascarade autour de la résurrection d’une vieille tradition religieuse. L’occasion de jeter tout le monde dans la rue. C’est que la pacification passe parfois par la fête... nous ne reviendrons pas là-dessus.
Rappelons juste que la dernière édition de l’événement fut l’occasion d’annoncer le plan Lumière 2, pour toujours plus de clarté dans notre ville, tout au long de l’année. Un plan d’éclairage qui ne concerne plus seulement le “patrimoine” mais aussi “les quartiers” et “leur ambiance”. La chose peut paraître anodine. Et pourtant la pacification par l’urbanisme répond depuis toujours à ce même grand principe : ramener l’air pur et la lumière dans nos bas quartiers.
C’est ainsi déjà que l’on voulait guérir un fléau nommé criminalité.
Et la méthode semble toujours d’actualité. Car la lumière rassure, et si elle ne permet pas de guérir tous les maux, elle faciliterait au moins la capture des délinquants.

Lesquels finiront en prison.

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Il y a là-bas peu d’air et de lumière mais on entend toujours y purger les voyous de leur crasse vilenie.
Cela fait des années que Saint-Paul et Saint-Joseph explosent... 300 % dit-on. Et gageons qu’elles ont encore gagné en effectif ces dernières semaines. Car les insurgés qui ont su éclairer nos nuits d’octobre ont subi la colère des juges.
Selon le bilan du ministère de l’intérieur, 4 770 interpellations ont été réalisées, dont près de la moitié après la fin des incidents, débouchant sur 4 402 gardes à vue. 763 individus ont été écroués, dont plus d’une centaine de mineurs.
3 mois ferme pour avoir montré ses fesses à Toulouse, 4 ans pour avoir mis l’étincelle à deux grands magasins d’Arras.
La mascarade judiciaire n’en est que plus éclatante.

Le 8 décembre, nous n’irons donc pas nous extasier devant les installations de quelques abrutis d’artistes.
Depuis quelques années, quelques irréductibles profitent plutôt de la soirée pour aller crier leur solidarité avec les détenus des prisons lyonnaises, et d’ailleurs. Crier parce que les ondes sonores ont cet avantage de traverser les murs.
Cette année encore sera donc l’occasion de quelques parloirs sauvages. L’occasion aussi de scander notre hostilité à l’égard de l’administration pénitentiaire, et de la prison en général.

Pourquoi tant de haine envers cette vénérable institution ?

Disons qu’elle est inacceptable et détestable. L’argument est facile, il n’en est que vrai.
Car la prison tue, humilie, détruit. Elle enferme. Plus globalement, elle est un de ces dispositifs d’un pouvoir qui entend séquestrer, surveiller, redresser nos corps. Au sein des taules donc, mais aussi des usines, des hôpitaux, des écoles...

Ainsi la prison est-elle de plus en plus le reflet à peine déformé de l“’extérieur”, de tout le reste. Vidéosurveillance, biométrie, surveillance GPS, relevés d’ADN n’ont pas tardé à quitter les laboratoires carcéraux pour nous arriver en pleine gueule...
Et il faut voir dans l’humanisation des nouvelles geôles (ultra-technologiques, individuelles et aseptisées, comme l’homme moderne) une autre de ces “ouvertures vers l’extérieur” : les prisons et leur environnement tendent à se (con)fondre.

Ce qui n’annonce pas, du moins pour l’instant, l’obsolescence des taules pour l’État. Il s’en construit ainsi chaque jour, avec l’aide des entreprises de BTP Bouygues, Eiffage, etc. Pour l’agglomération lyonnaise, ce sera un centre pénitentiaire de 690 places, à Corbas... Il parait que Saint-Jo et Saint-Paul seront détruites, ou réhabilitées en logements étudiants. C’est en tout cas ce que prévoit le fameux projet urbain dit « confluence » ? Sans vouloir prophétiser, depuis le début du nouveau programme de construction de taules, aucune n’a été fermée. _ Et la population carcérale n’a cessé d’augmenter...

Ce n’est donc pas sans ambitions que nous levons la main sur la prison, mais bien avec l’espoir d’abattre tout le reste.
Car notre haine contre l’institution carcérale est la même qui alimente notre hostilité à l’égard de ce vieux monde, dans son ensemble.

- Rendez-vous à 18 heures à BELLECOUR (sortie métro face rue Victor Hugo) pour marcher sur Saint-Paul et Saint-Jo.

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