Bosch Vénissieux en grève totale, les dépôts bloqués

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À Vénissieux, trois usines du groupe allemand Bosch employant entre 890 et 900 salariés sont actuellement en voie de restructuration avec une fermeture complète prévue à moyen terme.

Suite à plusieurs mobilisations ponctuelles le 18 février puis le 5 avril qui n’avait pas abouti à un changement de la part de la direction, le 26 avril, un Appel unitaire CGT et FO à la grève illimitée chez Rexroth Bosch Vénissieux était lancé.

Ce jeudi 27, 99% des salarié.es de Bosch Rexroth étaient toujours en grève et l’ensemble des sites Bosh Vénissieux était bloqué.

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Après qu’une délégation a été reçue par la direction du site (qui n’a pas réellement de pouvoir décisionnel sur la fermeture ou non du site), les délégués syndicaux CGT et FO ont expliqué au salarié.es qu’aucune proposition n’avait abouti, et qu’il fallait maintenant discuter de la poursuite du mouvement. Ils ont alors proposé une grève tournante, où chaque jour seule une partie des salarié.es se mettraient en grève, afin de bloquer les sorties de livraison du site pour mettre Bosch dans l’embarras avec ces clients et pouvoir tenir dans la durée.

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Interventions des délégués syndicaux CGT et FO

Après une discussion entre les salarié.es, il est apparu que tout le monde n’était pas forcément d’accord pour cette grève tournante et que certain.es auraient préféré une grève générale illimitée afin de mettre tout le monde au même niveau.

Un vote à bulletin secret est donc improvisé entre le barbecue et les grilles de l’usine afin que chacun.es puissent donner son avis entre la grève tournante et la grève générale.

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Il faudra attendre plusieurs heures avant le résultat final, ce afin d’attendre que celles et ceux travaillant uniquement l’après-midi soient venues et aient pu exprimer leurs votes.

Nous ne sommes pas resté.es jusqu’au bout du dépouillement, mais des salarié.es nous ont ensuite contacté pour nous dire que le vote avait validé le principe de la grève illimitée tournante.

N’hésitez donc pas à passer sur le piquet de grève pour venir soutenir ces grévistes qui se lancent dans une longue bataille.

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D’autre part, un peu avant que la délégation ne sorte du bureau de la direction, nous étions allé à la rencontre de Kamal, délégué syndical CGT pour en savoir un peut plus, voici ses précisions :

Qu’est ce tu peux me raconter pourquoi vous êtes là aujourd’hui ?
Ça fait un certain nombre de temps qu’on se mobilise pour l’avenir du site. Les jours, les mois, les semaines passent et il y a toujours un message négatif qui intervient contre l’avenir de nos emplois sur le site. Là, par exemple, on a la direction qui propose un projet de réduction de coût sur la partie Rexroth, ce qui signifierait clairement la fin du site à court terme. Ils ne dérogent pas sur l’application de ce projet là, donc nous on est là pour trouver une solution pour sauvegarder l’emploi à Vénissieux.

Quelle est la proposition qu’ils veulent vous imposer ?
La proposition c’est une mesure qui supprime la plus grande partie de la production sur le site et donc une grande partie des emplois. On reduit de plus de 60% le chiffre d’affaire sur le site. Ça ramènerait à 30% le chiffre d’affaire par rapport à l’actuel. Donc ils perdent du chiffre d"affaire, ils perdent des compétences voire des moyens de production et ils perdent un nombre conséquent de salariés, ça veut dire qu’à court terme c’est fini, c’est la mort.

Comment ils justifient cette proposition ?
C’est une stratégie. Il s’appuient sur le fait que le groupe perd de l’argent au niveau mondial pour faire des restructurations. Il ont décidé que Vénissieux Rexroth dois payer ce tribut.

Mais vous avez des plans alternatifs à proposer ?
Il y a plusieurs plan. Il y a le plan porté par la direction locale qui comporte lui aussi un certain nombre de suppression d’emplois, moindre mais quand même très importantes. Nous, on veut le maintien et développement de la production à Vénissieux. C’est une solution qui est économiquement intéressante, l’expert en a fait la démonstration et cela pourrait aussi permettre de sauver la partie diesel qui est menacée de fermer fin mars 2017.

Vous espérez aussi sauver les autres pôles ?
Ici, on est dans une démarche globale. On considère que Vénissieux c’est un seul site avec plusieurs activités. Le but de la direction, justement, c’est de morceler pour faire en sorte que ce ne soient que des petites activités. Alors que quand on regarde le site de Vénissieux dans son ensemble, on se rend compte que c’est plusieurs centaines de salariés qui sont concernés. Ils essayent de nous diviser les uns des autres pour dire ensuite qu’on est trop peu nombreux pour amener une vraie production. Du coup, il n’y a qu’une partie du pôle recherche qui est menacée, qu’une partie des commerciaux qui sont menacés etc.. mais ça fait quand même un certain nombre d’emplois qui partent et ça impacte la productivité. Et du coup, si la productivité baisse, après il peuvent dire qu’il vaut mieux partir.

Et les syndicats de cadres, ils vous suivent ?
Oui, ils sont là. Dans un premier temps, c’était les copains de la CGT-FO qui ont lancé le mouvement, puis ils ont fait appel à leurs camarades de la CGT. Au début, ils savaient pas trop si cétait le bon moment pour bouger. Mais ensuite le mouvement s’est lancé et maintenant ils sont là. Si on regarde la population de gens mobilisés, vous verrez qu’il y a pas que des ouvriers, il y a aussi de cadres et des gens de la production. Il doit manquer que les deux directeurs en fait mais toutes les catégories sont représentées sinon. Là de toute manière l’usine est bloquée, 90% des gens sont mobilisés. On verra comment le mouvement se poursuivra après, ça sera en fonction de ce qu’on aura eu.

Quel est le mode de décision pour décider ou non de la poursuite de la grève ?
Là il y a eu une prise de parole des syndicats plutôt pour faire un point sur la mobilisation. Pour négocier avec la direction, il faut des décideurs. Là, ils sont reçus par des représentants. Ils ressortiront de la réunion et ils feront un retour sur la rencontre et ensuite les salariés décideront des suite à la mobilisation.

P.-S.

Paroles et photos recueillies dans le cadre du collectif d’entraide à la rédaction.

NDRL : Suite à un souci technique quelques minutes du débuts de l’intervention du délégués CGT proposé ici sous format sonores ont été coupés, nous nous en excusons

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