« Cacerolazos » pour les 28 ans des Mères de la Place de Mai

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« La seule lutte qu’on perd, c’est celle qu’on abandonne »

ARGENTINE EN LUTTE EN AMÉRIQUE LATINE

En 1976, la barbarie a fait plus de 30 000 disparus en Argentine. La mémoire est une arme des peuples qui veulent lutter. Cela fait 28 ans que luttent les mères et les grand-mères de la Place de Mai à Buenos Aires. Elles ont éclairé toutes les luttes en Amérique latine : communautés zapatistes en lutte au Chiapas, mouvement des "sans-terre" du Brésil, lutte des peuples indigènes, révolution bolivarienne... ; au Moyen-Orient, avec les Femmes en Noir... ; en Europe, en Afrique, en Asie...

Et, par leur action, elles nous ont toujours dit : « La seule lutte qu’on perd, c’est celle qu’on abandonne ! »

Venez, avec des casseroles, pour un rassemblement à Lyon Place des Terreaux le Vendredi 25 Mars à 18 heures. Comme elles, vous pouvez vous habiller de noir avec un fichu blanc. Et, nous tiendrons compagnie aux "Femmes en Noir" qui sont présentes à Lyon, quelque soit le temps, chaque vendredi à cet endroit.

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C’est un hommage à la résistance d’un groupe de femmes, issues de toutes les catégories sociales d’Argentine. Leurs enfants furent enlevés par les forces armées durant la dictature instaurée en 1976. Des femmes unies par un sentiment d’impuissance face aux disparitions massives de leurs enfants et petits-enfants, la plupart exécutés et enterrés dans des fosses communes, d’autres balancés vivants, dans l’eau, du haut d’avions.

Ces mères anonymes ont transformé leur peur et leur silence en révolte, et aujourd’hui encore elles réclament justice, dans un pays où les assassins bénéficient d’une grâce exceptionnelle. Elles n’ont pas voulu que la mémoire s’efface, et depuis maintenant 28 ans, chaque jeudi, elles manifestent sur la place de Mai de Buenos Aires. Aux politiques qui veulent tourner la page, elles leur demandent d’emprisonner les coupables, refusant l’indemnité financière proposée au 30000 familles des victimes en guise de réconciliation. Parties d’un besoin de se regrouper pour dénoncer les disparitions, elles ont, à leur tour, adopté l’idéologie et l’énergie de leurs propres enfants, devenant ainsi une référence pour tous les combats révolutionnaires d’Amérique latine et du monde.

Ce qui caractérise avant tout l’action des mères de la place de Mai, c’est l’auto-organisation, la prise en main directe de leur propre destin, loin des schémas traditionnels de la lutte politique. Ce qui paraît essentiel, c’est la façon dont ces femmes ont construit leur lutte, initié leur démarche revendicative, et ce en dehors de tout appareil, de tout système militant. Et, à ce jour encore, elles refusent mordicus toute allégeance à un quelconque parti ou syndicat.

Ces femmes n’étaient point « destinées » à la revendication, à la dénonciation, à la critique - en un mot à la rébellion ouverte contre le pouvoir - ont vu leurs vies de mères et de grand-mères brutalement transformées. La volonté génocidaire des militaires argentins (trente mille morts et disparus de 1976 à 1983) a conduit ces femmes - anonymes parmi les anonymes - à se découvrir une personnalité, à se forger une identité : dire non au silence assourdissant entourant les multiples et perverses exactions d’une junte qui régna d’une main de fer.

Avec ce non à la barbarie, à l’oubli et au pardon, avec ce cri prononcé avec autant d’inventivité et autant d’audace, avec ce cri qui a été repris en d’autres parties de la planète où le pouvoir des puissants s’exerce en toute impunité, prenons de la graine, en ce qu’il recèle de puissance de rupture, fausse note déchirant le conformisme ambiant.

Et puis, sachons reconnaître, notamment lorsque la situation est grave, le rôle politique immense joué par les femmes. [1]

P.-S.

A l’initiative, à Lyon, de :
SOLMA (Solidarité avec les Mères de la Place de Mai)
Réseau TANDEM Sud/Nord
Chômeurs sans frontières

contact : tandem_surnorte@yahoo.com
06 99 56 59 09


Voir aussi cet article de l’En Dehors « Argentine : Répression judiciaire contre les chômeurs » sur la situation actuelle à Buenos Aires, où l’on veut réprimer les plus pauvres, les « piqueteros ».

Notes

[1A lire ce livre écrit par les Mères de la Place de Mai : « Résister c’est vaincre » Editions Gatuzain, Bayonne

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