Consolidation de l’axe Lyon-Vichy…

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Tout feu tout flamme. Dimanche 9 avril, quatre mineurs sont interpellés suite à l’incendie d’une voiture stationnée dans un parking souterrain de Villefranche (pour mémoire un mc do et un gymnase situés à deux pas avaient déjà flambé pendant les émeutes de novembre). Le même jour trois bagnoles crament à Vaulx où les flics appréhendent un « suspect » (casquette, jogging, etc.). Et dimanche, toujours, un autre vaudais est interpellé après qu’il se soit rebellé violemment lors d’un contrôle par deux agents SNCF. Vendredi 14 avril, cinq voitures sont incendiées dans le 9°, boulevard de la Duchère. Une école primaire est re décorée et partiellement incendiée pour Pâques (lundi 17), à Rillieux-la-Pape. Mercredi 19 un contrôleur TCL est blessé dans une bousculade provoquée par un fraudeur ayant de la suite dans les idées. Le même jour la direction des TCL annonce sa décision « d’humaniser le réseau » en embauchant à l’essai 300 RMIstes et demandeur/euses d’emploi, pour « accompagner la montée obligatoire par la porte avant des bus » (à partir de mai). Transformer 300 « exclu/es » en flics qui pourront contrôler les déplacements et donc une partie de la vie des autres pauvres, voilà une belle leçon d’humanisme.

Le mouvement « anti-cpe, anti-cne, anti- monde du travail » bouge encore : blocage mardi 11 avril du centre de tri de Saint-Priest, jusqu’à ce qu’une AG soit convoquée avec les travailleur/euses. Difficile de faire plus bêtement démocratique : même les patrons et les flics sont admis dans la réu qui se déroule à ciel ouvert, une fois les barricades retirées… les salariéEs sont dégoûtéEs : seul un blocage effectif tout le temps des discussions aurait permis que les gens parlent sans pression. Blocage de la gare Part-Dieu le vendredi 14 ; ça dure à peine 40 minutes et les bloqueur/euses repartent en manif sauvage vers le centre commercial. Ça se chauffe un peu avec les vigiles et les flics : une personne extérieure à la manif mais néanmoins motivée aurait été arrêtée pour outrage, avant que les restes de la manif se fassent escortés par les CRS jusqu’à la place Guichard.

Class war : Grève au Carrefour de Vaulx-en-Velin, le 14/04, pour une hausse des salaires et une amélioration des conditions de travail. Mercredi 19 avril une grève des salarié/es de TEO provoque près de 40 km de bouchons sur l’agglomération lyonnaise. L’action péage gratuit envisagée initialement s‘est trouvée transformée en blocage par la direction : c’est qu’il faut avoir de l’imagination pour casser un mouvement mobilisant au départ 96% des personnels… Jeudi la grève est reconduite. Vendredi 21 le périphérique nord est ouvert gratuitement aux automobilistes… avant que la direction envoie un huissier pour assigner les grévistes, et mette en place un service minimum sur une file, assuré par les personnels non grévistes, sous la protection de la police.

Pô d’justice… Rafle ciblée : le 7 avril une « étudiante étrangère » de l’université Lyon 2 est arrêtée dans les locaux de la préfecture, alors qu’elle venait consulter son dossier de régularisation. Jeudi 13 : un équipage de flics balance des gaz lacrymo et doit appeler une patrouille en renfort pour « se dégager d’un attroupement hostile » à Grigny. Quelques projectiles sont balancés et des habitantEs dénoncent publiquement « l’attitude provocatrice de la police ». Un jeune sera interpellé ensuite pour caillassage et passera en comparution immédiate le 18 : accusé dans le PV des flics « d’avoir jeté une pierre qui a manqué de peu une policière », il reconnaît avoir insulté les condés « parce que sa mère et son frère avaient reçu des gaz » ; malgré les attestations en sa faveur et des contradictions dans les rapports de police, le juge prononce son maintien en détention jusqu’au « jugement sur le fond »… le 16 mai ! Vendredi 14 une instruction est réouverte concernant la mort suspecte de deux jeunes de 17 ans, après l’incendie de leur cellule en 2002. La première affaire s’était conclue évidemment par un non lieu. Samedi 15, une gardienne de prison prend deux ans dont un ferme pour avoir fait passer du shit à son « amoureux », incarcéré à Saint Paul. Le 20 avril un homme est électrocuté au taser alors qu’il cherchait à éviter les flics, pour une histoire de cigarettes de contrebande. Le même jour se tenait le jugement en appel du gendarme Hervé Salesse, qui a assassiné Aurélien Joux à Feurs le 10 mars 2003. Ce sympathique militaire est toujours en poste, il a pris 18 mois avec sursis sans inscription au casier en première instance, et pas d’interdiction de porter une arme : « une peine trop humiliante » d’après l’avocate générale qui n’ a demandé qu’une confirmation de (non) peine (rappel :l’avocate générale est sensée prendre en charge l’accusation mais elle considère pour ce cas spécifique que l’assignation de l’adjudant au poste de standardiste a constitué une punition largement suffisante : d’accord, mais qu’on traite de la même manière toutes les personnes placées sous les verrous pour avoir refroidi un condé… A vos machines à écrire !).

Des « délinquants » électrocutés pour trois paquets de clopes, des personnes en taule pour avoir chahuté pendant une manif ou avoir tenu tête aux flics qui gazent dans tous les sens, des gendarmes qui tuent en toute impunité… ça fait plaisir de vivre dans une région sûre. Ou pour le dire à la façon de G. Colomb, dans une zone où « la tranquillité publique est la première des libertés. A Lyon on a décidé d’aborder les questions de sécurité sans aucun tabou » (19/04). Sans aucune limite : tout contrôler, des déplacements urbains aux passions coupables de la jeunesse, que surtout rien ne puisse advenir qui soit de l’ordre du débordement. Que rien ne bouge sous les globes de surveillance. Le mot de la fin revient encore à G. Colomb qui déclarait le 20 avril : « sans animation la ville ne serait faite que de retraités [et de flics, et de vigiles, et de contrôleurs… tous ces gens vides à l’intérieur qui croient en leur job et font croître le désert]. Et là ce ne serait plus Lyon mais Vichy ». On y est.

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