Le service d’ordre de la CGT embrouille le cortège lycéen lors de la manifestation contre Macron

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Loi travail

Témoignage d’un lycéen à propos de la manif du jeudi 2 juin à Oullins.

Comme à mon habitude j’étais présent ce matin à la manifestation à Oullins, avec mes camarades de la coordination lycéenne, nous étions tout.e.s content.e.s de pouvoir repasser une journée de lutte, cette fois en compagnie de nombreux.ses grévistes !

Arrivé sur les lieux de la manifestation nous avons tenté de savoir comment allait s’organiser le cortège, comme toujours nous posions alors la question « le cortège non encarté devant ? » ce à quoi nous a été répondu que cette fois-ci il serait pertinent de laisser les grévistes de Feyzin prendre la tête, le cortège non-encarté suivrait alors.
Aucun problème pour nous, nous étions même ravies de savoir que devant nous les grévistes qui luttent très durement mèneraient la manif. Pourtant, au bout de quelques minutes devant la gare d’Oullins la manifestation commence et manifestement ce ne sont pas les camarades grévistes en tête. Nous cherchons alors à nous positionner ne sachant plus où nous mettre. Après des minutes passées entre deux parties du cortège de la CGT, nous prenons la décision d’aller voir des responsables syndicaux afin de savoir pourquoi la situation n’est pas la même que décrite au départ. On nous répond de manière très virulente « cette fois-ci ce n’est pas vous, l’inter-syndicale devant, les lycéens derrière ». Interpellés par cette réflexion nous tentons d’entamer une conversation avec ce responsable qui nous explique que si on tente de passer devant « ça se passera mal ». Fatigué de cette manipulation, le cortège non-encarté décide alors de prendre la tête.

C’est à ce moment que tout a basculé en une fraction de seconde, un groupe du S-O des syndicats nous a alors sauté dessus en nous poussant violemment contre le muret. Nous tentons d’entamer une discussion, mais les choses dégénèrent, mes camarades se font prendre à partie, certain.e.s frappé.e.s et tout cela en une fraction de seconde. Je ne suis plus en sécurité, moi et mes camarades ne le sommes plus. Cette altercation dure alors un certain nombre de temps et à chaque fois des renforts du S-O débarquent pour nous casser la gueule. Les esprits s’échauffent et la tension ne retombe pas. Je me balade alors dans le cortège à la recherche de responsables et commence alors une ribambelle d’insultes venant de différentes personnes du S-O : « Casseurs ! » « Voyous » « Connards » « les gens comme vous on les frappe et on les vire ». Décidément, je ne me sens vraiment plus à l’aise dans cette manifestation, j’en viens même à me méfier d’un poing dès que je croise un gilet rouge. Dépité, je rejoins mes camarades autant déprimé.e.s que moi. Nous partons la rage au ventre et les larmes au coin de l’œil.

Rien de tout ce qui s’est passé lors de cette manifestation n’est légitime ! Nous ne pouvons pas accepter qu’un « service d’ordre » se permette de frapper des lycéen.ne.s et des jeunes seulement car ils sont masqué.e.s ou je ne sais quoi. Je déplore cette situation tragique ! La semaine dernière nous avions reconnu de gros pas fait vers nous de la part des responsables et membres du S-O syndical mais là, tout est à recommencer.

J’ai la haine. La haine de savoir qu’une bande de virilistes se permettent de réprimer les mouvements de jeunesse de cette manière au nom du syndicalisme ! Car les syndicalistes, nous les connaissons et ils/elles sont tout sauf nos ennemi.e.s ! Ce sont nos camarades, nos allié.e.s, mais surement pas ces personnes. Je tiens à remercier d’ailleurs tout.e.s nos camarades syndicalistes qui se sont interposé.e.s durant cette altercation pour nous défendre !

Aujourd’hui la faille est grande, mais je ne désespère pas même si ce soir je me coucherai avec une grande rage emplie de tristesse !

Un lycéen en colère.

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