Kanaky : de la grève à la prison pour 15 syndicalistes

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Depuis trois mois, un conflit social oppose le syndicat USTKE à la direction de la société CARSUD (groupe Véolia) à Nouméa. Depuis la répression du 19 janvier, 50 camarades ont été arrêtés, 15 d’entre eux sont toujours maintenus en détention et 20 autres ont été sérieusement blessés par les gardes mobiles français.

Depuis plusieurs mois, un conflit oppose l’USTKE (Union Syndicale des Travailleurs Kanaks et des Exploités) et la direction de Carsud, une entreprise de transport en commun de l’agglomération de Nouméa (Kanaky [1]), du groupe Véolia. L’USTKE puissant syndicat indépendantiste, souhaite la réintégration dans l’entreprise Carsud d’un salarié licencié injustement.
Le 9 janvier, la grève générale a été lancée par le syndicat et des grèvistes ont occupé un terrain voisin de l’entreprise Carsud sans bloquer l’entreprise.

Dans la nuit du 19 janvier, 200 policiers et gendarmes sont intervenus sur les lieux pour déloger les syndicalistes. Ils se sont affrontés violemment pendant la nuit avec plusieurs centaines de grévistes, à coup de grenades lacrymogènes d’un côté et de jets de pierre de l’autre. 50 camarades ont été arrêtés. A la fin de la journée, on comptait 20 blessés dont 5 graves à cause des tirs tendus de flashball et des centaines de grenades lacrymogènes. Parmi les camarades arrêtés, bon nombre ont été aussi passés à tabac au commissariat. La répression de l’État colonial a été féroce.

Au 29 janvier, dix d’entre eux sont toujours maintenus en détention jusqu’à leur procès prévu dans un mois. Six autres ont été arrêtés à leur domicile [2] ou sur leur lieu de travail et doivent être jugés en comparution immédiate dans les jours qui viennent.

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Différentes organisations ont apporté leur soutien à l’USTKE : le Conseil National des Droits du Peuple Autochtone, les signataires de la Plateforme des nations sans États, l’AISDPK (Association d’information et de soutien aux Droits du Peuple Kanak), la CGT, la Ligue Communiste Révolutionnaire, le syndicat SUD, le Syndicat des Travailleurs Corses.

Le Comité Anti Répression Corse (CAR-Corsica) dénonce la criminalisation du mouvement social kanak par la justice coloniale française et exige la libération immédiate des syndicalistes emprisonnés ainsi que l’abandon de toute poursuite à leur encontre, dans son communiqué du 29/01.

Dans son communiqué de presse du 30/01 l’USTKE réaffirme la volonté de voir toutes les poursuites judiciaires abandonnées à l’encontre de ses militants et en appelle à la solidarité de tous pour que leur libération intervienne dans les meilleurs délais. Il rappelle aussi que toutes les intimidations, les menaces et les arrestations ne sauront faire fléchir l’USTKE dans le combat juste qu’elle mène à CARSUD et réaffirme que la seule issue à ce conflit passe par la signature d’un protocole d’accord.

Voir aussi :

Solidarité avec l’USTKE (Union Syndicale des Travailleurs Kanaks et des Exploités)

Le site de l’USTKE

Plusieurs articles à ce sujet sur RFO

Notes

[1Si la Nouvelle Calédonie n’était pas une colonie française, elle s’appellerait Kanaky

[2avec l’intervention du GIPN

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