L’Espace Autogéré des Tanneries reste !

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L’Espace autogéré des Tanneries à Dijon vient de remporter une première victoire, et vous invite à venir fêter ça les 9 et 10 juin.
D’ici là, voici un récit des récents évènements, suivi d’un court bilan.

Manifestive et occupation des arbres : un récit

Samedi 19 mai 2007, centre ville de Dijon. La manifestive de soutien à
l’Espace Autogéré des Tanneries commence par la lecture d’un texte de
solidarité en provenance de Barcelone, où, au même moment, se tient une
manifestation de défense des espaces autonomes, clôturant quinze jours
d’actions mené·e·s par les squatteurs et squatteuses barcelonais·es.

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Un cortège déterminé et festif d’environ 400 personnes parcourt les rues de
Dijon, derrière une banderole « Défendons les espaces
autogérés ! »
,
au rythme d’une batucada hybride
parigo-freiburgo-lyonnaise

(« big up » aux samba kids !). Outre les
bulles et
pancartes
portées par les manifestant·e·s, des affiches et détournements sont collés sur
les murs et vitrines de la
ville
tout au
long du parcours.

Au moment de la dispersion, le cortège se dirige vers le square situé derrière
la mairie. Sur place, des grimpeur·euse·s s’encordent et se hissent
rapidemment au sommet des
arbres

avec hamacs, vivres, bâches et banderoles, pendant qu’est distribué un tract
intitulé « cerise sur le
tilleul »
.
Il est annoncé l’occupation aérienne et permanente du parc, soutenue par
diverses activités au sol, dans l’attente d’un engagement ferme de la mairie
sur l’avenir des Tanneries.

De grandes
banderoles

sont suspendues entre les
arbres
,
pendant qu’en contrebas, sont installés un stand de frites « Do It
Yourself »
, des
tables de
presse
, ainsi
qu’un grand nombre d’affiches et photos représentant dix ans de mémoire des
Tanneries, tout le long des grilles du square.

Le soir venu, le maire demande à la police d’intervenir pour faire évacuer le
parc et mettre un terme à l’occupation des arbres, mais la préfecture lui
répond qu’elle ne dispose pas des forces nécessaires. Le directeur de cabinet
du maire et des
élu·e·s se
rendent alors sur place la nuit venue, pour demander la fin de l’occupation.
Nous refusons. Quelques minutes plus tard, promesse est faite de renouveller la
convention d’occupation jusqu’en 2011. À défaut de papier signé, les
occupant·e·s restent dans les arbres, et passent une première nuit en hauteur
pour maintenir la pression.

Le collectif se réunit, et accepte de quitter le parc à une condition :
que la convention signée ne puisse pas être cassée, si la Générale de
Santé
venait à acquérir le terrain actuellement occupé par l’espace
autogéré. Après avoir obtenu un accord ferme sur ce point et avoir
réceptionné, dimanche midi, la convention prolongée signée de la main du
maire, nous mettons fin à l’occupation.

Dernière rencontre au cabinet du maire

Au lendemain de l’action, nous nous sommes rendus à la mairie, pour
discuter des termes de la garantie vis à vis de la Générale de Santé.
Nous avons obtenu qu’une clause soit ajoutée au contrat en cours de
négociation, indiquant que même si le terrain que nous occupons était
cédé, notre convention avec la mairie resterait valide.

Par ailleurs, la mairie, qui souhaitait de toute évidence calmer
l’affaire avant la fête de rue que nous annoncions pour le 9 juin,
veille des élections législatives, a annoncé sa volonté de négocier avec
nous sur l’après 2011. Sans nous montrer fermé·e·s au dialogue, nous
avons à ce sujet affirmé clairement que la nouvelle signature ne nous
engageait absolument pas à partir après 2011.

Après 10 ans de vie et construction sur un site, nous souhaitons
toujours y rester le plus longtemps possible, quelles que soit les
énormes pressions financières sur ce terrain ou les possibilités de
relogement.

Au conseil municipal du lundi 21 mars 2007

La droite locale, qui, la semaine dernière, nous accusait dans la presse
d’avoir « organisé » les émeutes du 6 mai au soir et se plait à nous
voir depuis quelques années comme grand responsable de l’« insécurité »
à Dijon, n’a pas tardé à contre-attaquer.

En ouverture du Conseil Municipal, grand show politique depuis sa
retransmission sur internet, Yves Japiot de l’UMP, a demandé des comptes au
maire sur la prolongation de la convention, annoncée par voix de presse le
matin même
, et
a rappelé de quelle manière « scandaleuse » nous avions « squatté » le
conseil municipal de mars dernier. Il a ensuite interpellé le maire sur le fait
que le renouvellement de la convention encourageait un foyer de « subversion »
(citant nos tracts), et qu’il laissait en cadeau à la future mairie, par un
coup de force, une hypothèque sur l’avenir de ces locaux. Et de continuer sa
tirade en souhaitant que nous « trouvions du travail » (!), « but de tout
homme » et que la mairie ne permette la poursuite que des activités jugées
« utiles » dans des locaux qu’elle fournirait.

François Rebsamen lui a longuement répondu, confirmant qu’il avait pris la
responsabilité de proroger notre convention de 3 ans dans des termes inchangés,
jusqu’en juin 2011, poursuivant ainsi : « Maintenant, il faut être un peu
patient, M. Japiot, les élections auront lieu au mois de mars de l’année
prochaine. [...] Mais, ce qu’un maire a fait, un autre maire peut le défaire et
donc vous pourrez largement faire campagne pour annoncer que vous supprimerez
le bail des "Tanneries" » avant de conclure par « Je vous souhaite bien du
courage ! ».

Conclusion (provisoire)

Nous retenons pour notre part, après deux nouveaux mois de lutte, que
les occupations de Conseil Municipal et de la Générale de Santé, les
présences aux meetings électoraux, les centaines de mails et de coups de
téléphones reçus par la mairie, les pourparlers avec les divers acteurs
du projet d’urbanisme, les tracts et affiches dans toute la ville, les
nombreuses lettres de soutien de collectifs et d’associations, les
actions de solidarité internationales à Berlin, Barcelone ou Copenhague,
l’occupation des arbres devant la mairie n’auront pas été en vain.
C’est bien cette mobilisation massive aux stratégies multiples qui nous
aura permis de gagner de nouveau une relative tranquilité.

Cette lutte nous a aussi démontré à quel point les projets qui menacent
des espaces précieux devaient être surveillés et combattus le plus tôt
possible pour espérer pouvoir les contre-carrer. Aujourd’hui, nous avons
obtenu une victoire, temporaire certes, mais qui prouve, et c’est
primordial, que des rapports de force et actions directes peuvent
toujours aboutir et permettent de se faire entendre. Cela renforce notre
confiance dans notre capacité à lutter encore, avec vous, le jour où
l’avenir des « Tanneries » sera de nouveau menacé.

Nous n’aurions rien pu faire sans le soutien de toutes celles et ceux pour qui
« Les Tanneries » comptent et qui se sont bougé·e·s à Dijon ou à des centaines
de kilomètres. Nos pensées vont tout spécialement aux autres espaces autonomes
actuellement menacés, des squats barcelonais à la Rigaerstraße et au Köpi à
Berlin, en passant par le KTS à Freiburg, ou Ifanet à Thessalonique, sans
oublier les ex-occupant·e·s d’Ungdomshuset à Copenhague. C’est vers eux que
nous souhaitons maintenant porter notre solidarité. Les temps qui viennent ne
s’annoncent pas faciles, alors profitons du répit accordé ici pour multiplier
subversions et solidarités.

Invitation à fêter ça, les 9 et 10 juin

Dans la mesure où la mairie a cédé sur nos revendications, nous conservons les
concerts et portes-ouvertes annoncés pour les 9 et 10 juin, mais acceuillerons
l’ensemble des activités aux Tanneries. Ce sera pour nous l’occasion de fêter
10 ans d’espace autogéré, de présenter nos activités et de visibiliser d’autres
résistances en cours.

On reste et restera... parce qu’on aura toujours la rage !

— le collectif de l’Espace Autogéré des Tanneries

P.-S.

Le site internet des Tanneries, c’est  !

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