Le Babanne n’est pas un « Marseille bis » !

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Lyon 7e

Nous occupons depuis le 2 octobre un bâtiment situé au 142 cours Gambetta, appartenant à la société de bailleur social Vilogia. Malgré l’absence de projets et pour des motifs fallacieux, nous sommes aujourd’hui expulsables.

Nous occupons depuis le 2 octobre un bâtiment situé au 142 cours Gambetta, appartenant à la société de bailleur social Vilogia. Parmi la soixantaine de personnes vivant ici, un certain nombre est en situation difficile, notamment plusieurs Albanais.es présentant des états de santé très précaires, ainsi qu’une dizaine d’enfants.

Il n’y a pas de projet imminent sur le bâtiment, les propriétaires étant incapables de fournir la moindre pièce allant dans ce sens. Vilogia ne fera aucun usage de notre logement avant la fin de l’hiver. Nous avons pourtant été assignés du jour pour le lendemain au tribunal de grande instance. Comment préparer notre défense dans ces conditions ? Ce premier procès n’ayant pas débouché sur la suspension de la trêve hivernale, notre adversaire a entamé une nouvelle procédure avec un délai tout aussi court afin de demander notre expulsion immédiate. Le juge leur a donné raison. La motivation principale de cette décision était la supposée dangerosité du bâtiment. Aucun document sérieux n’a pu être fourni par l’avocate adverse pour justifier le péril imminent. Nous sommes pourtant aujourd’hui expulsables, alors que les températures baissent et que plusieurs familles vont se retrouver sans solution de relogement. 

Des membres du service de sécurité et prévention de la ville de Lyon (habilités à décréter de l’insalubrité d’un bâti) sont venus après le procès. Ils ont constaté dans leur rapport que rien ne permet de justifier de la dangerosité du bâtiment. Vu le caractère mensonger des propos de la partie adverse, et compte tenu de l’actualité récente, nous ne pouvons nous empêcher de penser que Vilogia utilise cyniquement la tragédie qui s’est produite dans le quartier de Noailles, à Marseille, afin de pouvoir nous expulser au plus vite d’un lieu tout à fait propice à la vie collective. Leur avocate a d’ailleurs affirmé qu’il s’agirait d’un « Marseille bis ». Nous ne pouvons que nous indigner face à cette stratégie, qui dénote un manque de respect certain pour la mémoire des victimes de l’habitat précaire. 

Alors que partout montent les critiques contre la métropole sur le nombre d’enfants scolarisés vivant dehors, Vilogia, une entreprise à caractère social, avec le soutien de la préfecture, s’apprête à mettre à la rue des enfants et des personnes âgées. Certain.es habitant.es présentent de lourd problèmes de santé et leur situation administrative ne leur permet pas de se loger par d’autres moyens que le squat. On peut se demander si le Grand Lyon a prévu assez de places en logement d’urgence pour accueillir les nombreux.es expulsé.es de l’hiver 2018-2019. Aucun effort n’est déployé pour engager l’État français dans son devoir d’assistance aux réfugié.es et la trêve hivernale est pourtant de plus en plus systématiquement supprimée. Dans un cadre de marginalisation et de criminalisation du squat, quelles solutions sont proposées aux nombreux.es précaires 

Les habitant.es du Babanne occupé autogéré

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