Manif des Gilets jaunes : Interpellation le 23 mars

750 visites
Gilets Jaunes

Samedi 23 mars, V manifeste pacifiquement Rue de la République à Lyon. Il est interpellé brutalement, et c’est le début de 48 heures qu’il n’oubliera pas.

Samedi 23 mars 2019, mon fils V, 19 ans, non violent, participait à la manifestation des gilets jaunes à Lyon. A ce moment-là, il était rue de la République. Un policier lui a fait une balayette, V est tombé et a reçu des coups de matraque sur la tête, la nuque, les jambes. La généraliste qu’il a vu par la suite a constaté des marques sur la hanche et une bosse à la tête. Ensuite, il a été plaqué contre un mur. Il a été fouillé. Des policiers l’ont emmené jusqu’à leur camion, en le tenant par le col devant les manifestants et en lui suggérant que ce serait drôle s’il se faisait caillasser.

Il a été placé en garde à vue au commissariat du 8e. Les policiers qui l’avaient interpellé ont porté plainte contre lui pour violence. Ce n’est que lundi midi que V a eu le soulagement d’apprendre que la plainte n’était pas retenue. Plusieurs entretiens ont eu lieu, afin de lui faire comprendre qu’il était dans de mauvais draps mais en restant évasifs. Normal, quelle faute pouvait-on objectivement lui reprocher ? Aucune, à part une participation pacifique à un rassemblement. En théorie, le gardé à vue a droit à 30 minutes de communication avec des proches. Mais V s’étant vu confisquer son téléphone, il n’avait pas notre numéro. Il a demandé qu’on cherche celui du fixe de son père, mais les policiers ont eu la flemme de chercher dans les pages blanches. Une « avocate » a été désignée. Mais elle passait son temps à dire à V qu’il lui cachait sans doute quelque chose, et elle a déclaré qu’elle n’avait pas le droit de contacter les proches.
On a demandé à V de consentir à un prélèvement ADN et de communiquer son code PIN. Il a refusé. Mais des lois récentes y obligeant, ça y était, la police tenait enfin un motif de garde à vue.

De notre côté, nous étions très inquiets de ne l’avoir pas vu rentrer. Le lendemain après-midi, j’ai obtenu à la gendarmerie l’information selon laquelle mon fils avait été placé en garde à vue, et qu’il aurait une audience au Tribunal de grande instance le lundi. Sans autre détail, par exemple sur les raisons. Donc, même si je sais que V n’est pas violent, j’ai pu tout imaginer !

Deux nuits en garde à vue, dans une cellule individuelle pourvue de : un matelas, une petite couverture, un robinet et des WC à la turque. Pour le PQ, réclamer ! Ni savon ni autre frivolité. Nourriture minimale. Sous-entendus moqueurs ou menaçants. Solitude, temps terriblement long où on doit envisager les pires scénarios. A tel point qu’une esquisse de sourire d’un gardien rappelle un instant que la chaleur humaine, ça existe, mais pas là... Refus de donner son livre à V (« C’est pas un centre de vacances ! »). Son pull avait été rangé dans son sac mis sous scellé, alors il reste en T-shirt tout ce temps.
Lundi 25 mars, nous l’avons attendu toute la journée au TGI, apprenant en début d’après-midi qu’il passerait en correctionnelle en juin, et les charges contre lui, grâce à sa nouvelle avocate (par chance, la première n’était plus disponible). C’est cette nouvelle avocate qui a obtenu qu’il ne soit pas placé sous contrôle judiciaire jusqu’en juin. V est sorti enfin à 17h. Sans son portable, gardé sous scellé. Ses amis, son père et moi avons eu l’immense joie de le prendre dans nos bras.

Reste à préparer sa défense pour juin, afin d’éviter, je l’espère, l’inscription au casier judiciaire et le sursis.

Acte XIX à Lyon : Vers l’infini et au delà !

Après la réunion des différentes manifestations (Gilets Jaunes, Climat et Condamnation des violences policières) de samedi dernier lors de l’acte XVIII, continuons le combat pour de vrais changements économiques, sociaux et écologiques. Refusons la banalisation de la violence policière permanente dans (...)

24 mars

Proposer un complément d'info

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Publiez !

Comment publier sur Rebellyon.info?

Rebellyon.info n’est pas un collectif de rédaction, c’est un outil qui permet la publication d’articles que vous proposez. La proposition d’article se fait à travers l’interface privée du site. Quelques infos rapides pour comprendre comment être publié !
Si vous rencontrez le moindre problème, n’hésitez pas à nous le faire savoir
via le mail contact [at] rebellyon.info

Derniers articles de la thématique « Gilets Jaunes » :

>Le bouleversement des Gilets Jaunes

Cela fait maintenant plus de six mois que le mouvement des Gilets Jaunes a pris forme et s’est déployé sur le territoire. A bien des égards ce mouvement a pris une ampleur historique, par sa longévité, par sa cadence maintenue actes après actes, par son hétérogénéité, par sa conflictualité, par la...

› Tous les articles "Gilets Jaunes"

Derniers articles de la thématique « Répression - prisons » :

>Exarchia - it’s all fucked up !

Exarchia, haut-lieu du mouvement anti-autoritaire, de contestations et de luttes politiques, est probablement confronté à la plus grande vague de répression étatique depuis longtemps : l’« Operation Law and Order » et l’abolition de l’asile universitaire. La lutte pour la vie et la survie autodéterminées...

>Été 1982 dans la région lyonnaise : l’État tente de mater les banlieues

Dans l’agglomération lyonnaise, l’été 1981 est chaud, comme disent les journalistes de l’époque. Ce sont les premières émeutes urbaines à faire la une de la presse nationale. Tout au long de l’année, la répression va s’abattre sur l’agglomération et, à l’été suivant, l’ambiance est une nouvelle fois...

>G7 de Biarritz : un militant et journaliste allemand arrêté à Dijon

En prévision du G7 qui doit se tenir à Biarritz du 24 au 26 août, un militant et journaliste allemand a été arrêté à Dijon la semaine dernière. Sur de simples soupçons, au mépris de la présomption d’innocence, il a été expulsé en Allemagne avec une interdiction de séjour en France (où il travaille) jusqu’au 29 ...

› Tous les articles "Répression - prisons"