Non non non aux inculpations, oui oui oui à la liberti !

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Il y a déjà quelques mois, quelques étudiantEs en manque de sensations se mirent à protester contre un petit bout de la “loi sur l’égalité des chances”, que le gouvernement essayait de faire passer sans trop perturber ses administréEs, les représentantEs syndicales (aucune concertation n’était nécessaire avec un nom pareil) et les députéEs (avec un 49.3 qui permet aux députéEs de ne pas se fatiguer à réfléchir...). Ce que le gouvernement n’avait pas prévu, c’était le manque d’occupation d’une grande partie de la population qui rejoignit les quelques trublionNEs dudépart.

Le mouvement de contestation grandit au fur et à mesure des semaines et avec lui les revendications. Les étudiantEs furent rejointEs par les salariéEs, les précaires, les lycéenNEs... et les revendications anti-CPE se transformèrent en “retrait de la loi dite d’égalité des chances”, de la loi Fillon, des lois sur “l’immigration choisie”, de la détection de la délinquance à partir de 3 ans...

La multiplication des manifestanTEs amorça une multiplication des modes d’action afin de rompre avec les manifestations plan-plan (manifs “libres”, occupation de lieux symboliques, de voies de communication, blocage des facs, des lycées...).

Devant ce phénomène et cette dépense d’énergie inutile, le gouvernement, dans un souci de préservation des manifestantEs jugea nécessaire de stopper cette déviance en répondant par l’envoi de nombreuses personnes dans des maisons de repos (communément appelées cellules de garde-à-vue ou “prisons”) ou en les convoquant devant des conseillerEs de dépense d’énergie utile (les “juges” comme on dit), qui ont permis et permettront à nombre de trublions de transformer leur volonté de manifester en Travaux d’Intérêts Généraux.

Le discours médiatique différenciant casseureuses et bonNEs manifestantEs ne constitue qu’une volonté de promouvoir l’imaginaire des genTEs sans trop les fatiguer... l’action du gouvernement envers les déviantEs ne souffrant d’aucune distinction et visant l’ensemble du mouvement.

Plus localement, on a pu dénombrer pour l’instant qu’ un certain nombre de personnes bénéficaint de ces mesures étatiques.
Le lundi 13 mars, des personnes occupèrent le local de l’UMP, jettent des tracts par la fenêtre, déchirent et brûlent des affiches avant de se disperser. Clément, Antoine, Sylvain, Marion, Leslie, et trois autres personnes bénéficient alors de 6 heures de repos en garde-à-vue, pendant qu’un rassemblement se constitue devant le commissariat pour les soutenir. Léo, lui, est convoqué quelques jours plus tard au commissariat pour la même action.

Le samedi 18 mars, place Bellecour, la fin de manifestation anti-CPE se heurte à une manifestation de fascistes turcs/turques, venuEs protester contre la construction du mémorial du génocide arménien. Après des affrontements entre manifestantEs des deux bords puis entre la police et des anti-CPE rejointEs par des jeunes en goguette, 6 personnes sont interpelléEs, dont Thomas, Marc, Xavier qui sont convoqués en maison de justice au mois de septembre mais ce qui n’exclut pas qu’ils bénéficient d’un passage devant un juge. Pour les trois autres, dont deux semblent être mineurEs, nous n’avons pas de nouvelles.

Le jeudi 23 mars, le matin, à la Gare de Perrache, un rassemblement pour aller à la manif nationale à Paris se constitue. Seules 300 places ont pu être prises par les proches de syndicats étudiants. Les autres personnes présentes tentent d’occuper les voies. Une personne arrêtée, mais nous n’avons aucune à l’heure actuelle. L’après-midi, une manif anti-CPE a lieu, ainsi que quelques arrestations par la BAC, sous haute protection des CRS pendant la manif. Après la dispersion proclamée par les chefFEs syndicaux, quelques affrontements et courses poursuites se produisent. D’autres arrestations aussi. Au total, on sait pas trop. Entre 5 et 25 interpellations. Parmi les personnes arrêtées, Medhi est déjà convoqué pour un procès le 17 octobre pour “jet de pierre et violences aggravées”. Farid est passé en comparution immédiate et a écopé d’heures de Travaux d’Intérêts Généraux (on ne sait pas exactement combien mais visiblement entre 100 et 200 h).

Le vendredi 24 et le lundi 27 mars, des événements ont eu lieu dans des lycées de Vénissieux. Au moins deux interpellations.

Le mardi 28 mars, de nouveau une manif anti-CPE. Là, c’est le service d’ordre de la CGT qui dans un souci cette fois de ne pas trop usé les forces de l’ordre, leur livre deux manifestants. Pas de nouvelles.

Le jeudi 30 mars, en début d’après-midi, une action de blocage sur les voies ferrées près de Jean Macé, puis une manif libre qui se termine rue de la Barre par une charge de CRS se solde par au moins 4 arrestations. Une autre personne est arrêtée et relachée immédiatement (faute de place dans le fourgon !). Attini, lycéen, passe en procès le 20 juin pour bris de rétroviseur. Olivier, étudiant, attend sa convocation au tribunal, pour « participation à manifestation armée ». Louisa, étudiante, attend elle aussi sa convocation pour les mêmes raisons. Elle a été brutalisée par les policierEs et a encore des séquelles aujourd’hui. Ces trois personnes sont sorties le vendredi, après un repos de 20 heures en garde-à-vue.

Stéphane, précaire, n’est pas sorti de garde-à-vue le vendredi. Il est passé samedi 1e avril devant le juge des libertés qui l’a écroué à la prison St-Paul. Stéphane a été jugé en comparution immédiate pour « vol avec violence » : la police prétend qu’il aurait tenté de voler le sac à main d’une RG. Il a été condamné ce lundi 3 avril à deux mois de prison ferme, 200 euros de frais de justice et 50 euros de dommages. Le procureur fait appel de cette décision estimant qu’il avait besoin de plus de repos. Pas de date pour l’instant pour le procès en appel.

Ludovic, lycéen à Récamier est poursuivi pour “intrusion” par le lycée Saint-Marc, après être entré avec un petit groupe de lycéenNEs afin de tenter de débrailler le lycée Saint-Marc.

Le vendredi 31 mars, une manif libre et nocturne en soutien aux inculpé-e-s a lieu. Après un trajet parsemé de petites barricades et de blocages de circulation éphémères, la manifestation se vide peu à peu de ses participant-e-s devant le nombre croissant de policierEs en civil et de leurs tonfas de plus en plus voyants. Seule une quarantaine de personnes se retrouve place Bellecour face aux CRS et à la BAC. Quatre interpellations : Maël, Clémence, Nicolas et une autre personne dont on ignore encore l’identité. Maël, Clémence et Nicolas sont libéré-e-s samedi après 20 heures de garde-à-vue. Illes n’auront visiblement aucune poursuite. La dernière personne passe en procès le 19 octobre.

Le mardi 4 avril, à la suite de la manifestation « unitaire », une manif libre et spontanée se constitue, accompagnée de près par la BAC en grand nombre. Une charge de CRS assez violente a lieu sur les quais du Rhöne. La BAC arrête au moins deux personnes. Puis, plus loin dans les pentes de la X-Rousse, plusieurs personnes sont encore arrêtées, mais nous n’en savons pas plus pour l’instant. Guillaume, arrêté sur les quais, a été jugé mercredi 5 avril en comparution immédiate. Verdict : trois mois de prison avec sursis et 120 heures de TIG.

Si vous avez des précisions concernant ces faits ou des informations concernant d’autres arrestations ou interventions des forces armées du gouvernement, ou pour nous aider à les soutenir, contactez nous à soutien-inculpes@no-log.org

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