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Rassemblement samedi 7 juin. La solidarité est une arme.

3 compléments

Pour enrayer la machine à expulser :
la solidarité est une arme.

En matière d’immigration, la politique du gouvernement est claire : faire du chiffre. Faire du chiffre ça veut dire enfermer et expulser toujours plus d’étranger-es, traquer les personnes en situation irrégulière jusque dans leur foyer, tendre des guet-apens administratifs dans les préfectures ou les mairies, organiser des rafles dans la rue, dans les stations de métro.
Face à la mise en place de cette machine à expulser parfois meurtrière , l’indignation citoyenne ne suffit plus, et les actes de résistance se multiplient : qu’il s’agisse de la mise en place de réseaux pour cacher les familles recherchées, ou des tentatives pour empêcher des vols en direction des pays d’origine. Plus récemment, des grèves de travailleurs sans-papiers ont éclaté ici et là, ainsi qu’une série de révoltes collectives dans les centres de rétention, relayées par des manifestations, plus ou moins offensives, aux abords de ces prisons pour étranger-es…

La répression s’intensifie aussi, mécaniquement. Plusieurs retenus en lutte ont subi des tabassages en règle, avec à la clé des dents et des bras cassés, au CRA de Vincennes. Dans le jura des personnes ont écopé de lourdes amendes pour des graffitis en soutien à la lutte des sans-papiers. Idem pour un internaute qui avait adressé un mail rageur à Sarkozy, au sujet de sa politique « d’immigration jetable ». Mi-janvier, Ivan et Bruno, deux militants qui partaient pour une manifestation devant le centre de rétention de Vincennes, sont arrêtés en possession de fumigènes artisanaux (pour se faire voir des retenus en lutte) et de clous tordus (afin de crever les pneus des fourgons cellulaires). Ils sont incarcérés depuis plus de cinq mois et leur affaire a été récemment requalifiée sous le signe de l’antiterrorisme !
On avait presque pris l’habitude que les personnes sans-papiers soient frappées de procédures d’exception : depuis les violences subies en zone d’attente jusqu’à la double peine. Il semble que les soutiens les plus actifs fassent les frais également de cette politique : l’antiterrorisme c’est bien le nom de cette opération en vertu de laquelle l’Etat peut tout se permettre pour briser nos résistances. On sait bien qui était désigné comme terroriste par le gouvernement de Vichy.

L’« étranger » et le « terroriste » ont leurs lois spéciales. Ils ont également leur zone de non droit : le centre de rétention pour l’un, la prison pour l’autre. Deux dispositifs à abattre. Ne laissons personne pourrir dans cet isolement. Face à cet état d’exception permanent il est indispensable d’affirmer notre solidarité avec ceux et celles qui luttent dans et hors des centres de rétention.

Liberté pour tou-tes les sans-papiers emprisonné-es,
liberté pour Ivan et Bruno !

Rassemblement de soutien devant la Préfecture, rue Dunoir dans le 3ème arrondissement, samedi 7 juin à 14H30.

Signataires : CIRDEL, CSP 69, CGA 69, CNT Interco 69, CNT Supérieur-Recherche 69, collectif LFP (St-Etienne), coop’ La Distro, collectif Gueule d’Amour, Demeurant Partout, FSE, LCR 69, RUSF 69, Sud Etudiants 69, Témoins/caisse de solidarité, UPC …

En lien, le format tract, à differ le plus largement possible !!

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  • Le 8 juin 2008 à 18:08

    On devait être une centaine lors du rassemblement devant la pref. Ambiance plutôt morne. Quelqu’un a lu la lettre d’Yvan et Bruno, puis on est parti-e-s en manif semi-sauvage, très sage et encadrée par trois flics. On tente de lancer quelques slogans mais ils sont très peu repris dans un cortège franchement apathique. "Mur par mur, pierre par pierre, nous détruirons toutes les prisons !". On craque quelques fumigènes, on distribue des tracts aux passants. Quai Augagneur, un petit attroupement autour d’un happening de zombies. La plupart des gens ne font même pas attention à nous. On descend sur les berges du Rhône, très fréquentées d’habitude le week-end mais quasi-désertes en cet après-midi gris et froid. Les slogans n’arrivent toujours pas à prendre, quelqu’un commence ironiquement à entonner une marche funèbre. Arrivé-e-s à la fosse aux ours, on décide de partir vers Bellecour histoire d’essayer de se faire voir un peu. Certain-e-s craignent (légitimement) qu’on se retrouve noyé-e-s dans la masse et qu’on passe totalement inaperçu. On tente le coup quand même. Certain-e-s font un effort pour essayer de donner de la voix, les slogans commencent à prendre un peu. "Solidarité avec les sans-papiers, libérez Yvan et Bruno !" (que certain-e-s tenteront intelligemment de détourner en "libérez tous les prisonniers"). On arrive finalement sur la place, pour tomber en plein milieu des "Fêtes Consulaires" organisées par la mairie. Un petit village de tentes est installé au milieu de la place avec des stands pour chaque consulat où sont présentés cuisines et artisanats locaux, danses et costumes folkloriques. Bien sûr cet îlot paradisiaque est entouré de barrières métalliques et l’entrée est gardée par des vigiles. L’occasion est trop belle. On s’engouffre dans le village, après avoir rapidement fait comprendre à l’un des cerbères un peu plus téméraire que ses collègues qu’il n’était pas dans son intérêt de rester sur notre route. Quelques gones qui apparemment venaient de se faire refouler pour port de survêtement prohibé se joignent joyeusement à notre petit groupe. A l’intérieur, les slogans sont scandés avec plus de conviction. "Des papiers pour tous ou pas de papiers du tout !". Les visiteu-r-ses nous observent médusé-e-s, amusé-e-s, agacé-e-s pour certain-e-s. D’autres font semblant de ne pas nous voir en fixant leur attention sur une troupe de danseuses bavaroises. On fait quelques tours entre les stands, on distribue ce qu’il reste de tracts, de brèves conversations s’amorcent. Dans un moment de flottement on commence à se dire qu’on s’est peut-être bien engagé-e-s dans une souricière... On cherche des sorties en cas de charge. Mais finalement tout le monde ressort par où nous sommes rentré-e-s. Un seul flic en civil nous a suivi-e-s jusque là et le moins que l’ont puisse dire c’est que la tension ne se lit pas sur son visage. On comprend vite qu’il n’y aura vraisemblablement pas de risque d’interpellations aujourd’hui. Certain-e-s suggèrent de remonter jusqu’aux Terreaux pour finir dans les Pentes, mais la dispersion a déjà été lancée et la banderole est rapidement repliée. On reste encore un quart d’heure à discuter sur la place puis on se sépare gentiment. Le flic en civil est déjà parti. Au final chacun repart de son côté, avec pour certain-e-s cette sale sensation dans les tripes, celle de n’avoir décidément fait trembler personne de jour-là, mais au contraire d’être resté-e-s "gérables" de bout en bout.

  • Le 8 juin 2008 à 15:23

    Vendredi, Ivan et Bruno, incarcérés depuis le 19 janvier, ont été libérés et placés sous contrôle judiciaire. L’instruction continue mais cette affaire antiterroriste commence à se dégonfler. Une semaine plus tôt dans la même affaire, Farid, arrêté le 23 janvier à Vierzon en compagnie d’Isa, était libéré également sous contrôle judiciaire. Isa, par contre, est toujours détenue à la prison de Lille-Séquedin.

    La semaine de solidarité prévue du 9 au 16 juin (voir articles précédents sur indymedia) est évidemment plus que jamais maintenue, pour la liberté d’Isa et de tous les autres prisonniers.

    Solidarité !

  • Le 4 juin 2008 à 02:02

    Une petite vidéo sur dailymotion (désolé) : Comment fabriquer un fumigène facilement ?

    Je trouve cela important que cela devienne une pratique courante dans les manifs ou autres rassemblements. Il ne faut pas laisser le pouvoir assimiler les gens qui utilisent des fumigènes à des terroristes, sinon... Ça parait évident, non ?

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