Science Po Lyon : Sans Payre ni Maire

1161 visites

Récemment le directeur de l’IEP de Lyon a annoncé son intention de se présenter aux élections municipales à Lyon, suivi par la déclaration d’un professeur de l’établissement qui se présente, lui, dans la Creuse.

Nous, ancien·ne·s élèves de l’IEP de Lyon, voulons dénoncer à la fois les manœuvres électoralistes qui ont eu des conséquences néfastes sur la vie politique de l’IEP et les propos problématiques du candidat creusois.

Premièrement, le directeur en vue de son élection a joué la carte de la dépolitisation de l’IEP pour préserver son image et le capital médiatique de l’IEP de Lyon depuis son arrivée à la tête de l’établissement. En agissant pour empêcher les mobilisations étudiantes et la contestation depuis 2016, Monsieur Payre a usé de plusieurs méthodes autoritaires comme l’intimidation individuelle à l’encontre des étudiant·e·s mobilis·é·s, la menace de poursuite en diffamation pour un tract qui dénonçait les dépenses liées à l’anniversaire des 70 ans de l’établissement, la tentative de censure d’une conférence dont il considérait l’invitée comme une concurrente et l’empêchement de la tenue d’assemblée générale des étudiant·e·s.

Nous déplorons que notre directeur ait préféré protéger sa stratégie électorale au détriment de l’émulation intellectuelle et politique qui devrait normalement avoir lieu au sein d’un Institut d’études politiques. Nous dénonçons les méthodes autoritaires qu’il a utilisées pour réprimer un mouvement social alors que M Payre se présente comme un candidat de gauche.

Concernant notre deuxième candidat creusois, M Pissaloux est un professeur connu par les étudiants et surtout par les étudiantes pour ses nombreux propos sexistes et parfois racistes. L’administration de l’IEP a été plusieurs fois avertie mais aucunes sanctions n’ont été prises à l’encontre de M. Pissaloux qui est encore professeur à l’IEP en ce moment et profite de son statut de professeur pour assoir sa légitimité.

Voici un petit florilège des propos scandaleux de M. Pissaloux :

Un gouvernement peut disposer de l’administration comme un mari peut disposer de sa femme, mais bon c’est un autre débat…

Il y a une différence physiologique entre les hommes et les femmes. Les hommes réussissent mieux aux concours parce qu’ils sont plus téméraires.

Bonjour mesdames et messieurs. Mesdames oui parce qu’aujourd’hui on ne peut plus dire « mademoiselle ». Maintenant même une petite fille de 3 ans est une madame.

Vous savez, il y a trop de femmes dans la magistrature, c’est d’ailleurs pour ça que la justice n’est pas respectée. Messieurs vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Je n’ai pas été le major cette année, c’était une femme, vous savez le prof était sensible aux sourires des femmes.

De toute façon le vote ce n’est plus ce que c’était. On sait bien que les femmes ne votent qu’avec leurs yeux.

Ces citations ne sont bien entendu qu’un extrait des propos problématiques tenus dans le cadre de son enseignement à l’IEP par ce professeur. Nous déplorons que l’administration n’ait pas pris de sanction à l’encontre de ce comportement qui permet aujourd’hui à cet individu de briguer un mandat avec la légitimité de son poste de professeur. Cela est d’autant plus grave que les propos et discriminations sexistes et racistes sont une bien triste banalité à l’IEP.

Nous tenions à apporter ce témoignage pour avertir les potentiel·le·s électeur·ice·s. Cependant nous sommes conscient·e·s des opportunités de récupération d’un tel témoignage par les adversaires politiques de ces personnes. Que cela soit clair, nous ne voulons pas de récupération politicienne de notre message. Nous n’appelons à voter pour personne. Nous appelons plutôt chaque individu à se saisir de son propre pouvoir politique en se saisisant des problèmes de société et en s’organiseant par elleux-mêmes et collectivement pour construire des alternatives à un système capitaliste autoritaire et inégalitaire qui est maintenu par un système de soi-disant « démocratie représentative ».

Vive le socialisme et vive l’autogestion !
A mort le blantriarcat !

Proposer un complément d'info

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Publiez !

Comment publier sur Rebellyon.info?

Rebellyon.info n’est pas un collectif de rédaction, c’est un outil qui permet la publication d’articles que vous proposez. La proposition d’article se fait à travers l’interface privée du site. Quelques infos rapides pour comprendre comment être publié !
Si vous rencontrez le moindre problème, n’hésitez pas à nous le faire savoir
via le mail contact [at] rebellyon.info

Derniers articles de la thématique « Politicaillerie » :

>Ne votez pas ! Ni ne cessez de voter. Il y a des choses à faire

« Ne pas voter, bien sûr. Mais les choses ont atteint une telle extrémité, le Développement s’est tellement développé, que ce NON de ’ne pas voter’ est désormais un peu court. » Pour y réfléchir, voici un texte espagnol écrit il y a plus de 20 ans et toujours...

>Nouvelles violences de LREM à l’égard de militant-e-s du mouvement social

Le jeudi 27 février, était organisée dans un restaurant des pentes une réunion publique de présentation de la liste LREM de Lyon 1 pour les municipales. Une petite vingtaine de militant-e-s, syndicalistes, gilets jaunes, réuni-e-s contre la réforme des retraites sont présent-e-s et chantent. Contre ces...

› Tous les articles "Politicaillerie"

Derniers articles de la thématique « Rapports sociaux de genre » :

>Pourtant nous étions féministes

Un article publié sur expansive.info qui essaie de remuer un peu la situation ambiante, et de ramener quelques préoccupations intersectionnelles au milieu des analyses ethnocentrées posées par les intellectuels pour la plupart masculins. Ce texte a été pensé dans le cadre de l’initiative « Prendre...

>Avortement : le 5 avril 1971, manifeste des 343

En 1971, Simone de Beauvoir a rédigé un texte au travers duquel 343 femmes disaient haut et fort qu’elles avaient eu recours à l’avortement. C’était "le manifeste des 343 salopes" : « Un million de femmes se font avorter chaque année en France. Elles le font dans des conditions dangereuses... ...

› Tous les articles "Rapports sociaux de genre"