Service national universel : ni uniforme, ni garde-à-vous, mobilisation sociale !

613 visites

Solidaires Etudiant-e-s Lyon et l’Union syndicale Solidaires exigent la fin immédiate de l’expérimentation du Service national universel (SNU) et appellent à la mobilisation contre la volonté de Macron d’établir une éducation à la peur.

Lundi 17 juin 2019, 2000 « volontaires » âgé-es de 16 ans ont reçu leur paquetage et enfilé l’uniforme du Service national universel (SNU). Encadré-es par des militaires, iels sont appelé-es à prouver qu’iels sont de bon-nes citoyen-nes, en chantant la Marseillaise, en assistant au lever du drapeau mais surtout en se préparant à l’éventualité d’une "crise grave".

Mais de quelle crise parle-t-on ? Certainement pas de la crise sociale.

Non content d’avoir intégré l’état d’urgence au droit commun, de réprimer dans la violence toutes les manifestations, le gouvernement poursuit son éducation à la peur.

C’est désormais au moins 1,5 milliard d’euros qui seront consacrés à la normalisation de la chose militaire auprès de toute une classe d’âge.

Comme si la progression des idées d’extrême-droite n’était pas suffisamment inquiétante, le gouvernement se lance dans l’organisation d’un dispositif, qui fera la part belle aux idées nationalistes et militaristes. « L’universalité » vantée par ceux qui ont pensé le SNU est un signe inquiétant pour tous-tes nos camarades femmes, racisé-es, LGBTI… On n’ose imaginer le climat virilo-militariste dans lequel baigneront ces jeunes appelé-es après une journée à s’exercer au « parcours du combattant » ou au « raid commando dans la jungle, avec bivouac ». Sans parler de l’inadaptation à de nombreuses formes de handicap d’un tel projet.

Malheureusement, le SNU n’est pas qu’une expérimentation isolée. Non seulement, le dispositif a vocation à s’élargir et à se poursuivre dans la durée, avec une incitation forte à s’engager dans un « service civique », contrat précaire et sans droits attachés. C’est également la suite logique du projet de société défendu par la start-up nation. Une société à laquelle chacun-e doit constamment prouver son appartenance.

Si de nouvelles obligations nationales sont aujourd’hui faites aux plus jeunes, ce sont aussi les chômeur-ses qui, pour une misère, devront prouver chaque jour un peu plus leur bonne volonté. Ce sont les professionnel-les de la jeunesse et de l’éducation populaire qui sont oublié-es et transformé-es en precepteur-trices des conduites civiques et morales à adopter. Ce sont les enseignant-es qui ne doivent plus travailler à l’émancipation de leurs élèves et qui perdent leur droit d’expression. Ce sont les journalistes qui sont poursuivi-es pour avoir fait leur travail d’enquête. Ce sont les travailleur-euses associatif-ives qui doivent abandonner un peu plus leurs missions d’utilité publique pour répondre aux injonctions des bailleurs publics et aller chercher des financements privés. Ce sont les travailleur-ses hospitalier-es qui doivent tenir à bout de bras les services de santé, au prix de leur vie. Ce sont les institutions représentatives du personnel les plus efficaces pour défendre les travailleur-euses qui sont supprimées.

Le SNU n’est finalement qu’une nouvelle illustration des multiples tentatives d’affaiblir tous les outils et espaces de mobilisation citoyenne, en éduquant à la soumission et à la peur.

On vous laisse imaginer le nom donné à un régime politique dans lequel un gouvernement impose aux jeunes la manière dont iels doivent s’engager (en passant de l’uniforme à porter, aux drapeaux à hisser et aux chansons à chanter) et en leur interdisant l’accès au permis de conduire, à l’université ou l’inscription à des concours, s’ils n’ont pas fait leur SNU.

L’Union syndicale Solidaires

  • Demande que soit mis fin immédiatement à l’expérimentation du SNU ;
  • Se met à la disposition de tou·te·s les jeunes et organisations qui souhaiteraient s’y opposer et travailler à une véritable éducation populaire ;
  • Demande que les 1,5 milliards (minimum !) budgétés pour le SNU soient consacrés aux services publics, notamment de santé et d’éducation.
JPEG - 129.2 ko
JPEG - 133.6 ko

- A lire aussi sur le SNU :

Service national universel : c’est la jeunesse qu’on veut mettre au pas !

Communiqué de l’Union Communiste Libertaire qui s’oppose la mise en place du Service national universel et qui soutiendra les personnes qui refuseront cet engagement forcé.

25 juin 2019

Proposer un complément d'info

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Publiez !

Comment publier sur Rebellyon.info?

Rebellyon.info n’est pas un collectif de rédaction, c’est un outil qui permet la publication d’articles que vous proposez. La proposition d’article se fait à travers l’interface privée du site. Quelques infos rapides pour comprendre comment être publié !
Si vous rencontrez le moindre problème, n’hésitez pas à nous le faire savoir
via le mail contact [at] rebellyon.info

Derniers articles de la thématique « Éducation - partage des savoirs » :

>Parcoursup et coronavirus : la machine à tri ne connaît pas d’arrêt !

Alors que l’ensemble de la population est confrontée à une crise sanitaire d’une ampleur inédite qui nécessite une mise à l’arrêt de quantités d’activités, le Ministère ne semble pas décidé à arrêter la machine à tri social qu’est Parcoursup. Les conseils de classe se déroulent sur tout le territoire, y compris...

› Tous les articles "Éducation - partage des savoirs"

Derniers articles de la thématique « Guerres - Armements » :

>Service National Universel : il est temps d’arrêter !

En cette période de confinement, il convient de prendre le temps d’argumenter en faveur d’un abandon immédiat du Service National Universel (SNU). En effet, alors que des murmures annoncent un décalage du « stage de cohésion » SNU (phase 1) aux vacances de la Toussaint du fait de la crise sanitaire, nous...

>Le 6 avril 1994, le génocide au Rwanda commence...

Le 6 avril, d’une façon très professionnelle, un avion est abattu dans le ciel de Kigali : les présidents du Rwanda et du Burundi meurent dans l’attentat. Dans l’heure qui suit, la garde présidentielle - noyau dur de l’armée rwandaise - prend la capitale en main. La troupe, accompagnée des escadrons de la...

› Tous les articles "Guerres - Armements"