Squattons sans entraves !

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Il n’aura sans doute pas échappé aux lecteurs attentifs du popouri que la cité de Villeurbanne est, depuis le mois d’octobre 2005, le cadre d’une réappropriation intensive des immeubles et autres maisons abandonnées par une bande d’affreux-ses squateur-ses. Squats d’habitation, d’activités ou de concerts, la contamination des occupations des interstices urbains se répand, pour notre plus grand plaisir, et annonce une période faste comme on n’en avait pas connu dans l’agglomération lyonnaise depuis la grande vague autonome de la croix-rousse des années 90. Un point s’impose donc sur la situation juridique de chaque lieu ainsi que sur les activités qu’ils proposent afin d’être en mesure de mobiliser le maximum de solidarités en cas de besoin mais aussi de les rendre visibles. Dans le souci de préserver la tranquillité des habitant-es de squats en situation irrégulières ou parvenu-es à rester imperceptibles aux yeux de la police, nous n’évoquerons ici que les occupations ayant été expulsées ou dont les habitant-es sont d’accord pour apparaître dans cet article.

Le squat de la rue Persoz
Début novembre 2005, l’immense maison bourgeoise du 23 rue Persoz a été prise d’assaut par des gen-tes déterminées à la transformer en lieu politique d’activité. Malheureusement, à peine les activités ont elles pu être mises en place (repas vegan, potager, ateliers danse, dessin et bricolage) que la maison s’est vue sous le coup d’une expulsion administrative (expulsion prenant effet tout de suite et ne laissant que 10 jours pour quitter les lieux). L’hôpital du Vinatier, à qui appartient le 23 rue Persoz, a tout de suite fait valoir la mise en place d’un projet de réhabilitation (dont on risque d’attendre encore un bon moment la réalité effective) et obtenu l’expulsion immédiate des habitant-es. Devançant la venue de la police, le collectif de rue Persoz a quitté à regret les lieux à la fin du mois de janvier.

Le Boulon
Le Boulon a été ouvert en octobre 2004 au 62 rue Verlaine, jusqu’au mois dernier, il était surtout un lieu de vie mais depuis l’expulsion de « rue Persoz », il devient un nouveau pôle d’activité puisque tous les projets initiés rue Persoz y ont été transportés. Ainsi, si vous voulez balancer des coups de tatanes, il est d’ores et déjà possible de participer à l’atelier d’autodéfense le mercredi soir de 20h00 à 22h00. Vous pouvez également vous rouler dans la boue du splendide potager collectif dont le chantier a commencé cette semaine, et bientôt, vous enduire de cambouis à l’atelier mécanique. Si la terre et la graisse vous répugnent, l’atelier dessin vous permettra, dans un cadre convivial et agréable, de calligraphier vous même sur vos corps nus et brûlants de désir révolutionnaire.

Le J’embourge
Si vous aimez manger vegétalien et avec distinction, les gen-tes bourges vous accueilleront au 6 rue Jean Bourget tous les jeudis impairs de chaque mois à partir de 19h00. Ouvert le 25 octobre 2005, le J’embourge est surveillé de près par la police villeurbannaise (ils viennent environ tous les quinze jours pour recenser les habitan-tes) mais ne fait pas encore l’objet de poursuites judiciaires. Une salle de répétition est en construction dans le garage, elle sera bientôt en mesure d’accueillir tous les groupes de rock’n’roll enragés et autres groupes de reggae hippie (ceci est un appel). La mise en place d’un labo photo est également en projet, si vous voulez poser ou simplement apprendre à développer et tirer des photos, contactez les habitant-es !

La Scierie
Est-il encore besoin de présenter La Scierie ? Allez oui, sans doute pour ceux qui vivent sur une autre planète. La Scierie, squat rock’n’roll et insurrectionnaliste, est principalement un lieu de concert, mais propose également une friperie gratuite, un infoshop ainsi qu’un stand de réduction des risques (drogues, MST, IST). En dehors des concerts, les scieurs et les vice-scieuses vous ouvriront leurs portes le mardi soir tous les quinze jours pour un apéro-friperie-infoshop de 19h00 à 22h00. Ouvert à la mi octobre au 4 rue Pascal, la Scierie est en attente du rendu de son procès. Le collectif espère obtenir un délai jusqu’au mois de mai et, avec un peu de chance, jusqu’au mois de juin. Si la police s’est rendue sur les lieux de nombreuses fois lors des concerts, et souvent en nombre et avec détermination, elle n’est pour l’instant jamais parvenue à pénétrer dans la salle. Pour l’intense programme des hostilités, consultez l’agenda en dernière page.

Le squat de la rue Lafargue
Du 10 juin 2005 au 19 décembre 2005, de jeunes lituanien-nes ont occupés une maison rue Lafargue. Là encore, la justice n’a pas trainé, puisque le tribunal d’instance de villeurbanne a ordonné l’expulsion dès le mois de septembre. Cela dit, la police, passée plusieurs fois sur les lieux, avait laissé entendre aux habitan-tes qu’illes pourraient bénéficier de la trêve d’hiver même si celle-ci ne s’applique pas pour les habitations occupées sans droit ni titre. L’expulsion réelle a eu lieu le matin du 19 décembre, en pleine période des fêtes à la grande surprise des habitant-es qui n’ont eu d’autre choix que de quitter immédiatement les lieux.

Le squat de la rue Bellicar
Le squat de la rue Bellicar a été l’objet d’une persécution systématique depuis son ouverture à la mi-octobre, et cela malgré l’obtention d’un délais de trois mois par le tribunal d’instance de Villeurbanne. La police est parvenue à entrer plusieurs fois dans le lieu de manière brutale pour contrôler les identités, et a même procédé, au début du mois de décembre, à une perquisition musclée, armes au poing sous le prétexte de rechercher des stupéfiants. Les habitants dégoûtés et épuisés ont abandonné la maison au début du mois de février pour aller vivre dans des squats plus tranquilles.

Vers une intersquat villeurbannaise
Cette émulsion squateuse a donné lieu, le 28 Janvier dernier à la mise en place d’une zone de gratuité place de la république par une coordination intersquat rassemblant une bonne partie des squatteur-ses villeurbannais-es. L’action consistait à s’installer illégalement sur la place de la république et à proposer gratuitement aux passant-es de la bouffe (végan), des fringues, des livres, des montreurs d’ours, des jeux et de la bonne humeur jusqu’à ce que la police viennent les déloger. Nos courageux-ses squatteur-ses ont bravé le froid (il faisait –5 ce jour là) et l’antipathie des forces de l’ordre pendant 4 heures, jusqu’à céder, contraint-es par une brigade de la police municipale particulièrement désagréable.
Mais outre la réussite de la zone de gratuité, cette action initie la création d’une coordination intersquat villeurbannaise bien décidée à refaire parler d’elle. Il apparaît nécessaire aux habitan-tes et aux activistes de chaque lieu d’exister collectivement afin de créer une solidarité matérielle qui permette de résister à la pression policière mais également de constituer une force collective capable de se mobiliser ponctuellement pour organiser des évènements festifs et offensifs.

Mr To

contacts...

le j’embourge : 6 rue Jean Bourget, Villeurbanne
le boulon : 62 rue Verlaine (même ville)
leboulon@no-log.org
la scierie : 4 rue Pascal (villmachin)
lascierie@no-log.org

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