Techniques de Casse Libératrices...

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Depuis janvier 2005, des portillons automatiques ont été installés pour « sécuriser » l’accès aux différentes stations de métro, c’est à dire pour le réserver aux personnes intégrables et solvables, avec ticket ou abonnement à l’appui. Maintenant que la moitié du réseau souterrain se trouve ainsi équipé, on peut se faire une idée des premières conséquences pratiques du nouveau dispositif... Commençons par une bonne nouvelle : il est toujours possible de frauder joyeusement, surtout si on entre par une station encore dépourvue de portillon. Dans le cas contraire il faut s’engouffrer derrière une autre personne en prenant un air dégagé (ça peut être l’occasion de discuter avec d’autres usager/ères) mais même si pour la sortie on a pas besoin de ticket, on expérimente vraiment alors ce que veut dire le « contrôle social » : quand le/la passant/e honnête se transforme en flic par un simple regard de travers, quand on se sent coupable du simple fait de vouloir circuler en ville librement et gratuitement (ce qui équivaut à vouloir circuler tout court quand on a pas beaucoup de fric) et que la succession des « bips » furieux sonne comme un rappel à l’ordre. En plus de cet effet asphyxiant, la seconde conséquence immédiate, c’est le redéploiement des moyens de contrôle (contrôleurs et autres « brigades d’intervention » TCL) en surface, et plus spécifiquement vers les zones d’échange entre le centre ville et les quartiers périphériques. Histoire de bien montrer aux sauvageon/nes que tout le monde ne peut pas accéder au foyer central des valeurs commerciales, « culturelles », etc.

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Bon, y a quand même des gens qui ne se satisfont pas de ces logiques d’exclusion et de contrôle, et qui surtout mettent leur refus en actes, en libérant certains points d’accès du réseau TCL. « UnE fraudeurEUSE agréablement surprisE » avait déjà signalé dans le popouri n°18 la transformation de la station Masséna, fin mai, en « point d’accès libre et gratuit au réseau souterrain », grâce à l’utilisation judicieuse de quelques galets (les portillons n’ont finalement pas l’air si solides que ça...) ; auparavant, il semble bien que trois stations « ancienne formule » aient été attaquées. Mode opératoire : se masquer à cause des caméras, faire levier avec un tourne-vis pour ouvrir les composteurs, les noyer avec un soda quelconque ou fracasser l’intérieur tout comme l’écran du distributeur de tickets, les graphes politiques sont en option. Un étage au dessus, c’est le tram qui a fait les frais de la mauvaise humeur des fraudeur/euses enragé/es : depuis janvier 2005 une vingtaine de distributeurs ont été endommagés à coups de marteau, abîmés avec des clous ou carrément cassés à coups de brique ; un nouveau mode de sabotage a été expérimenté dernièrement avec des cartes plastiques engluées pour l’emplacement « carte bancaire » et en bouchant l’accès des chtites pièces à la colle ou à la soudure à froid (cette méthode à l’avantage de la discrétion...). Bref, il y a bien matière pour transformer leur espace sous contrôle en grand terrain de jeu et de résistances...

Aari Bambelle

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