Témoignages d’une étudiante et d’une enseignante sur la lutte à Lyon 2

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Le témoignage d’une étudiante en première année de psychologie à l’université Lyon 2 qui tire la sonnette d’alarme sur la situation qu’a connu sa fac durant le mouvement étudiant contre la privatisation des universités. Une enseignante témoigne et s’indigne de la brutalité des vigiles présents dans la fac.

Témoignage d’une étudiante

Je suis étudiante en première année de psychologie à l’université Lyon 2 sur le campus de Bron et je voulais vous mettre en alerte sur la situation de mon université et plus particulièrement celle de mon campus....

Le lundi 12 novembre il a été organisé une assemblée générale réunissant plus de 2 000 personnes et ayant comme sujet la loi Pécresse entre autre. A la fin de cette AG comme convenu nous avons voté les propositions : celle du blocage comme moyen de combat a l’unanimité. Cela dura 3 semaines avec chaque lundi une écrasante majorité pour le blocage. Il y eut au cours de cette période d’action un vote électronique organisé uniquement par l’université sur la reprise des cours, il fut bien évidemment boycotté et donc refusé par les étudiants lucides face à la supercherie.

A l’assemblée générale du lundi 26 novembre il fut voté pour la semaine prochaine un petit changement en ce qui concerne la modalité du vote. Celui-ci serait organisé à bulletin secret par les étudiants. Mais la décision de la direction de l’université fut autre. Elle décida d’organiser son propre vote à bulletin secret le lundi 3 décembre excluant tout étudiant de l’organisation. Les résultats de ce vote fut apparemment : 86% pour la reprise des cours contre 14% pour le blocage. Les cours devraient donc reprendre normalement à partir du mardi 4 décembre. Néanmoins ce que la présidence s’abstient de mettre en avant c’est qu’il n’y eut que 15% de votants.

Les étudiants se sentant bafoués réalisèrent tout de même le vote à bulletin secret du lundi 3 décembre qui avait été décidé la semaine précédente en AG. Le blocage fut donc reconduit pour nous tous.

J’en arrive au plus grave, la semaine qui suit ces deux votes bien distincts.

Dès le mardi 4 décembre au matin, une « bataille » s’entreprend entre une soixantaine de CRS « armés jusqu’aux dents » contre quelques centaines d’étudiants « armés de rien du tout » pour défendre leurs opinions et surtout leur avenir, ainsi que celui des autres. Les CRS rendent possible l’accès à l’entrée de la faculté en faisant quelque peu usage de la force, évidemment nécessaire face à un tel danger que sont des gamins d’une vingtaine d’années au grand cœur. Et ce déblayage d’étudiants par la force se produit tous les matins durant toute cette semaine. Il est donc possible d’assister à un certain nombre de cours dans les rares cas où les professeurs n’ont pas fait valoir leur « droit de retrait » qui leur permettent de ne pas exercer leurs métiers dans n’importe quelles circonstances.

Pour faire partie des rares étudiants qui entrent dans la faculté par une « haie d’honneur » faite par les CRS, il faut pouvoir accepter le fait que des représentants de l’armée « chahutent » des jeunes étudiants qui se battent pour leur avenir et celui de leurs (éventuels) enfants.
D’autant plus qu’un nombre réduit d’entrées sont ouvertes avec à chacune d’elles des « chiens de gardes de l’État » que sont les CRS pour vérifier l’appartenance à l’université de ceux qui n’ont pas de problème avec leur conscience. Il faut donc présenter ou sa carte d’étudiant ou son certificat de scolarité pour rentrer dans un lieu dit « d’étude ».

Aujourd’hui jeudi 6 décembre comme tous les jours je me rends à l’université pour admirer la situation aberrante et disproportionnée de mes propres yeux. J’aperçois un de mes professeurs au milieu d’étudiants grévistes avec qui j’entreprends de discuter. Son sujet de frustration du jour est de recevoir des mails de la présidence qui disent que la situation est redevenue normale. Est-ce normal de pouvoir comparer notre université a une prison ? Je ne crois pas. De plus j’apprends que la présidence refuse tout dialogue aussi bien avec les élèves qu’avec les professeurs. Comment cela va se terminer ? Je me le demande.
En tout cas, en ce qui me concerne, je n’aurai peut-être pas mon semestre mais ma conscience sera tranquille.

Une étudiante.

Témoignage d’une enseignante sur la répression à Lyon 2

Lettre d’une enseignante de Lyon 2 indignée par la brutalité des vigiles présents dans la fac, la répression policière, la présence des RG sur le campus et la militarisation de celui-ci.

Ma fac (Lyon 2) s’enfonce tous les jours un peu plus dans le mépris des étudiants et dans une logique policière qui m’inquiète profondément. Les médias ne nous suivent pas, ne relayent rien, s’autocensurent ou se font censurer.

Tout a commencé avec la Loi Pécresse de réforme des Universités, signée dans la précipitation cet été par le président
de la fac, Monsieur Journès. Certains étudiants et enseignants s’opposent à cette loi. Les étudiants ont choisi le
blocage de l’Université comme mode d’action. On peut être pour ou contre, je ne suis pas sûre que ce choix ait rendu
service aux manifestants et à leur image mais aujourd’hui, à la limite, peu importe. On a, pour l’instant, dépassé ce
débat.

Depuis quelques jours, le président de l’Université a fait appel aux « forces de l’ordre » : des vigiles privés, très jeunes, non asermentés, arrogants et dépassés par les événements, patrouillent dans la fac avec au bras un brassard orange marqué « sécurité ». Ils apostrophent tout le monde, tutoient tout le monde, et nous demandent de justifier de
notre présence dans l’Université en montrant notre carte « cumul » (une carte magnétique d’étudiant ou d’enseignant qui sert aussi de carte de bibliothèque et de carte... de paiement dans l’enceinte de la fac... ce qui, en soit, ne me plaît déjà pas beaucoup). Il semble bon de rappeler qu’une Université est, selon la loi, un « établissement public à vocation scientifique et culturelle »...

Les étudiants qui manifestaient scandaient à l’encontre des vigiles, hier matin : « Voyous, racailles. » Car certains d’entre eux s’amusent à retenir les étudiantes pour les draguer, d’autres en sont venus aux mains avec des étudiants de leur âge, une étudiante a été « étranglée » avec son écharpe pour qu’elle dégage un passage. A
l’entrée principale du campus de Bron, et rue Chevreul sur le campus des quais du Rhône, dès 7h30 le matin, tous les jours, les CRS arrivent pour déloger les étudiants qui protestent. Neuf cars de CRS devant le campus de Bron, 9 cars de CRS devant le campus des quais du Rhône. Ils sont, régulièrement, soutenus par la gendarmerie mobile.
J’étais là, hier matin. (jeudi 6 décembre, voir un article ici)

Deux de mes étudiantes m’avaient dit avoir été « molestées » par les CRS la veille et voulaient que j’en sois témoin. Eh bien oui, ils les plaquent au sol, les jettent plus loin, les matraquent dans le ventre et sur la tête. Sur les quais, hier, deux leaders syndicaux étudiants (un de Lyon 2, l’autre de Lyon 3) ont été désignés du doigt par des policiers en civil avant d’être poursuivis dans une rue adjacente par les CRS. Ce qui signifie, nous sommes d’accord, qu’un travail préalable « d’information » a été effectué et que ces arrestations sont ciblées pour détruire les mouvements syndicaux. Les deux hommes sont en garde-à-vue et devraient être déférés à la Justice aujourd’hui même (donc : il existe désormais des comparutions immédiates pour les manifestants, vous serez prévenus). Dans un communiqué odieux et mensonger, la présidence de la fac dit qu’ils sont « extérieurs à l’Université » et que ces arrestations sont survenues après des troubles. Il n’y a pas eu de troubles autres que la manifestation pacifique, nous sommes plusieurs
enseigants à en être témoins. Un étudiant a été blessé et, une fois aux Urgences, a hérité de douze points de
suture sur le crâne. Des étudiants ont été mis en joue au flashball.

Des policiers en civils sont toujours là, dont un
homme sur mon campus : il porte une grosse doudoune noire, un talkie-walkie dans une
poche, un appareil photo dans l’autre. Lui et ses camarades filment longuement les manifestants. S’ils ont effectivement
été convoqués par le président de l’Université dans le seul but de permettre aux étudiants qui veulent suivre les
cours d’entrer dans la fac, pourquoi filment-ils ? Doit-on ajouter la DGSE à la liste des membres du personnel de l’université
 ? De notre côté, enseignants ou étudiants, ils nous empêchent un maximum de filmer. Ce qui siginifie que les
images disponibles sur internet ne sont pas à la hauteur de la réalité.

Face à cette situation, plusieurs enseignants, dont je suis, ont refusé de faire cours.
Je refuse d’entrer dans une
fac investie de forces de police, de gendarmerie et de vigiles privés non assermentés.
Je refuse de montrer des papiers
d’identité pour me rendre sur mon lieu de travail. Je refuse de me faire bousculer par des CRS.
Je refuse de me faire
tutoyer avec mépris par des individus que je ne connais pas.
Je refuse d’entendre un vigile insulter un de mes collègues
(pourtant munis du sac en cuir typique de l’enseignant, pourtant plus honorable que moi dans l’allure avec ses
cheveux blancs) en lui disant « J’vais t’fumer toi, j’vais t’fumer. »

Nous ne sommes pas, que je sache, dans un état policier.
Ou alors il faut nous le dire clairement, parce que cela signifie que les règles du jeu ont changé. Je croyais que
l’on avait le droit de grève dans notre pays., Je crois que ce qui m’inquiète le plus, c’est de recevoir des communiqués
de la Présidence affirmant que la situation est désormais « normale ».

Si cette sitution est normale, je démissionne.

D’autre part, pour permettre l’action des ces policiers, militaires et vigiles, toutes les sorties de sécurité sont bloquées.
Certains enseignants et étudiants s’obstinent à faire cours dans une ambiance délétère et dangereuse. Ce qu’ils
risquent purement et simplement, en cas d’incendie, c’est de brûler vifs dans des locaux qui sont déjà vétustes.

Une enseignante

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  • Le 19 décembre 2007 à 22:43, par Jean

    vous remarquerez (pour les heureux étudiants de Lyon2) que les courriers sont tous envoyés par « la présidence » et signés de la même manière tandis qu’il fut une époque ou ce monsieur signait tout seul et depuis son adresse courriel personnelle, mais peut-être en a-t-il eu marre de s’assumer seul et en plus de recevoir des réponses à ses pourriels quotidiens.

  • Le 19 décembre 2007 à 16:49

    Si on envoie à Rabier, envoyons copie à journès : claude.journes@univ-lyon2.fr (président) et à Chvetzoff : alexis.chvetzoff@univ-lyon2.fr (vice président célébrissime, qui veut « ranger la fac »).

    le véritable rédacteur n’est probablement pas Rabier : il a signé, je pense que « on » lui a fait signer. « on » cherche ainsi à MOUILLER chaque vice président, chaque membre de l’équipe présidentielle, pour qu’il ne puisse plus revenir en arrière (ne serait-ce que démissionner). « On » a mouillé Valentin (autre vice président) dans le saccage des locaux. « On » continue ainsi, démolissant par là-même (ou tentant de le faire) le tissu relationnel enseignant et enseignant - étudiant, pour qu’il n’y ait plus qu’un seul collectif soudé dans cette fac, parlant d’une seule voix, face à des personnes isolées, atomisées, voire se tapant dessus les unes les autres : l’équipe présidentielle.

    Ce sont des pratiques redoutables, ravageuses, mais pas inéluctables.

    Zora la rousse.
    (Oui Mr Journès, c’est un nom de GUERRE).

  • Le 19 décembre 2007 à 15:01

    jean-claude.rabier@univ-lyon2.fr

    voici l’adresse mail de cet imprudent et calomnieux manipulateur de conscience, je vous invite tous, comme je vais moi même le faire, à lui répondre personnellement, puisque lui se permet de pourrir nos boites mail. il est sensé être sociologue...pietre simplification des faits sociaux et manque total de discernement, tout ça recouvert d’un pédantisme insultant...

    Comme disait Prévert :

    I l n e f a u t pas...

    Il ne faut pas laisser les intellectuels jouer avec les allumettes

    Parce que Messieurs quand on le laisse seul

    N’est pas du tout brillant

    Et sitôt qu’il est seul

    Travaille arbitrairement

    S’érigeant pour soi-même

    Et soi-disant généreusement en l’honneur des travail-

    leurs du bâtiment

    Un auto-monument

    Répétons-le Messssssieurs

    Quand on le laisse seul

    Le monde mental

    Ment

    Monumentalement.

  • Le 19 décembre 2007 à 01:05

    Fanchement je ne sais plus dans quel monde on vit mais je fini par avoir honte d’étudier dans une telle université. Comment un président peut il se permettre de tels mensonges ? je prefere rater mon année que de cautionner ça.
    Que les critiques soient fondées ou non cela n’a meme plus d’importance face a autant de lacheté et de mensonge. On parle sans cesse d’organiser mieux la mobilisation mais face a toute cette stupidité immoale seule l’insurrection est la reponse. Je suis sincerement deçue par ce systeme et pourtant je ne suis pas du genre fleur bleue à croire que tt est beau mais là on depasse les bornes. Je ne pensais pas qu’un pays sois disant developpé et démocratique puisse atteindre un tel degrès de violence et de censure. On ne peut accepter de voir nos amis se faire taper dessus parcequ’ils ont des convictons. On ne peut pas non plu accepter que des professeur qui osent dénoncer ce qui se passe réellement sur le campus soit accusés de calomnie. J’apporte tout mon soutient à ces derniers.
    Le mouvement étudiant parait mort mais en réalité il a seulement été assassiné par des bourreau totalitaire et anti democrate. Il ne faut pas se plier à ce systeme qui n’apportera que la mort de notre consciance et de nos convictions. Le gouvernement veut nous faire peur et bien battons nous et montrons lui qu’il nous sous estime pour la simple et bonne raison qu’ensemble nous sommes plus fort.
    Battons nous mainenant pour mieux vivre demain (plutot que de travailler plus pour rien du tt tandis que certain se voit augmenter de 172% pour jouer les people....)
    Ne ns laissons pas manipuler par un gouvernement qui nous prend pour des pions !

  • Le 18 décembre 2007 à 20:05

    ce message a été publié par bien des sites hors de Rebellyon :
    sites affiliés à SUD, Désirs d’avenir, Indymedia, des extraits ont même été publié par une journaliste de l’Humanité ...

    Mais effectivement cela ne lui donne pas le droit de régler ses comptes en public, en spammant les boites au lettres PRIVEES des étudiants de toute l’« université »

  • Le 18 décembre 2007 à 19:57

    Le comportement de l’administration (Journès, Rabier ou certains doyens) avec les profs est inadmissible : il a menti aux délégations venues le voir (a accepté des trucs et ... rien). Les examens de profs mobilisés sont organisés de façon honteuse avec des horaires incroyables. Et en plus, en réponse à ce témoignage (clairement venu de quelqu’un qu’a pas l’habitude de la répression), la présidence se permet un communiqué répugnant et comme d’habitude mensonger.

    Elle se présente toujours comme incarnant la communauté universitaire, et ose même affirmer l’épouser assez pour se prétendre contre la Loi. Alors qu’il ne leur offre aucune possibilité d’expression institutionnelle à part ces commissions de travail ou je ne sais quoi sur l’APPLICATION de la Loi.

  • Le 18 décembre 2007 à 19:17

    Il ne parle pas du lacage des locauux syndicaux ni de l’illégalité du vote électronique et la manipulation du vote à bulletin secret...
    Bizarre ! Il ne parle pas non plus du fait qu’il était derrière les grilles pdt que ses étudiants se faisaient taper !
    Non non , mais Journes rassurez vous, après ça, votre bonne foi, on y croit...
    Et la démission sinon, c’est pour quand ?

  • Le 18 décembre 2007 à 18:22

    J’ai recu le fameux mail de Journès et suit donc venu voir d’où venait cette critique. Effectivement qu’il se défende, soit, mais qu’il le fasse ici alors. C’est totalement idiot de lire la critique d’un texte si on n’a pa lu le fameux texte avant, or Journes ne nous en donne pas l’occasion. Si on ne connait pas rebellyon on ne sait même pas de quoi il parle. Comme d’habitude le web-etu fait sa propagande, on commence à s’y faire... :(

  • Le 18 décembre 2007 à 16:58

    c’est vraiment honteux de répondre a un message lu par une poignée d’étudiants sur ce site en envoyant un mail a tous les étudiant pour la traiter d’inculte etc... (ce qui en plus n’est pas le cas)

  • Le 18 décembre 2007 à 15:51

    et la réponse de journès l’hypocrite en bonus,envoyé à tous les étudiants, alors même que peu d’étudiants ont lu le texte de la prof et sans lui donner de droit de réponse. Si quelqu’un se sent le courage d’en faire un article pour (la) rebellyon, ça vaudrait le coup d’en faire une relecture point par point pour coir le nombre de mensonge à la ligne...

    Depuis plus d’une semaine circule un message partial et inexact
    concernant les événements qui ont affecté l’université Lumière Lyon 2.
    Ce message donne de l’université une image fausse et proprement
    scandaleuse. Il émane d’une étudiante allocataire de recherche
    monitrice à laquelle sont confiés des enseignements en licence et pour
    lesquels elle perçoit une rémunération de l’Etat. Une correction des
    principaux éléments de désinformation qu’il contient s’impose.

    Tout d’abord, une université n’est pas une « fac », ce point n’étant
    relevé que pour indiquer le peu de connaissance qu’a l’auteur du
    message de la vie universitaire et plus largement de la vie publique
    en France. Ensuite, le Président Journès n’ a pas « signé dans la
    précipitation » la loi dite « loi Pécresse » : ce n’est ni son rôle,
    ni son souhait. Au contraire, le Président Journès s’est, dès la
    rentrée universitaire, exprimé à plusieurs reprises dans les conseils
    et dans la presse, pour dire son opposition à cette loi.
    L’Université Lumière Lyon 2 n’a pas la réputation de mépriser ses
    étudiants : c’est peut-être pour cela qu’elle est la seule cible sur
    le site lyonnais de l’agitation étudiante. Les étudiants sont
    représentés dans ses conseils et s’y expriment largement et librement.
    Les organisations étudiantes sont consultées à chaque événement
    important de la vie universitaire. Elles sont reçues à chaque fois
    qu’elles en font la demande. Leur point de vue est non seulement
    écouté mais pris en compte dans toutes les délibérations. Pendant les
    événements du mois de novembre, l’équipe présidentielle a été en
    contact quotidien avec les étudiants, y compris avec les délégués des
    assemblées générales. Des tables rondes ont été organisées afin de
    collecter les avis et recommandations de tous les partenaires dans
    l’espoir d’identifier des modalités d’action acceptables par tous les
    membres de la communauté universitaire. L’équipe présidentielle et les
    responsables des composantes se sont retrouvés presque chaque jour
    pour définir en commun les actions des jours suivants. A aucun moment
    la concertation avec les divers membre de la communauté n’a été rompue.

    D’où vient alors que les événements n’aient pas été ce que nous
    souhaitions. D’une différence fondamentale dans ce qu’est une
    université, son rôle et les moyens de son action. Les communiqués de
    la présidence l’ont répété chaque jour : l’université doit être
    ouverte, permettre le débat et l’échange des idées, favoriser
    l’apprentissage et la formation intellectuelle et sociale de ses
    étudiants, développer la recherche et mettre les étudiants en contact
    le plus proche possible avec elle. La liberté de la parole est aussi
    la liberté de la circulation.

    Or, les animateurs de la protestation ont choisi la voie du blocage
    total, voie la plus contraire à l’esprit même de l’université et,
    paradoxalement, voie la plus contraire aux intérêts mêmes de la
    protestation puisqu’elle vidait l’université de ses membres. L’action
    de la présidence, maintes fois expliquée, n’a été que de rétablir la
    liberté des déplacements, la liberté des débats, la liberté de choisir
    ses modalités d’action pour chacun, étudiant, enseignant, chercheurs
    ou personnel administratif. L’intervention des forces de l’ordre a été
    requise pour et a contribué à rétablir la liberté d’accéder aux lieux
    de l’activité universitaire et d’y pratiquer, chacun dans son domaine,
    son métier. Par deux fois un amphithéâtre a été évacué, la seconde
    fois à la suite d’un délit de droit commun. Pendant quelques jours,
    après que les étudiants consultés lors d’un vote électronique puis par
    un vote à bulletin secret se soient massivement prononcés en faveur de
    la reprise des enseignements, un cordon d’agents des force de l’ordre
    a permis le passage de ceux qui souhaitaient entrer dans les bâtiments
    universitaires. Les cartes d’étudiants étaient contrôlées par des
    agents de sécurité en partie extérieurs à l’établissement en raison de
    la faiblesse des effectifs disponibles à l’université. Dans tous les
    cas et à tous moments (sauf lorsque des personnes bloquaient, en
    amassant divers mobiliers devant les issues ou en collant les
    serrures, l’accès aux locaux) la sécurité des personnes pénétrant dans
    les bâtiments a été assurée, les sapeurs-pompiers ayant validé les
    procédures de secours envisagées. Lors de chaque intervention des
    forces de l’ordre, les consignes étaient de minimiser les
    affrontements et ceux-ci n’ont effectivement et toujours brièvement eu
    lieu que lorsque les personnes bloquant les accès résistaient et, à
    une occasion, agressaient les forces de l’ordre. Il y a eu deux
    arrestations à l’initiative des forces de l’ordre et un étudiant
    blessé (plus légèrement qu’indiqué). Ces faits sont regrettables et
    chacun aurait souhaité qu’ils ne se produisent pas : ils résultent
    d’une situation dont la présidence ne peut être rendue seule
    responsable. De même, la présence de personnels pour le contrôle des
    cartes (18 sur le campus Porte des Alpes, 10 sur le campus Berges du
    Rhône), n’a donné lieu qu’à de rares incidents, tous regrettables,
    mais qui n’autorisent pas à considérer ces salariés comme des sous
    hommes.

    Quant aux images, elles jouent un rôle essentiel dans ce mouvement.
    Les étudiants ont revendiqué (et obtenu) la présence des caméras lors
    de chaque événement marquant. Sur tous les sites les caméramans
    étaient nombreux comme en témoignent la multiplicité des films vidéos
    diffusés chaque jour, le plus souvent dans un sens univoque.
    L’université n’a aucunement besoin de filmer ou photographier les
    étudiants ; si le désir de voir l’animait, il suffirait de recourir
    aux films existants.

    Tout au long de cette période, l’université a répété sa volonté de
    laisser le débat ouvert, dans des formes compatibles avec l’exercice
    de ses missions. Les décisions prises pour garantir cette ouverture
    sont difficiles et lourdes ; elles n’ont été prises que dans ce but.
    Aujourd’hui les enseignements et la recherche ont repris leur cours
    normal : les discussions peuvent se poursuivre dans les formes que la
    communauté souhaite se donner et qui ont été rappelées dans les
    derniers communiqués.

    Jean-Claude Rabier
    Vice-Président
    Professeur de sociologie

  • Le 18 décembre 2007 à 14:11

    « Tout a commencé avec la Loi Pécresse de réforme des Universités »

    Non, c’est faux. Ca fait bien plus longtemps que ca que tout a commencé.

    Souvenez vous ne serait-ce que l´année derniere de tout ce qu´une poignée d´étudiants a tenté pour dénoncer l´orientation autoritaro-sécuritaire que prenait la fac, les caméras, les vigiles, l´instalation de grilles, l´utilisation du carte électronique.
    Tractages réguliers, manifestation avec embalage des caméra, tagage et démontage des grilles pour attirer l´attention. Certains ont pris jusqu´a trois mois de prison avec sursis et plusieurs milliers d´euros d´amende. Certains sont passés en conseil de discipline. Tout ca dans l´indifférence générale, parce qu´eapres tout c´est des tas de gauchistes paranos ultraviolents.
    Et maintenant vous vous réveillez pour vous rendre compte la bouche en coeur qu´au final ils avaient peut-etre pas si tort, seulement voila, c´est tellement plus simple de se dire toujours que tout va bien et puis faut bien que j´ai mon diplome, faut bien que je fasse mon travail pour manger.
    Pardonnez mon apparente aggressivité. Je ne dis ca que dans le but qu´a l´avenir vous écoutiez un peu plus les cassandre au lieu de les laisser crever a tenter de défendre la liberté (la leur et la votre).
    Mais je n´oublie pas que nous pouvons etre dans le meme camp, seulement a un moment il faut choisir.
    Aussi longtemps que vous comptez sur l´université pour vous remettre un diplome ou un salaire vous etes dépendant-e d´elle, c´est pas plus compliqué, c´est un rapport de force.
    (De meme qu´aussi longtemps que vous comptez sur l´industrie agroalimentaire pour vous nourrir, vous pouvez toujours geuler contre la polution des sols et l´exploitation du tiers-monde vous y changerez rien)
    Aujourd´hui si nous voulons lutter contre un monde qui se fait de plus en plus autoritaire, nous devons commencer par ne plus dépendre de lui pour vivre.
    Alors oui, démissionnez, je n´ai rien de mieux a vous conseiller. Demissionnez massivement, enseignants, chercheurs, étudiants et construisons ensemble des espaces universitaires qui correspondent a nos propres ambitions et si cette université nouvelle doit commencer par un potager géant parce qu´on étudie pas le ventre vide et qu´il faut bien vivre sans les subventions de l´état si on ne veut pas etre en son pouvoir, qu´on s´en donne les moyens, parce que la situation policiere actuelle n´est qu´une conséquence nécessaire d´un systeme economicopolitique basé sur la compétition généralisée et qu´a moins de changer ce systeme, on ne résoudra pas le probleme.

    Desertons ce monde au lieu de mondialiser le desert.
    (mais désertons le ensemble pour construire des oasis oú nos reves peuvent prendre forme)

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