Un article qui calme sur la planète et notre avenir

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Il est toujours inquiétant de se dire que la fin est devant nous. L’être humain à peur de la mort, ce n’est pas une nouveauté, mais semble la nier en permanence. Il en va de même pour l’impact de l’humanité sur la biosphère à l’échelle de la planète.

Pourtant, l’article suivant (http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/70447.htm ) va clairement dans le sens d’un réalisme à retrouver : nous sommes face à un effondrement de masse de la biosphère, et ce dans peu de temps. Et même si c’est un rapport du ministère des affaires étrangères, cela vaut le coup d’oeil.

Il n’est plus question de penser que nous pourrions infléchir ou contourner le problème. Pire, il est illusoire de continuer à nier que nous avons un impact énorme sur la planète. Rio+20 a été une démonstration de la bêtise humaine au profit du capitalisme. Mais aussi une superbe démonstration de la négation du réel par l’ensemble des nations. Même si la caution verte française, au gouvernement actuellement, cherche à nous laisser penser le contraire, en chœurs avec les autres.

Sur quoi se base l’article pour lancer une telle réflexion ? Sur un article scientifique publié dans la revue « Nature » et signé de 18 grand scientifiques. Comme dit

Les auteurs examinent l’accélération de la perte de biodiversité, les fluctuations climatiques de plus en plus extrêmes, l’interconnexion grandissante des écosystèmes et le changement radical dans le bilan énergétique global. Ils suggèrent que tous ces éléments constituent des précurseurs à l’apparition d’un état planétaire de seuil ou encore d’un point de basculement. Si cela s’avérait exact, ce que les auteurs prédisent pour le siècle en cours, les écosystèmes de la planète, en l’état de connaissances actuelles, pourraient rapidement et irréversiblement s’effondrer.

Rien de plus, rien de moins. C’est-à-dire, une nouvelle grande extinction, mais cette fois-ci provoquée par l’Homme.

Souvent, on nie le fait que cela puisse arriver, pensant que les changements prennent forcément des millions d’années (c’est même une constante de l’éducation de masse de le laisser croire).

Pourtant, comme le souligne un des scientifique dans l’article :

"Le dernier point de basculement dans l’histoire de la Terre est apparu il y a 12.000 ans, lorsque notre planète est passée de l’âge de glace, qui a duré 100.000 ans, à un état inter- glacial", dit Arne Mooers, professeur de biodiversité à SFU. "Alors, des changements biologiques les plus extrêmes menant à notre état actuel sont apparus en seulement 1000 ans. C’est comme passer de l’état de bébé à l’âge adulte en moins d’une année. Et la planète est en train de changer encore plus vite aujourd’hui".

Voilà une réalité difficile à avaler, mais pourtant les changements peuvent arriver d’un coup, par un « collapse magnifique » comme le disent certains scientifiques. En oubliant un peu vite cette réalité, nous continuons de vivre comme si de rien n’était, comme si nous avions le temps et les moyens scientifiques de changer les choses, et le cours du monde. Seulement, il est à craindre (et pour les auteurs de cette étude c’est un fait établi) qu’il n’en soit non seulement rien, mais qu’en prime, comme nous n’avons pas anticipé cela, nous allons en payer de lourdes conséquences. Guerres, famines, morts par millions ?

D’ailleurs, pour ceux qui prédisent que l’humanité s’en sortira parce qu’elle sait marcher sur la Lune, c’est réellement s’illusionner. Comme le rappelle Moeers :

« Il y a une probabilité élevée que le prochain changement d’état global sera extrêmement perturbateur pour nos civilisations. Souvenez-vous, nous sommes passés de l’état de chasseurs-cueilleurs à celui capable de marcher sur la Lune dans une des périodes les plus stables et anodines de toute l’histoire de la Terre ». Et comme il le souligne : « Lorsque le seuil sera atteint, ce sera un point de non-retour. La planète ne possède pas la mémoire de son état précédent »

Alors, doit-on céder au fatalisme ou essayer d’infléchir les choses, ne serait ce qu’en se préparant à ce qui semble être inéluctable, c’est-à-dire le collapse général ? Continuons nous à nous voiler la face, tels des enfants niant leur mortalité, ou passons nous à l’âge adulte pour trouver d’autres solutions ?

Bien entendu, certains vont dire qu’il n’y a pas de lien entre capitalisme, mondialisation et tout cela. Et pourtant, même les scientifiques le soulignent : « En un mot, les hommes n’ont rien fait réellement d’important pour éviter le pire car les structures sociales existantes ne sont juste pas les bonnes » dit Moeers. C’est un aveu de l’ampleur de ce qu’il faut impérativement changer. En premier lieu, notre société !

Au final, on peut comprendre l’envie de ceux mettant l’argent par-dessus tout de faire « comme si tout était faisable et corrigeable ». Mais est-ce que la majorité de l’humanité le pense ainsi ? Combien de temps allons-nous encore nous courber face à ces fous ? Et il n’est pas non plus question de laisser penser que cette situation serait seulement le fait de quelques personnes. Nous, par nos choix, nos modes de vie, de consommations, avons aussi une part de responsabilité. Il faut donc engager un changement global et local, personnel et social.

Il n’est peut être plus temps de se dire que nous vivrons demain encore des « lendemains qui chantent » ou que tout est maintenable à l’identique. Il est sûrement temps de se dire que la dégradation de notre planète entrainera certainement un choc inimaginable sur nous et sur les générations futures. Ce constat nous oblige à cesser de tergiverser, de tourner en rond.

Nous n’avons pas trente-six solutions, c’est un changement en profondeur (et pas un changement façon Hollande au pouvoir) qu’il faut mettre en œuvre. Nous n’avons plus le temps.

A nous de saisir l’importance des découvertes de ces scientifiques. A nous de saisir que nous sommes la dernière génération chanceuse. Les pistes existent et ont été abordées par Bookchin, Illitch et bien d’autres. Et nous aurons à inventer d’autres modes de vie, par la commune et l’entraide.

A nous de penser demain, sans nier le risque qu’il soit dur. Ce n’est pas en survivaliste qu’il nous faut avancer, mais en anarchistes conscient-es.

Fablyon

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