A l’occasion de l’anniversaire de la Marche de 1983, participons à la décolonisation !

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- Samedi matin 3 décembre, au marché des Minguettes
- Dimanche matin 4 décembre, au marché aux puces de Vaulx-en-Velin
...avec la caravane des Indigènes.

Brutalité permanente de la police, mépris de la douleur des gens après la mort de deux adolescents, gazage d’une mosquée, propos irresponsables des autorités de l’État, les provocations d’un pouvoir exclusivement préoccupé par les calculs politiciens et les échéances électorales ont mis le feu aux poudres, et servi de détonateurs à la révolte longuement rentrée de la jeunesse des quartiers populaires face à la répression.

Victimes de toutes les discriminations, de toutes les humiliations, objets permanents du mépris social, de la brutalité policière, des contrôles au faciès, du racisme, privés d’avenir, précarisés, déclassés, rejetés, orientés par le système scolaire dans les voies de garage, interdits de se rassembler, toujours soupçonnés de tous les maux, privés de leur droit au respect et à la dignité, les jeunes des quartiers expriment leur révolte de manière spectaculaire et disent : « Nous n’avons pas d’autre moyen de nous faire entendre ! ». Face à une violence sociale et institutionnelle insupportable, leur révolte est plus que légitime : elle est salutaire. Elle constitue une réaction politique. En l’assimilant à la délinquance, en y opposant la répression brutale, en ajoutant le mépris à la provocation, le pouvoir souffle sur l’incendie qu’il a lui-même allumé.

Cette révolte confirme l’analyse que le Mouvement des Indigènes de la République a proposée depuis le lancement de son Appel en janvier 2005. La riposte des institutions de l’État est l’illustration de la gestion coloniale des populations issues de l’immigration, quel que soit le régime en place, de droite comme de gauche. Dominique de Villepin en est la dernière incarnation. L’actuel Premier Ministre a décrété l’état d’urgence et la possibilité pour les Préfets d’instaurer un couvre feu dans les quartiers populaires en s’appuyant sur une loi coloniale adoptée en 1955 pour réprimer le mouvement national algérien. C’est cette même loi qui a servi à mater dans le sang les manifestants algériens du 17 Octobre 1961 et qui a été mise en œuvre en Kanaky en 1984 sous le gouvernement socialiste de Laurent Fabius. La continuité des pratiques n’est donc plus à prouver. La matrice idéologique ayant permis ces crimes coloniaux animent toujours les manières institutionnelles de voir, de penser, de ressentir et de traiter administrativement les populations issues de la colonisation et assignées à résidence dans ces nouvelles zones d’indigénat que sont les quartiers populaires.

Nous, descendants d’esclaves et de déportés africains, filles et fils de colonisés et d’immigrés. Nous, Français et non-Français vivant en France, militantes engagées et militants engagés dans les luttes contre l’oppression et les discriminations produites par la république postcoloniale, lançons un appel à celles et ceux qui sont parties prenantes de ces combats à nous rejoindre autour de la caravane des Indigènes.

Ce sera pour nous l’occasion de se rencontrer, soit samedi au marché des Minguettes, soit dimanche au marché aux puces et de prendre la parole pour commencer véritablement la décolonisation.

P.-S.

contact : 06 27 17 58 79
indigenes.lyon(Arobase)laposte.net

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