Autogestion contre insécurité sociale

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L’État marginalise le CDI et balaye le droit du travail en imposant le CNE. Les prolétaires, devenus jetables, seront de plus en plus nombreux à rejoindre le rang des précaires. Mais le manque matériel n’est pas la seule conséquence de cette attaque contre notre classe. En effet, l’insécurité sociale instaurée par le CNE pousse les travailleurEs à changer de boîte fréquemment, à se vendre, à se soumettre à la concurrence, à déménager régulièrement (mais comment trouver un nouveau logement quand on a un contrat sans avenir comme seule garantie ?) et à vivre de récurrentes périodes de chômage. Autrement dit, les liens entre collègues et voisinEs vont se distendre et la solidarité se faire plus rare.

Le contrat de travail est une des bases du rapport de force entre employeurEs et salariéEs. Si ce contrat peut être rompu unilatéralement par le patron sans contrepartie et sans justification, comme c’est le cas avec le CNE, l’affrontement devient forcément inégal. Lorsqu’on peut se faire virer du jour au lendemain sans parachute (seuls les patronEs ont droit aux « parachutes dorés ») la grève devient périlleuse. La détérioration des conditions de travail n’a plus d’obstacle.

C’est une évidence, un CDI est préférable à un CNE, CDD, Chèque emploi service et tutti quanti. Pourtant, nous ne pouvons pas nous contenter d’un aménagement du capitalisme. À la place de ce dernier nous proposons l’expropriation suivie de l’autogestion généralisée, c’est-à-dire la prise de contrôle des moyens de production par les producteurEs. Dans les entreprises, ce contrôle permettra l’abolition du salariat, les prises de décision collectives et il offrira la possibilité d’exercer une activité créatrice sans crainte d’en être privéE ou d’y être forcéE. LibéréE de la peur du lendemain et du fardeau bureaucratique chaque individuE pourra expérimenter, prendre des risques, s’exprimer, imaginer et créer librement. DélivréEs du pouvoir d’une minorité possédante, les travailleurEs pourront s’émanciper tout en privilégiant la qualité à la normalisation. La hiérarchie ne sera qu’un mauvais rêve et les petits chefs un souvenir douloureux. Produire ne sera plus synonyme de spécialisation, de division du travail et d’oppression.
Avant que nos désirs deviennent réalité, et pour hâter ce moment tant attendu, les travailleurEs doivent s’associer et s’organiser pour faire face à leurs dirigeantEs. La CNT c’est quoi ? C’est la convergence d’associations de travailleurEs. Des travailleurEs d’horizons différents mais partageant les mêmes intérêts, ceux de notre classe. Le syndicat est un lieu permettant de retrouver la solidarité et la combativité que l’insécurité sociale a malmenées. C’est aussi l’occasion d’apprendre, d’être autonome, de défendre ses valeurs, de préparer ensemble un autre futur inspiré par nos pratiques syndicales.

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