Barbarin et ses acolytes enfin en correctionnelle ce lundi pour avoir couvert la pédophilie du père Preynat

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Ce lundi à Lyon débute à 9h30 devant le tribunal correctionnel le procès tant attendu du cardinal-archevêque Barbarin, chantre de la manif pour tous, ainsi que de 5 autres responsables du diocèse [1]. Trois jours d’audiences, sur citation directe pour « non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs » attendent les prévenus, accusés d’avoir protégé les agissement pédophiles du père Preynat - toujours pas jugé - qui a abusé sexuellement de plus de 70 scouts dans les années 1970-1980. Barbarin comme vingt-cinq autres évêques ont couvert des abus sexuels depuis des années sans jamais être inquiété...

Le mutisme, l’escamotage et la complicité ont longtemps été d’usage au sein de l’Eglise catholique, à travers le monde. Des États-Unis à l’Australie, l’Irlande, l’Allemagne en passant par le Chili, les scandales ne cessent d’éclater. C’est le système que dépeint l’excellent film Spotlight où tous le monde est au courant et où tout le monde couvre tout le monde... Le crime de l’orient express à la sauce pédophile ecclésiastique... Pourtant, les verrous ont finit par sauter, et du cas exceptionnel c’est désormais tout un système, particulièrement bien rodé, qui est aujourd’hui mis en cause.

En France, c’est la création de l’association lyonnaise « La Parole libérée » en 2015 qui lance la machine, avec le reccueil de quelques 400 témoignages de victimes d’abus sexuels dans l’Eglise en moins d’un an. Ses deux courageux animateurs, traînés dans la boue par les avocats du diocèse, ont même été élus « Lyonnais de l’année » [2].

Dans l’ensemble de l’Hexagone, les langues se délient et mettent en lumière les dérives de certains prêtres.

Dans le cas de l’affaire Barbarin, la prescription des faits (20 ans passés à 30 ans en mai 2018) a été au coeur d’un long débat juridique. Elle avait alors abouti à un premier classement sans suite le 1er août 2016. Dix victimes et parties civiles ont finalement obtenu la réouverture du dossier.

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Pour le parquet de Lyon, le premier dépôt de plainte d’Alexandre Hezez le 1er juin 2015 est le début de l’action publique. D’où la tenue de ce procès, lundi, mardi et mercredi. Le dossier paraît assez accablant pour le cardinal Barbarin et son entourage de l’époque, à partir de 2002, à la tête du diocèse de Lyon. Des victimes, des témoins comme une journaliste de La Croix, jusqu’au père Bernard Preynat lui-même (!) s’en sont ouverts au prélat sans provoquer de réaction salutaire ou judiciaire. Tout juste alerte-t-il au Vatican, le 1er février 2015, le secrétaire de la congrégation de la doctrine de la foi, Monseigneur Luis Ladaria, qui ne trouve rien de mieux à répondre que de « prescrire toutes les mesures disciplinaires adéquates tout en évitant le scandale public ». Il est jugé pour complicité.

Le cardinal Barbarin a reconnu sa culpabilité le 18 novembre 2016 lors d’une messe à la cathédrale Saint-Jean de Lyon : « Pardon pour tous nos silences… »

Source AFP

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Après la mise en cause du père Bernard Preynat, prêtre du diocèse de Lyon, pour abus sexuels commis entre 1980 et 1990, les victimes portent plainte contre Mgr Barbarin, au courant des agissements, estimant qu’il aurait dû dénoncer le prêtre à la justice.

Mais cette première tentative de porter l’affaire devant les juges échoue. La plainte déposée en 2016 est classée sans suite. Les résultats de l’enquête du parquet de Lyon concluent que le cardinal Barbarin n’a pas commis d’infraction en ne dénonçant pas les agressions pédophiles de son subalterne.

Alors La parole Libérée s’y prend autrement. "Porter ce débat devant une autorité aussi importante que la justice, au départ, ce n’était pas forcément possible. Donc on est passé par l’opinion publique, cela à travers une forte médiatisation." Et c’est grâce à la procédure de citation directe, lancée par l’association, que l’affaire arrive devant le tribunal correctionnel. En plus de l’archevêque de Lyon, cinq anciens membres du diocèse sont jugés.[...]

François Devaux et son association se félicitent déjà. "Dans un sens, on a gagné car on a réussi à pénétrer tous les foyers de France. Et ça, on a pu le faire parce qu’on est allé en justice."

Source : explicite.info

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Le procès de l’évêque de Lyon est le troisième procès d’un haut responsable de l’Eglise catholique française pour une affaire de non-dénonciation de crime pédophile.

En novembre dernier, l’ancien évêque d’Orléans André Fort a été condamné à huit mois de prison avec sursis pour non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs commis par un de ses subalternes. Ce prêtre, Pierre de Castelet, qui avait comparu lors du même procès, a été condamné à trois ans de prison dont un avec sursis pour agressions sexuelles sur mineurs.

L’abbé Pierre de Castelet, 69 ans, a été reconnu coupable d’attouchements sur des mineurs de 15 ans lors d’un camp organisé pendant l’été 1993, relate l’AFP. Quinze ans plus tard, l’un des participants, Olivier Savignac, adressait une lettre à l’évêché, affirmant avoir été victime d’attouchements.

L’évêque André Fort,
en charge du diocèse d’Orléans de 2002 à 2010, n’avait pas transmis la lettre à la justice et s’était contenté d’éloigner le prêtre de tout contact avec les jeunes. Ce n’est qu’après l’arrivée du nouvel évêque, en 2010, que la justice a finalement été saisie.

En septembre 2001, l’évêque de Bayeux et Lissieux, Pierre Pican, a été condamné à trois mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé un prêtre coupable d’abus sexuels sur mineurs qui avait été condamné à dix-huit ans de prison un an plus tôt. C’était la première fois depuis la Révolution qu’une évêque français été condamné. Dans un « souci d’apaisement », il avait renoncé à faire appel.

Source : Rue89Lyon

L’affaire Preynat - Barbarin a inspiré un film qui sortira le 20 février, découvrez la bande annonce d’une histoire horrifiante...

https://youtu.be/_ux-_PdC_JI

D’autres nouveaux scandales sont régulièrement mis à jour, remontant parfois à plusieurs décennies.

Franceinfo a ainsi recensé tout au long de l’année 2018 les différentes affaires au sein de l’Eglise française et leurs retombées.

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Cliquez sur l’image pour lire l’article

On peut aussi voir ou revoir le reportage de Cash Investigation, pour lequel l’équipe d’Elise Lucet, en partenariat avec Mediapart, a travaillé durant un an sur l’un des secrets les mieux gardés de l’Eglise de France, le fléau de la pédophilie, qui fait vaciller l’institution. Des religieux, condamnés, seraient toujours en activité, parfois même au contact d’enfants. L’enquête révèle que des hauts responsables de l’Eglise ont couvert certains agissements et protègent des prêtres accusés d’agressions sexuelles sur mineurs en les déplaçant de pays en pays, notamment en Afrique. Cash Investigation a réalisé un minutieux et édifiant travail de cartographie relevant le caractère systémique de ces exfiltrations internationales. L’équipe s’est rendue au Vatican, à la rencontre du pape François.

https://youtu.be/0-YvIB63nHU

Lire aussi :

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Vingt-cinq évêques ont couvert des abus sexuels, un dossier des journalistes lyonnais de « We Report »

Notes

[1Un responsable du Vatican était également poursuivit, mais protégé par immunité diplomatique, il ne se rendra pas au procès

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