Fin du plan froid : 3 écoles occupées à partir du 13 mai à Lyon pour héberger 17 enfants

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Puisque les autorités compétentes sont incapables d’assurer la continuité de l’hébergement d’urgence, 3 écoles seront occupées dès lundi 13 mai dans la soirée afin de mettre à l’abri les élèves et leur famille.

Le collectif « Jamais sans toit » qui fédère les comités de soutien aux enfants scolarisés sans-abri de la Métropole Lyonnaise attire votre attention sur la mobilisation qui s’organise autour des familles remises à la rue à la fin du plan froid.

Puisque les autorités compétentes sont incapables d’assurer la continuité de l’hébergement d’urgence, 3 écoles seront occupées dès lundi 13 mai dans la soirée afin de mettre à l’abri les élèves et leur famille.

L’école Michel Servet (Lyon 1er) sera occupée afin de mettre 9 enfants et leur famille à l’abri. Elle rejoindra dans la mobilisation l’école Berthelot (Lyon 7e) qui reprendra l’occupation afin de servir de refuge à 5 enfants âgés de 1 à 7 ans et l’école Victor Hugo (Lyon 1er) dont le gymnase tient lieu de centre d’hébergement d’urgence depuis la fin avril pour une famille de 3 enfants dans l’indifférence totale des pouvoirs publics.

Une gestion kafkaïenne de sortie du plan froid par les autorités

Alors que les dernières places au sein du dispositif hivernal ont été ouvertes fin février – soit près de 4 mois après le début de sa mise en œuvre -, les premières remises à la rue ont débuté courant avril et vont s’échelonner jusqu’à la fin du printemps. Une fois encore, la gestion au thermomètre qui privilégie le court terme aux solutions durables révèle un système kafkaïen dans lequel l’arbitraire le dispute à la brutalité. C’est en effet la gestion bureaucratique des « flux » qui prend le dessus sur la prise en considérations des situations humaines et des besoins fondamentaux des personnes dans un contexte de baisse du nombre de places pérennisées (330 cette année). Les autorités s’emploient donc à "vider" les hôtels et faire de la place dans certains centres pour « trier » et « répartir » les familles dans d’autres, selon des critères de « vulnérabilité » (enfant de moins de un an, femmes enceinte de plus de six mois, grave problème de santé) qui bafouent gravement la dignité des personnes concernées (prévenues de leur sort à la dernière minute) et qui contreviennent au principe fondamental d’égalité devant la loi.

Des pouvoirs publics qui se déchargent de leur responsabilité sur les citoyens

Dans un contexte où le nombre de places d’hébergement est notoirement insuffisant, les établissements scolaires de la Métropole continuent de servir d’abri aux familles. En dépit des critères de vulnérabilité chaque année plus restrictifs, ceux-ci n’ont pas pu être strictement appliqués et des dizaines d’enfants n’ont pas eu accès au plan froid. Une vingtaine d’établissements scolaires ont été occupés cet hiver au sein de la Métropole et cela a permis à une centaine d’enfants d’être mis temporairement à l’abri. Des dizaines de nuits d’hôtel ont été financées pour un coût de plusieurs milliers d’euros grâce à la générosité citoyenne (caisses de solidarité alimentées par les goûters et autres événements solidaires). Néanmoins, il n’est pas acceptable que celle-ci se substitue plus longtemps au principe de solidarité républicaine inscrit dans la loi. Cette « campagne de printemps » sera donc aussi l’occasion de réaffirmer avec force le caractère inconditionnel du droit à l’hébergement d’urgence (articles L345-2-2 et L345-2-3 du Code de l’Action sociale et des familles) et de placer l’État et les autorités compétentes (Ville, Métropole) face à leurs responsabilités.

Les comités de soutien fédérés au sein du collectif « Jamais sans toit » n’accepteront aucune remise à la rue des élèves et de leur famille. Ils continueront d’accompagner les familles dans leurs demandes d’un hébergement stable dans lequel elles pourront être accompagnées dans leurs démarches d’insertion.

Un toit c’est un droit, faisons respecter la loi !

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