Front social, pas de trêve estivale !

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Une fois de plus, les travailleurEs de ce pays auront appris à leurs dépens que la lutte contre l’exploitation et l’injustice ne se joue pas dans les urnes, terrain de jeux privilégié de la bourgeoisie mais que la lutte des classes se pratique dans la rue. Comment pourrait-il en être autrement avec des gens méprisants et arrogants spécialistes du déni de démocratie accrochés au pouvoir comme une tique accrochée à son chien. Alors à peine les résultats du referendum connus, il fallait se rendre à l’évidence, la politique de casse sociale si chère au MEDEF allait pouvoir se poursuivre. À peine le temps de poser sa valise à Matignon que De Villepin, devant un hémicycle de députés ventripotents ne représentant qu’eux-mêmes (plus de 80% de ces parlementaires auraient voté oui pour le traité constitutionnel européen), annonçait la couleur dans sa déclaration de politique générale : à droite toute. Les coupables les chômeurEs qui ne veulent pas travailler et les salariéEs ces privilégiés qui s’arque boutent sur leurs acquits sociaux. Les victimes : les patrons, qui les pauvres voudraient bien embaucher, mais qui ne peuvent pas impuissants qu’ils sont devant cet obstacle archaïque qu’est le code du travail. D’ailleurs Laurence Parisot la nouvelle gourou du MEDEF nous l’avait dit « la liberté s’arrête là où commence le code du travail. »

La précarité institutionnalisée

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Mais décortiquons le catalogue de casse sociale de monsieur Galouzeau de Villepin. Tout d’abord la mesure phare qui concerne les très petites entreprises, le contrat de nouvelle embauche avec période d’essai de deux ans, ce qui veut dire pour le salariéE bosse et tais-toi sinon tu prends la porte et sans indemnités. En cas de rupture de contrat la durée de préavis sera fonction de l’ancienneté du salariéE dans l’entreprise. Pour rendre la potion moins amère, le 1er ministre a mis un peu d’eau dans son vin libéral en prévoyant un complément d’allocation chômage et de nouveaux moyens de reclassement pour les futurEs remerciéEs. Le tout sera financé par la part socialisée du salaire des travailleurs. Encore une fois tout bénef pour les patrons. Il faudrait rappeler à notre premier ministre que la durée de la période d’essai ne dépends pas de son bon vouloir mais des conventions collectives. En cas de conflit entre la convention collective et la loi, doit s’appliquer le texte le plus favorable au salariéE. Sur le plan juridique aussi cette mesure aurait du mal à passer, « libérer » le droit de licencier durant cette période revient à affranchir le patron de l’obligation légale de trouver un « motif légitime et sérieux » au licenciement. Quand bien même, il changerait la loi le gouvernement ne pourrait se soustraire aux accords internationaux car la convention 156 de l’OIT (organisation mondiale du travail) ratifiée par la France stipule qu’unE travailleurE ne peut être remerciéE sans un motif valable de licenciement. Restons tout de même sur nos gardes car les sociales killeurs du MEDEF et leurs hommes de main de l’UMP ne sont pas avares de coups tordus dès qu’il s’agit de nuire aux salariéEs. Parions qu’ils et elles ont déjà prévu la parade à ces obstacles et ce ne serait pas la première fois que la France n’honorerait pas ses engagements. Nous ne sommes pas candides et savons bien que le salut pour les exploitéEs n’est jamais venu d’instances ou de lois mais bien du rapport de force contre les exploiteurs de tout bord. Cette première mesure qui a déjà fait couler beaucoup d’encre concerne dit-on seulement les très petites entreprises. Elle risque bien, à terme, de sonner la fin du CDI. Nous avions déjà un chômage structurel, De villepin en bon disciple du baron Seillière institutionnalise la précarité de l’emploi.

Le patronat à la fête

Les thénardiers gérant ces très petites entreprises bénéficieront aussi du chèque emploi service qui aura valeur à la fois de bulletin de salaire et de contrat de travail ce qui dans les faits se traduit par une remise en cause des conventions collectives. Autre cadeau aux patrons avec de nouvelles exonérations de charges sur les smicards , véritable trappe à bas salaires. Plus de 20 ans que les charges patronales baissent, le nombre de sans emplois (indemnisés ou pas) lui progresse. On continue dans l’anti-sociale avec cette fois de la discrimination syndicale. Une nouvelle mesure prévoit
de ne plus compter dans l’établissement des seuils sociaux les jeunes de moins de 25 ans. Par exemple, dans un secteur comme l’animation se serait la fin de toutes représentation syndicale. Autre exemple, la lutte des salariéEs de Mac Do il y a deux ans n’aurait certainement pas eue la même issue heureuse. Comme à son habitude le gouvernement tape sur les chômeurEs et prévoit un arsenal répressif contre tout chômeurEs qui refusera un emploi. De son côté Renaud Dutrueil ministre des petites et moyennes entreprises, a approuvé, devant le sénat , un amendement véritable insulte au droit de l’enfance : l’article 221-3 du code du travail est modifié afin d’autoriser le travail des apprentis de moins de 18 ans le dimanche, quel courage ! Nous assistons à une guerre de classe, où l’on tente de faire disparaître toutes solidarités collectives, les services public n’en finissent plus d’être démantelés et dans le privé on licencie et on délocalise. On réprime aussi, les CRS pour les lycéenNEs et pour les cheminots, le GIPN carrément pour les postiers de Bègles. Une guerre de classe qu’on vous dit ! Ah ! oui j’allais oublier De Villepin en homme épris de justice et de démocratie qu’il est et avec le courage qui le caractérise compte faire passer ses mesures par ordonnance, c’est-à-dire sans passer par voie parlementaire, l’été, en catimini quand les plus chanceux d’entre nous seront en vacances sur les plages. Les plages justement que les travailleurEs de ce pays pourraient retrouver plus vite que prévu à la rentrée mais cette fois sous les pavés. À la CNT, nous comptons bien être le grain de sable qui enrayera la mécanique de cet effroyable rouleau compresseur ultra- libéral.

Rendons coup pour coup !

Guerre sociale contre le capital !!!

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